Lève un peu les bras !

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Un duo de danse énergique et langoureux, par deux garçons, Paul et Clément, à la fois étudiants en Master STAPS à l’Université Paris 12 et danseurs pour plusieurs compagnies. Avant qu’ils ne découvrent la danse à la fac, l’un faisait du kung-fu, l’autre était footballeur…

Du kung-fu et du foot à la danse

Une sensualité diffuse émane de ces deux danseurs en parfaite harmonie. Ils rebondissent, glissent et virevoltent, nous offrant une danse contemporaine énergique, palpitante.

Sympathiques et attachants, Paul et Clément ont séduit le comité de sélection du festival ICI&DEMAIN, aussi bien par leur danse que par leur personnalité.

La danse, ils l’ont découverte sur le tard. L’un faisait du foot, l’autre des arts martiaux. Deux ans avant d’entrer à la fac, Clément (21 ans) était dans un centre de formation de football à Créteil, puis il s’est lancé dans les raids multisports (course d’orientation, VTT…). Quant à Paul (25 ans), il pratiquait le kung-fu (mais aussi l’aïkido, la capoeira…).

La danse contemporaine, a priori, ce n’était pas trop leur truc. « J’avais toujours aimé danser mais je ne m’étais jamais vraiment intéressé à la danse contemporaine, explique Clément. J’avais juste touché aux pratiques artistiques par la musique. » « J’étais assez intéressé par tout ce qui est hip-hop, break, poursuit Paul, mais je ne connaissais absolument pas la danse contemporaine. Pour moi c’était soit le classique, soit le sol, le hip-hop. »

C’est à la fac de STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) de l’Université Paris 12 de Créteil que la danse vient à eux et attrape leur talent au vol. « On a découvert la danse dans les cours obligatoires de STAPS. On a tellement accroché qu’on s’est inscrits à l’atelier de danse de notre prof, Bénédicte Raquin. C’est là qu’on s’est connus. Ensuite on est rentrés dans la compagnie de la prof, Sans Dessus Dessous, qui est constituée d’anciens élèves de STAPS. C’est dans la compagnie qu’on est devenus potes. »

Ils sont entrés en STAPS pour devenir profs de sport. Aujourd’hui, ils sont danseurs.

Un duo évolutif

Paul et Clément ont commencé à travailler en duo après avoir intégré la compagnie amateur Sans Dessus Dessous. « Je devais faire un numéro solo pour un gala, raconte Paul, et j’ai eu un problème technique avec le mât chinois sur lequel je devais grimper. Je me suis retrouvé une semaine avant sans rien. Je ne voulais pas faire un solo de danse, c’est très prétentieux, il faut un bon niveau. Alors j’ai proposé à Clément de faire un duo. On l’a monté à l’arrache en une semaine. Et la première version est née… » « Et coup de bol, ajoute Clément, on l’a dansée 10 ou 15 fois. »

Depuis ils n’ont plus arrêté de travailler sur leur duo, le modifiant sans cesse. « C’est notre travail de recherche à deux qui continue. » Aujourd’hui, il a un titre : Lève un peu les bras ! Leur danse s’inspire de « tout ce qui est très physique, tout ce qui vient de chez les Belges », comme les Ballets C. de la B., un collectif belge de différents chorégraphes (Sidi Larbi Cherkaoui, Alain Platel…). Mais aussi Hofesh Shechter, ancien de la Batsheva Dance Company, compagnie israëlienne.

Une danse emplie d’énergie et de sensualité, dans laquelle on retrouve des inspirations telles que les déplacements d’animaux ou la capoeira. Des musiques bien choisies, alternant entre le planant et le punchy. Un évident charisme sur scène. En bref, un duo qui fonctionne parfaitement, le temps de la cuisson des pâtes (8 minutes), comme ils l’écrivent eux-mêmes.

