The Sex Mess : « ça peut faire peur au début, mais en fait c’est sympa »

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Punk is not dead ? Clairement pas pour The Sex Mess, le groupe sombre de la programmation du festival…

Il était une fois, au pays des musiques extrêmes (ou rebelles, comme vous voulez), cinq potes de lycée qui ont un jour décidé de monter un groupe.
L’histoire exacte serait plutôt celle de Super Baggy, lead guitariste (L1 Sciences du Vivant à Paris 7), et Captain Funcky, guitariste (L1 Droit à Paris I), qui se sont mis à répéter, il y a environ deux ans, avec celui qui sera le premier batteur du groupe. A la même période, Saint Teddy, la voix du groupe (prépa MPSI), voulait s’essayer au chant. Ils ont répété tous les quatre, ça a bien fonctionné, le groupe était né.
Par la suite, ils ont changé de batteur et intégré un bassiste à la formation, respectivement nommés Doctor Chucky (Terminale S) et Lord Coocky (école d’informatique).
Dans la grande tradition des groupes punks, le bassiste et le chanteur n’avaient jamais pris de cours de musique avant les débuts du groupe et le lead guitariste est un autodidacte qui prend maintenant des cours, surtout pour améliorer ses solos.

Pas que du punk

Le groupe n’avait pas la volonté de faire du punk à la base. Ils ont commencé par jouer ensemble ce qui plaisait à chacun et ont composé les premiers morceaux comme ça. Le résultat a été un gros son punk-rock mais mâtiné de métal, de grunge, de hardcore… Ils essaient de ne pas se « cantonner à un style qui fait un peu peur aux gens ».
« On veut montrer aux gens que le punk c’est pas que des gros tarés qui boivent de la bière et qui fument des clopes dans le métro. C’est plus un état d’esprit musical qu’autre chose ».
D’ailleurs, ça se sent dans leur musique, dans leur punk « mais pas que ». Ils écoutent tous du punk, du rock, du métal, mais chacun a sa « spécialité » : le punk old-school pour Saint Teddy, le hardcore pour Lord Coocky, le blues (oui oui, le blues) pour Super Baggy et l’indus pour Doctor Chucky. Ces deux dernières influences se ressentent beaucoup dans leurs compos : les solos de guitares sont bluesy et la batterie très rammsteinienne. Et c’est effectivement sur l’indus que tous se retrouvent, avec comme groupe faisant l’unanimité les Toulousains de Punish Yourself.
Rayon voix, le chanteur aime les cordes vocales cassées : the Dead Boys, Kurt Cobain, the Distillers, Joan Jett
« Quand on nous dit « mais vous êtes pas le groupe de punk parfait », on répond qu’on est le mélange de ce qu’on est tous individuellement et c’est tout ». Tellement, que ça en serait presque du « punk expérimental ».

Sans compromis

C’est cette vision large de la musique et de leurs univers réunis qui a donné son nom au groupe. Ils ont cherché ce nom en notant sur papier tous les mots qui leur plaisaient. Et comme Saint Teddy aime les doubles sens, il voulait que les initiales du groupe signifient quelque chose… The Sex Mess était né. Avec un « the » pour donner l’idée de groupe, de toutes ces individualités réunies. « Ca avait un sens un peu drôle et provoquant » dit le chanteur-auteur, « et puis ça sonnait bien » ajoute le lead guitariste.
Les initiales du groupe ont aussi servi à créer l’imagerie de celui-ci, à base de masques noirs, dans l’esprit libertin, voire, disons-le, SM. C’est aussi l’idée d’une posture artistique sans compromis. « On n’est pas là pour faire du rock pour qu’il passe à la radio. C’est ce qui sort directement de nous, sans essayer de le faire correspondre aux gouts du public ».
Et puis les deux réunis, nom et imagerie, permettent aussi « de faire fuir les gens qu’on n’a peut-être pas envie de voir en concert ». C’est dit.

Textes et mélodies

The Sex Mess a aussi une façon particulière de créer ses morceaux : le chanteur pose les bases mélodiques des chansons, à la guitare et/ou à la basse et ces compos sont finalisées collégialement. Une fois les mélodies posées, les textes sont écrits (principalement par Saint Teddy), en collant au maximum au son, à l’ambiance musicale de la compo. « C’est vraiment la musique qui impose le sujet ». Dans leurs premiers morceaux, il y en a deux qui ont des mélodies plutôt légères, les textes sont donc eux aussi légers voire comiques.
Un grand thème d’écriture se dégage toutefois, quel que soit le mode sur lequel il est rédigé : la critique des comportements humains. Ou, en gros, tout ce qui peut énerver tout chanteur punk de 19 ans de nos jours.

Passer l’épreuve du live

Pour confronter leurs créations au public, les membres du groupe ont choisi de postuler au festival ICI&DEMAIN. Super Baggy a vu l’affiche de l’appel à projet sur les murs de sa fac et s’est dit que ça serait une bonne première occasion de live sur des scènes et dans des conditions professionnelles. Surtout que « pour nous » dit Lord Coock « le plus important c’est l’énergie ». Avoir la bonne énergie et surtout dégager la bonne énergie. Ils rêvent de moments calmes dans la fosse lors des fameux solos façon blues et de pogos lors des gros lâchages sonores.
Pour voir si ce sera effectif, rendez-vous le 7 mars à 18h au Point Ephémère (réservez vos places) ou le 12 mars dès 20h30 au Centre Barbara (réservez vos places), pour deux sets d’une quarantaine de minutes.

The end ? Non, car comme le dit Saint Teddy : « le punk n’est pas mort. Ils sont juste un peu bizarres ».

http://www.myspace.com/thesexmess

Article publié sur mini-logo-etudiantdeparis

Publié: 25 février 2010