Rencontre avec Yann Migoubert, responsable culturel de l’Université Paris-Sorbonne.

Depuis plusieurs années maintenant, les universités sont partenaires du festival ICI&DEMAIN. De quelle nature est ce partenariat ? Quel sens lui donnez-vous ?
Le Festival ICI&DEMAIN est devenu un rendez-vous incontournable de la culture parisienne étudiante. En tant que représentant culturel de l’université Paris-Sorbonne, je suis fier d’avoir collaboré à ce succès. Au début de cette aventure, l’université accueillait un certain nombre de manifestations artistiques du festival ; cette initiative comportait un avantage : montrer à nos étudiants les productions étudiantes d’autres universités. Mais cela comportait aussi un double inconvénient : d’une part, nous n’avions pas toujours les infrastructures techniques et le personnel appropriés et, d’autre part, le festival n’était pas assez tourné vers le public parisien non étudiant. Aujourd’hui que le festival se produit dans des salles parisiennes prestigieuses, les services culturels expertisent les projets étudiants et incitent les meilleurs à participer au festival ICI&DEMAIN dans l’idée qu’ils pourront jouer dans des lieux de renom et dans l’espoir qu’ils remporteront un prix valorisant à la fois leur talent et leur université de rattachement. C’est aussi pour cette raison que j’aimerais voir davantage mise en valeur sur les supports de communication l’université de rattachement de chaque projet…
Le festival a pour objectif de montrer au grand public la force de la créativité étudiante quand celle-ci a les moyens de l’accomplir. C’est également un des rôles que se donne le service culturel des universités. A votre avis, ce festival représente-t-il un bon moyen « d’exporter » ce qui se fabrique dans les universités ou chez soi ?
Oui, incontestablement, le festival est une chance pour les étudiants qui, bien souvent, n’en reviennent pas d’être pris, pour une fois, au sérieux. Les lieux qui les accueillent ont des exigences professionnelles qui les responsabilisent. De plus c’est l’occasion pour eux d’être évalués par un jury de professionnels et de montrer leur talent à un public parisien parmi lequel se cachent parfois des programmateurs potentiels. Autant que faire se peut nous essayons de fournir à nos étudiants des lieux de répétitions et de performances tout au long de l’année car leur activité rejaillit sur la vie étudiante.
En tant que responsable du service culturel de l’université Paris Sorbonne, comment définiriez-vous l’expression artistique des étudiants ? Est-elle impertinente, enragée, engagée ? Est-elle joyeuse, triste, décalée ? Estimez-vous que la programmation du festival retranscrive cette « insolence » artistique ?
Pour mon service qui programme par année universitaire plus d’une centaine de manifestations culturelles très majoritairement étudiantes, je porte un regard plus distancié sur l’expression artistique étudiante. Ce que nous apprécions avant tout, c’est la qualité de l’engagement, l’énergie mise au service d’un projet. Ensuite, certains projets sont effectivement impertinents mais, plus souvent encore, ils sont simplement « originaux », c’est-à-dire que leur expérience universitaire et le fait de se produire dans un cadre non commercial leur donnent une liberté de création et une saveur que l’on ne rencontre pas ailleurs. C’est aussi ce qui fait qu’au-delà de l’alternative joie/tristesse, je vois d’abord dans la création étudiante une « énergie décalée ». Cela étant, je trouve la programmation de cette année particulièrement « impertinente » avec des artistes comme The sex mex ou l’université du Bazart.
Bastien Lucas est le lauréat de l’édition 2009 du festival ICI&DEMAIN. Et cette année encore, les couleurs de votre université sont largement représentées…
Pensez-vous que ce type de festival constitue un bon tremplin pour les étudiants sélectionnés ?
L’université Paris-Sorbonne a été particulièrement fière de la victoire de Bastien Lucas qui est un étudiant au talent immense. C’est la découverte et le soutien de personnes comme lui qui font toute la noblesse d’un service culturel comme le mien. Se dire qu’à tout moment va frapper à notre porte quelqu’un qui va vous éblouir et que vous allez avoir envie de soutenir de toutes vos forces. Les étudiants sont les talents de demain. Des universités comme la nôtre (plus de 25000 étudiants) ont un potentiel énorme mais encore sous-exploité. Le jour où nous aurons compris que l’université façonne un esprit mais peut aussi contribuer à épanouir une personnalité, on considérera peut-être différemment le monde étudiant et le rôle de l’université. C’est je crois ce « credo » que nous partageons avec la Maison des initiatives étudiantes. Et le festival ICI&DEMAIN est un excellent tremplin pour découvrir ces talents de demain.
Maintenant, dans l’idée des Dionysies de l’Antiquité, le festival est aussi, ce qui fait son charme, un concours. Il y aura donc des gagnants et des perdants mais tous auront, je pense et je l’espère, vécu une expérience unique. J’en profite pour souhaiter bonne chance au groupe Evergreen qui, à l’instar de Bastien Lucas, a su vraiment nous séduire par son style novateur et, pour le coup, sa joie de vivre ! Bonne chance à tous que les meilleurs gagnent !