Les deux garçons dansent chacun dans d’autres compagnies : Les Passagers (danse aérienne) et Moebius (danse contemporaine) pour Clément, Les Passagers aussi et le projet Scènes de mains du musicien Dylan Corlay (travail sur le rôle des mains dans l’art) pour Paul. « L’objectif, c’est de manger avec ça plus tard », confie Clément, à qui il ne manque plus qu’un cachet pour obtenir le statut d’intermittent du spectacle. Pas question pour autant d’abandonner les études. « Les études, c’est la base. C’est ce qui nous permet de faire des choix dans notre activité, parce qu’elles vont nous permettre d’avoir un boulot derrière. La danse est arrivée après les études, même si maintenant elle a pris tout notre temps. »

Ne ratez pas la dernière représentation de l’un des coups de cœur du festival ICI&DEMAIN, le 17 mars au théâtre de Ménilmontant !

Vous pourrez également les retrouver :

- les 9 et 10 avril à la MJC Club de Créteil
9, rue Charpy – 94000 Créteil – Tél. : 01 48 99 75 40
- les 10 et 14 mai à la Maison des Arts de Créteil
Place Salvador Allende – 94000 Créteil – M° Créteil Préfecture – Tél. : 01 45 13 19 19

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> Photos du spectacle au Point Éphémère(crédit : Sonia Musnier) :

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Publié: 17 mars 2010

A.M.O.R.(T) : et vous, vous en pensez quoi de l’Amour ?

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« Qu’est-ce que l’amour ? Comment bien faire pour que ça fonctionne ? Pourquoi ça finit ? La fidélité est-elle importante ? » Autant de questions que nous nous posons tous, et encore plus quand on a 25 ans.

La compagnie Sous l’écorce nous amène, avec humour et émotions, au coeur d’une introspection sur ce que représente l’amour quand on a 25 ans, et fait un état des lieux des doutes et questions qui s’y rapportent.

Et pour vous, c’est quoi l’Amour ?

Basée sur une série d’une vingtaine d’interviews réalisées auprès de jeunes de 25 ans environ, A.M.O.R.(T) pourrait être une mise en scène originale et rythmée d’une étude sociologique sur les jeunes et leur représentation de l’amour.
L’amour est une source de questionnements pour tous. On se reconnaîtra donc dans chaque moment et chaque personnage de la pièce qui, si elle ne nous donne pas vraiment de réponse, ce qui serait un peu ambitieux, nous rassure sur le fait que nous ne sommes pas les seuls à nous interroger.
C’est d’ailleurs ce pourquoi Nina Chataignier, metteur en scène de la pièce, a choisi ce thème : « L’amour est un sujet difficile et qui peut vite être banal, c’est pour ça que j’ai choisi une cible précise. J’avais envie de parler de ma génération. Et puis moi je me posais des questions et  j’avais envie d’aller voir les autres pour vérifier que je n’étais pas la seule à penser ça.»

Une pièce rythmée, à la fois drôle et sensible

Le souhait du metteur en scène : « Le public doit être en éveil tout au long du spectacle ». C’est pourquoi on assiste à une alternance de monologues reprenant les propos des interviews, de passages en mouvements et de séquences muettes. « Le rythme est enlevé, le jeu exagéré à la manière du cinéma muet. Le corps est sans cesse soumis aux im(pulsions) et énergies contraires : Attirer et repousser, vouloir se remplir, se retenir, donner et recevoir. Ces séquences sont le fil conducteur du spectacle où comique et émotions s’entremêlent. » De temps en temps, Ursula, personnage récurrent et haut en couleurs, nous retrouve pour nous donner des « leçons d’amour ».

D’un projet personnel …

Nina Chataignier,25 ans, en Master 2 Mise en scène et dramaturgie à Paris 10 , étudie le théâtre depuis le lycée. En parallèle de l’université, elle commence à se frotter de plus près à la mise en scène, tout d’abord en tant qu’assistante auprès de Nicolas Liautard, Clément Poirée et David Bobéeau. Elle monte ensuite elle-même deux pièces avec sa compagnie : Compagnie sous l’écorce, créée en 2005 : L’Inattendu ( de Fabrice Melquiot) et Chair Amour (de Victor Haïm).
Après ces deux projets, de mise en scène de textes existants, elle veut se lancer dans quelque chose de plus personnel : « C’est une autre étape pour moi, j’avais envie cette fois-ci de prendre un peu plus de risques, de développer mon univers à moi en créant un spectacle fragmentaire, à partir de paroles collectées, du corps et de la personnalité des acteurs ».
Son univers, on le découvre donc à travers cette pièce, elle aime notamment que le théâtre soit charnel, qu’il y ait du corps. On y retrouve aussi ses influences, que ce soit tg STAN, compagnie belge qui travaille sur la cassure de l’illusion, N.Liautard et et son travail sur la pantomime ou le côté burlesque de Chaplin. L’interview et le mouvement sont des aussi des pistes importantes qu’elle souhaite explorer de plus en plus.

Le choix du sujet est lui aussi très personnel, partant de ses propres interrogations. Elle va donc aller explorer les questionnements et les doutes des autres, voir si elle s’y retrouve. Elle souhaitait mettre en scène toutes ces hésitations qu’on peut avoir vis-à-vis de l’amour quand on a 25 ans . « Pour ma génération, l’amour et le couple, c’est peut-être le dernier pari que l’on fait encore sans revoir nos exigences à la baisse. »

… à une création collective

Tout commence par les interviews auxquelles les comédiens eux-mêmes participent. Après avoir rassemblé toutes ces citations, Nina a travaillé avec les acteurs sur la « mémoire » : « J’ai initié le travail par une sollicitation de la mémoire. Quels souvenirs gardions-nous des témoignages ? Qu’est ce qui faisait échos à nos questionnements personnels ? Qu’est ce qui nous avait touchés, surpris ? » À partir de là, chaque comédien a fait son propre monologue. Les propos recueillis deviennent donc les textes de la pièce, complétés par le travail de Nina Chataignier et d’Aurore Jacob qui a collaboré à l’écriture. Les séquences en mouvements aussi sont le fruit d’un travail collectif, nées d’improvisations. Le groupe travaille donc ensemble sur l’élaboration et le montage des différents fragments de la pièce. C’était un souhait de Nina : faire une œuvre collective, enrichie de contributions extérieures, de contributions des acteurs et même du public. « Je voulais proposer un vrai temps d’expérimentation, de recherche et d’invention, sur le plateau à partir du vivant, des acteurs. »

Au final, A.M.O.R.(T) retrace par la mise en lumière de ces questionnements sur l’amour, les différentes étapes qui le constituent. Par là-même, la pièce nous fait nous interroger, et nous interroge même directement  laissant une place aussi à l’interaction avec le public. Mais sur cette partie-là on ne vous dévoilera rien, c’est plus drôle si vous ne savez pas…

Les artistes :
Compagnie Sous l’Ecorce.
Metteur en scène et interprète : Nina CHATAIGNIER, 25 ans (M2 Mise en Scène et Dramaturgie à l’Université Paris 10).
Interprètes : Armelle ABIBOU, 23 ans (Etudes à l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique), Christine ARMANGER, 25 ans (L3 Art du Spectacle à l’Université de Caen), Pascaline BAUMARD, 25 ans (L3 Art du Spectacle à l’Université Censier Daubenton), Rémi DEULCEUX, 24 ans (M1 Mise en Scène et Dramaturgie à l’Université Paris 10), Valérie DONTENWILLE, 25 ans (Etudes à l’Université Censier Daubenton), Stine Thilde ELROND, 34 ans, Michael SCAL, 29 ans et Jonathan SEMO, 27 ans.


Prochaines dates : au Théâtre du temps, les 22,23,24,26,29,30 et 31 mai et le 1er juin.