1. Depuis plusieurs années maintenant, les universités sont partenaires du festival ICI&DEMAIN. De quelle nature est ce partenariat ? Quel sens lui donnez-vous ?
Le Festival ICI&DEMAIN est devenu un rendez-vous incontournable de la culture parisienne étudiante. En tant que représentant culturel de l’université Paris-Sorbonne, je suis fier d’avoir collaboré à ce succès. Au début de cette aventure, l’université accueillait un certain nombre de manifestations artistiques du festival ; cette initiative comportait un avantage : montrer à nos étudiants les productions étudiantes d’autres universités. Mais cela comportait aussi un double inconvénient : d’une part, nous n’avions pas toujours les infrastructures techniques et le personnel appropriés et, d’autre part, le festival n’était pas assez tourné vers le public parisien non étudiant. Aujourd’hui que le festival se produit dans des salles parisiennes prestigieuses, les services culturels expertisent les projets étudiants et incitent les meilleurs à participer au festival ICI&DEMAIN dans l’idée qu’ils pourront jouer dans des lieux de renom et dans l’espoir qu’ils remporteront un prix valorisant à la fois leur talent et leur université de rattachement. C’est aussi pour cette raison que j’aimerais voir davantage mise en valeur sur les supports de communication l’université de rattachement de chaque projet…
2. Le festival a pour objectif de montrer au grand public la force de la créativité étudiante quand celle-ci a les moyens de l'accomplir. C'est également un des rôles que se donne le service culturel des universités. A votre avis, ce festival représente-t-il un bon moyen "d'exporter" ce qui se fabrique dans les universités ou chez soi ?
Oui, incontestablement, le festival est une chance pour les étudiants qui, bien souvent, n’en reviennent pas d’être pris, pour une fois, au sérieux. Les lieux qui les accueillent ont des exigences professionnelles qui les responsabilisent. De plus c’est l’occasion pour eux d’être évalués par un jury de professionnels et de montrer leur talent à un public parisien parmi lequel se cachent parfois des programmateurs potentiels. Autant que faire se peut nous essayons de fournir à nos étudiants des lieux de répétitions et de performances tout au long de l’année car leur activité rejaillit sur la vie étudiante.
3. En tant que responsable du service culturel de l'université Paris Sorbonne, comment définiriez-vous l'expression artistique des étudiants ? Est-elle impertinente, enragée, engagée ? Est-elle joyeuse, triste, décalée ? Estimez-vous que la programmation du festival retranscrive cette "insolence" artistique ?
Pour mon service qui programme par année universitaire plus d’une centaine de manifestations culturelles très majoritairement étudiantes, je porte un regard plus distancié sur l’expression artistique étudiante. Ce que nous apprécions avant tout, c’est la qualité de l’engagement, l’énergie mise au service d’un projet. Ensuite, certains projets sont effectivement impertinents mais, plus souvent encore, ils sont simplement « originaux », c’est-à-dire que leur expérience universitaire et le fait de se produire dans un cadre non commercial leur donnent une liberté de création et une saveur que l’on ne rencontre pas ailleurs. C’est aussi ce qui fait qu’au-delà de l’alternative joie/tristesse, je vois d’abord dans la création étudiante une « énergie décalée ». Cela étant, je trouve la programmation de cette année particulièrement « impertinente » avec des artistes comme The sex mex ou l’université du Bazart.
4. Bastien Lucas est le lauréat de l'édition 2009 du festival ICI&DEMAIN. Et cette année encore, les couleurs de votre université sont largement représentées... Pensez-vous que ce type de festival constitue un bon tremplin pour les étudiants sélectionnés ?
L’université Paris-Sorbonne a été particulièrement fière de la victoire de Bastien Lucas qui est un étudiant au talent immense. C’est la découverte et le soutien de personnes comme lui qui font toute la noblesse d’un service culturel comme le mien. Se dire qu’à tout moment va frapper à notre porte quelqu’un qui va vous éblouir et que vous allez avoir envie de soutenir de toutes vos forces. Les étudiants sont les talents de demain. Des universités comme la nôtre (plus de 25000 étudiants) ont un potentiel énorme mais encore sous-exploité. Le jour où nous aurons compris que l’université façonne un esprit mais peut aussi contribuer à épanouir une personnalité, on considérera peut-être différemment le monde étudiant et le rôle de l’université. C’est je crois ce « credo » que nous partageons avec la Maison des initiatives étudiantes. Et le festival ICI&DEMAIN est un excellent tremplin pour découvrir ces talents de demain.
Maintenant, dans l’idée des Dionysies de l’Antiquité, le festival est aussi, ce qui fait son charme, un concours. Il y aura donc des gagnants et des perdants mais tous auront, je pense et je l’espère, vécu une expérience unique. J’en profite pour souhaiter bonne chance au groupe Evergreen qui, à l’instar de Bastien Lucas, a su vraiment nous séduire par son style novateur et, pour le coup, sa joie de vivre ! Bonne chance à tous que les meilleurs gagnent !
Publié: 14 mars 2010