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Publié: 17 mars 2010

Tupercut’ : aux rythmes du corps

Le collectif Tupercut’, constitué de 9 danseurs-percussionnistes, est spécialisé dans les percussions corporelles. Le spectacle « Tu dérailles » s’inspire de l’univers des gares et des trains, univers qu’ils connaissent bien puisqu’ils répètent tous les mardis dans la gare de Lyon. Entre danse et musique, le spectacle fait bouger le corps des percussionnistes mais aussi celui des spectateurs.

Neuf corps qui percutent

Tupercut’ existe depuis mars 2009. Cécile est à l’origine de ce groupe de percussions corporelles. Animatrice musique pour les enfants, mais aussi musicienne, elle utilise les percussions corporelles dans son travail, pour « apprendre aux enfants à découvrir la musique, la rythmique. » « On faisait ça dans les colos. J’ai appris plusieurs rythmes par le bouche à oreille, et aussi par un intervenant en body percussions dans un centre de loisirs où je travaillais. » Petit à petit, lui vient l’idée de monter un groupe. Elle rassemble ainsi des gens intéressés par le body rythme. « Des collègues de travail, des amis d’amis, des gens croisés dans des squats… se sont greffés à nous. On était une quinzaine au départ, maintenant il y a un noyau dur de 9 personnes. »

La plupart d’entre eux sont étudiants, souvent dans des disciplines artistiques (études corporelle, cinéma, musique…) et tous sont musiciens par ailleurs (Cécile est percussionniste, quatre d’entre eux sont batteurs, il y a aussi une violoncelliste). Certains font aussi de la danse, rien d’étonnant à cela puisque les percussions corporelles nécessitent un travail chorégraphique. « On emmène beaucoup de mouvements dans le spectacle. On joue à la fois sur le son et sur les déplacements, c’est très visuel. »

Le corps comme instrument

Les perscussions corporelles, « c’est l’utilisation de son corps en le faisant sonner, en « se tapant dessus ». On utilise les claps de mains, les pieds… » Le corps se fait alors instrument de musique et donne le rythme. Une displine très accessible et ludique (« tout le monde peut en faire »), représentée par le groupe de danse brésilien Barbatuques. Le grand public connaît mieux la compagnie Stomp, qui utilise le corps mais aussi et surtout les percussions sur objets de la vie quotidienne. « En France, il y n’y en a pas beaucoup ». Cheikh Sall à Paris, la compagnie Onstap à Avignon, Les Rythmopathes à Bordeaux…

Les Tupercut’ ont appris des mouvements en s’échangeant ceux qu’ils connaissaient. « Il y en a aussi pas mal qu’on crée nous-mêmes. » Des mouvements que le public peut expérimenter : « pendant le spectacle, on fait une initiation de 10 à 15 minutes. » Généralement très réceptifs, les spectateurs participent volontiers à ce mini-atelier : « ça se déclenche tout de suite parce qu’ils ont envie d’essayer. »

Quand on fait des percussions corporelles, le sol importe beaucoup. « Si le terrain est trop dur, c’est un peu difficile pour taper. Le mieux, c’est sur des sols de danse, des parquets ou des scènes de théâtre. » Difficile alors de trouver un lieu de répétition adapté. Le collectif répète pour l’instant deux fois par semaine, à la gare de Lyon et dans une salle du 13e arrondissement. Dans la gare, ils côtoient les groupes de hip hop qui répètent eux aussi, et les voyageurs : « les gens sont curieux, ils regardent, ils ne comprennent pas vraiment ce qu’on fait. »

Tu dérailles : dans le train de Tupercut’

Le spectacle Tu dérailles est né de ce lieu de répétition ferroviaire. Le train en est le fil conducteur : « ça se passe dans une gare, il y a un train qui arrive, Sara loupe son train à chaque fois, c’est comme ça qu’elle rencontre le groupe Tupercut’ dans la gare de Lyon. » La création du spectacle s’est faite en commun : « c’est une conception de travail collectif, tout le monde participe, tout le monde donne son avis. »

Ce week-end (NDR : 13 et 14 mars 2010), ils se produisent en extérieur à la Cité Internationale. Ils craignent leurs deux ennemis : le vent et le froid. « On a un peu peur pour le vent parce que le son s’échappe. Et taper dans le froid ça fait très mal… On fera des tours de stade pour se réchauffer ! » Samedi, le froid n’a pourtant pas entamé leur punch. Énergiques, à l’aise avec le public, ils ne laissent pas passer la moindre goutte d’ennui pendant ces 30 minutes de show qui mêle musique, danse et théâtre.

Tupercut’ participera certainement à la Fête de la musique. En attendant, vous pouvez aller les rencontrer tous les mardis de 20h à 22h, dans la salle Méditerranée (sous les voies) de la gare de Lyon.

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Publié: 14 mars 2010

Ce week-end, le festival investit la Cité Internationale Universitaire de Paris !

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Pour son dernier week-end, ICI&DEMAIN investit un haut lieu de la vie étudiante : la Cité Internationale Universitaire de Paris. Au programme : performances, concerts et spectacles viendront animer ce site unique dédié à l’accueil et aux rencontres d’étudiants, de chercheurs et d’artistes représentant plus de 140 nationalités !

Une promenade artistique dans un site au décor unique

Samedi 13 mars, à 15h, l’artiste Asami vous accueillera dans la cour centrale de la Cité Internationale Universitaire avec sa performance  « gonflée », la Cerise sur le Gâteau.

Tout de suite après, à 15h30, vous aurez le choix entre les murs remplis d’histoire de la Maison de l’Espagne avec un théâtre musical proposé par L’Ensemble YI ou la Maison de l’Argentine dont l’architecture rappelle les estancias de la pampa argentine pour un spectacle désarmant, Bruits de Trottoir, interprété par la troupe des Productions de la Fabrique.

Retour en extérieur à 17h30 avec une animation percutante du Collectif Tupercut qui vous invite à vous déhancher au son de leurs percussions corporelles.

Enfin, pour terminer en beauté la journée, vous pourrez vous laisser emporter par un concert symphonique donné par les cinquante instrumentistes de l’Orchestre Mélo’dix ou assister à la projection des 11 courts métrages étudiants dans l’imposante Fondation Biermans-Lapôtre.

La promenade artistique se poursuit également dimanche 14 mars avec des séances de rattrapage pour ceux qui n’auraient pas pu assister au théâtre musical de L’Ensemble Yi ou encore aux lectures sans concession des Productions de la Fabrique. Mais c’est autour d’une pièce théâtrale pleine d’humour et de fantaisie que le festival clôturera ce week-end artistique en vous proposant de vous mettre dans la peau d’un étudiant grâce à l’Université du Bazart, pièce loufoque et déjantée emmenée par le dynamique collectif Bazart.

Ne ratez pas cette occasion unique de venir passer un week-end en famille ou entre amis autour des promenades artistiques du festival ICI&DEMAIN dans ce lieu qui contribue, tout au long de l’année, à favoriser les amitiés entre les étudiants, chercheurs et artistes du monde entier.

La programmation complète de ce week-end peut être consultée ici.

(crédit photo : CIUP)

Publié: 12 mars 2010

Quand théâtre et université se mêlent, on n’apprend pas de ceux que l’on croit…

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Prologue narratif

Ils sont 8. Ils se sont rencontrés au conservatoire d’art dramatique du 19e arrondissement. Ils ont entre 21 et 28ans et sont, ou étaient il y a peu, étudiants à l’ université.
De leur études universitaires et théâtrales, ils ont gardé anecdotes, verbe et questions mais aussi un certains recul et une bonne dose de dérision. C’est pourquoi ils ont créé « L’Université du BazArt », pièce de théâtre drolatique, destinée à être jouée en amphi.

Hortense, comédienne mais aussi auteur de la pièce, a donc rencontré il y a quelques années maintenant Christophe, Camille, Sarah, Mickaël, Adèle, Gabriel, Rares et Charlotte au conservatoire du 19e. Puis, le Théâtre du Rond-Point a eu la bonne idée de lancer un appel à projet à destination des élèves des conservatoires d’arrondissement : une pièce courte était présentée et, si elle était retenue, elle serait jouée lors d’un spectacle au Rond-Point, avec d’autres, tous les soirs durant une semaine. L’Université du BazArt première mouture a été retenue et a obtenu de bons retours suite à ces prestations. Hortense a alors cherché à transformer la pièce en format long mais a peiné sur l’écriture.

Nous sommes début 2009 et les événements universitaires que nous connaissons tous débutent. Le petit monde de la fac se pose beaucoup de questions, se remet en cause et l’auteur de la pièce pense alors que c’est le moment ou jamais d’en terminer la rédaction et, surtout, de la jouer. Elle fait appel aux autres comédiens, chacun l’aidant à écrire le rôle lui étant destiné et la troupe monte enfin sur les estrades en mai 2009, pour 7 représentations en fac, à la Bellevilloise (à l’occasion du festival Libre comme l’art) et à la Cité U.
Entre ces représentations, le spectacle est sans cesse retravaillé. Pourquoi ? Pour encourager le public à intervenir, à interagir, à se poser des questions… La pièce joue sur les codes narratifs, c’est une comédie, mais pas que. « On joue sur une confrontation entre les images, le discours et l’action. Les 3 ayant leur logique propre ».

La légitimité de la parole

Dans l’Université du BazArt, les comédiens deviennent profs, élèves, secrétaires d’UFR, appariteurs et les spectateurs sont transformés en étudiants attentifs, assistant à un cours d’histoire de l’art turbulent.
L’histoire de l’art sert de prétexte à la troupe pour montrer images et film, rendant le cours vivant, y introduisant du latin, de l’esthétique, de la philo. Et puis Hortense étudie l’histoire de l’art et, comme elle le dit, « on est bon que dans ce qu’on connaît ».

Tous les personnages de la pièce portent des lunettes, à la fois fils conducteurs de celle-ci et « nez de clown » des acteurs. Ils sont leur personnage une fois les lunettes sur le nez.
D’ailleurs, la question de l’acteur est récurrente dans la pièce : le professeur est-il un acteur ? Le comédien enseigne-t-il à son public ? L’étudiant peut-il apprendre quelque chose aux autres ? Qui sait ? Qui écoute ?
« Il y a l’idée qu’on est tous, à un moment, soit élève, soit professeur. » dit Adèle. « Les codes, par rapport à ceux qui enseignent et ceux qui reçoivent l’enseignement, sont bousculés. Il y a des moments où ceux qui ne sont pas prof deviennent à leur tour enseignants. La pièce est vraiment une réflexion sur le rôle de l’enseignant et celui de l’élève, comment ils s’imbriquent, ce qui fait qu’on est attentif, par qui vient l’enseignement. Et c’est pas forcément ceux qu’on croit. »
La pièce remet aussi en cause le rapport comédien/professeur : « sur la question de l’enseignement, on va tenter d’y implanter de l’humain. Sur la question du théâtre, on va tenter d’y implanter du discours ». Se pose donc la question de la légitimité de la parole : je suis prof, je suis comédien : pourquoi on m’écoute moi et pas un autre ? Pourquoi les autres ne parlent pas ? L’Université du BazArt a été écrite pour inciter le public à réagir, que ce ne soit pas seulement l’enseignant-comédien qui lui parle, pour que ça « déborde ». Ca ne marche pas toujours. La troupe a toutefois eu affaire à un spectateur surmotivé qui tentait de répondre à toutes les questions posées par les comédiens sur scène ou au vrai appariteur qui, ayant envie de rentrer chez lui à l’heure dite, a tenté de fermer la salle, stoppé de justesse par le faux appariteur, le comédien.
La pièce a été faite pour être travaillée avec le public, sans trop de répétitions au début, afin de laisser la place au public de réagir et à l’écriture d’évoluer.

Leur prochain challenge ? Changer quelques éléments de la narration pour que le public ose enfin cette interaction…

L’Université du BazArt se produira pendant le festival ICI&DEMAIN le dimanche 14 mars à 18h30 à la Cité Universitaire Internationale de Paris, Maison de la Belgique (cliquez ici pour réserver une place).

Si vous souhaitez les faire jouer, vous pouvez contacter ubazart@yahoo.fr ou vous rendre sur leur site : http://www.universitedubazart.com/

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Publié: 24 février 2010

Si on causait avec Les Productions de la Fabrique

Productions de la fabrique

Créée il y a 10 ans, l’association étudiante Les Productions de La Fabrique rassemble aujourd’hui une quarantaine d’artistes. Fanny Lacaze, volontaire civil au sein de la compagnie, nous en dit un peu plus sur leur dernier spectacle, « Paroles Sans Papiers », joué notamment pour le festival ICI&DEMAIN 2009, et sur la très active association Les Productions de la Fabrique.

Un engagement artistique et social

Depuis sa création, l’association de théâtre étudiante Les Productions de la Fabrique réfléchit à des thèmes de société, tels que la prison ou la question des sans-papiers, en allant à la rencontre de nouveaux publics et en se produisant dans des lieux tels que des écoles, des prisons ou dans l’espace public. En 2007, l’association a créé le spectacle « Est-ce qu’on peut dire la prison ? », pièce regroupant des témoignages de détenus. Ce spectacle a été présenté à de nombreuses reprises, notamment lors d’une tournée dans plusieurs villes de France, en partenariat avec le Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées (GENEPI).

L’association propose également trois ateliers théâtres qui se déroulent sur le campus de Jussieu et donnent naissance chaque année à trois spectacles.

Si on causait des sans-papiers

Un quatrième atelier, « Si on causait », a lieu tous les mercredis de 19h à 22h à la Maison des Initiatives Etudiantes. Gratuit et ouvert à tous, l’atelier propose des rencontres autour d’une thématique et fait intervenir des personnes spécialisées sur les problématiques traitées.

En 2008, à l’issue de cet atelier, la pièce « Paroles Sans Papiers » a été créée. Lors de l’atelier, les participants ont collecté différents témoignages auprès de la Cimade (association d’aide aux sans-papiers). Ils ont également travaillé avec l’association Les amoureux au ban public (mouvement de couples mixtes pour la défense du droit de mener une vie familiale). « C’est un spectacle plutôt ludique avec  un mélange de textes, explique Fanny Lacaze, volontaire civil au sein de la compagnie, des textes de politiciens, le  journal intime d’une petite fille… On est parfois accompagnés par un joueur de djembé ». Pour ce spectacle, comme pour le précédent « Est-ce qu’on peut dire la prison? », créé lui aussi dans le cadre de l’atelier « Si on causait », l’association a choisi la forme des lectures.  « On lit, on n’interprète pas. On n’essaie pas de se mettre à la place des gens, de vivre ce qu’ils ont vécu, on est juste des porteurs de paroles ».

Après le festival Ici & Demain en mars 2009, le spectacle a été présenté en juin 2009 à l’Armée du Salut. « On avait envie de présenter notre spectacle à la rue ».  L’association a également ouvert un atelier d’écriture avec des sdf, qui a très bien fonctionné. « Ils ont été supers enthousiastes ! Ca les intéresse que leur parole soit mise en avant, tout en restant anonymes ».

Pour Les Productions de la Fabrique, c’est déjà l’heure de préparer la rentrée. L’atelier « Si on causait » reprend en septembre, toujours à la Maison des Initiatives Etudiantes. Les trois autres ateliers théâtre, animés par des comédiennes, reprendront également à la rentrée. Les spectacles créés dans ces ateliers seront présentés au Théâtre des Quartiers d’Ivry. Durant l’année universitaire, l’association sera en tournée en partenariat avec le Crous et Genepi. Les Productions animeront également l’université Paris 7, en se produisant une fois par mois au cœur de l’université. « On a envie d’être encore plus présents sur le campus l’année prochaine !»

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Publié: 9 novembre 2009