Lilt : mélodies en pyjama

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Deux voix enchanteresses, deux brunes aux yeux bleus, un univers musical mélodieux qui nous plonge dans une douce mélancolie. C’est Lilt et ça mérite plus qu’un coup d’œil, plus qu’un coup d’oreille.

Malice complice

Elles se sont rencontrées sur leurs terres natales, au Touquet, dans le Nord-Pas-de-Calais. C’est là qu’elles ont posé  les racines d’une collaboration au long cours aussi talentueuse qu’amicale. Camille Hardouin, 24 ans, actuellement en Licence 3 d’anglais à l’université Paris 7 et Aude Wyart, 22 ans, en Master 2 Santé publique à l’EHESS. Deux copines complices et malicieuses qu’on imaginerait bien en fée Clochette.
Retour quelques années en arrière. Camille est en terminale et a un groupe de rock. Aude, en première, fait de la danse contemporaine et du piano. Après leur rencontre dans une soirée, la première propose à la seconde  de monter un spectacle qui mêlerait live rock et danse. « Moi j’avais rien demandé, j’étais un peu timide. », raconte Aude, qui n’avait pas vraiment imaginé jusque-là se produire sur scène.  Et les voilà parties pour leur premier projet artistique. Camille partira ensuite en voyage puis à Bruxelles puis à Paris en prépa littéraire, pendant qu’Aude poursuivra ses études à Lille. « C’était comme une relation à distance pendant longtemps. On se voyait les week-ends. »

Elles vivent aujourd’hui à Paris : « ça fait un an et demi qu’on vit dans la même ville. » Ce rapprochement géographique leur a permis de composer plus assidûment et surtout de jouer régulièrement : « nos premières chansons sont vieilles mais on fait des concerts depuis un an seulement. » Le nom du groupe est venu à cette période. « On était en radar nom, raconte Camille. J’ai lu ce mot, lilt, dans une interview de Devendra Banhart. Après l’avoir dit, il s’est demandé si ce mot existait. Et ça existe, c’est une manière de parler chantante ou une mélodie sautillante. » « Je voulais un nom court qui n’évoque rien », ajoute Aude.

Du folk « onirique, féérique et étrange »

Qui connaît et aime le groupe CocoRosie ne peut s’empêcher de reconnaître chez Lilt  l’univers musical de ces deux sœurs ultra douées. Une influence qu’elles reconnaissent mais loin d’elles au départ l’idée de faire du CocoRosie.  « C’est vraiment notre point commun à toutes les deux. C’est quand même mon groupe préféré !, avoue Aude. La manière de placer la voix, on a malgré nous été inspirées. Mais la première chanson qu’on a fait, Camille ne connaissait pas CocoRosie… C’est pas du copier-coller, on n’a pas sorti nos jouets. »
Leurs influences vont aussi du côté du folk, de Devendra Banhart… Mais leurs goûts musicaux sont plus variés, surtout pour l’oreille périscope d’Aude : « J’écoute du punk-rock comme du R&B. J’aime les Destiny’s Child, les Rage Against the Machine… Je pense qu’il y a de bonnes choses dans tous les styles. » Ce qui fait dire à Camille : « si on me demandait ce qu’étaient mes influences, je devrais dire que mon influence principale c’est Aude ! C’est souvent elle qui me fait découvrir des trucs. »

Leurs chansons sont écrites en anglais, parce qu’ « on peut beaucoup plus jouer avec les sonorités ». « On fait très attention aux paroles mais on préfère qu’elles restent au second plan. On privilégiera toujours la sonorité au sens. » Les paroles sont peuplées de mots féériques :  lullaby, fairy, tales, mist… « On est assez marquées par la nature, les titres de nos chansons ont souvent un lien avec la nature.  On ne peut pas s’empêcher de mettre les éléments dans nos titres : l’eau, le feu !  On fait une musique qui est assez onirique. Il y a toujours des choses de l’enfance. »

Projet Pyjama : Lilt + La Demoiselle inconnue

Lilt jouera au Point Ephémère le 6 mars dans le cadre du festival ICI&DEMAIN. Elles seront accompagnées de deux amis musiciens. « On travaille avec des musiciens hollandais. Enfin, ils ne sont pas vraiment hollandais, c’est un Grec (Alex, guitare électrique) et une Allemande (Beate, violoncelle) qui vivent en Hollande. »
Camille et Aude sont aussi à l’initiative du Projet Pyjama, le 11 mars, au centre musical Fleury Goutte d’Or – Barbara. On pourra y entendre Lilt et La Demoiselle inconnue en guitare-voix. La Demoiselle inconnue, c’est le projet solo de Camille, un mix de folk, chanson et pleins d’autres choses.

Lilt a lancé le concept de Projet Pyjama en février 2009 dans un squat. Le premier Projet Pyjama était aussi leur premier concert. Camille « avai[t] très envie de faire des concerts », contrairement à Aude, beaucoup plus intimidée. Elle imagine alors un concert où artistes et public seraient paisiblement installés sur des matelas et habillés en pyjama, dans un décor à la fois kitsch et cosy. « Pour moi, cette idée, c’était un peu comme tendre un piège à ton envie », dit-elle à Aude. « Le Projet Pyjama a un côté expérimental. On arrive dans un endroit avec une autre ambiance. Les gens sont allongés sur un lit avec la place pour rêver. Ça a été des expériences rigolotes. » Les gens viennent normalement en pyjama. « Habituellement, l’entrée est à 2 ou 3€ et c’est gratuit pour ceux qui viennent en pyjama. Mais là, comme le festival est gratuit on ne peut pas le faire. » Alors même si c’est gratuit de toute façon, n’hésitez pas à venir vêtu de votre habit de nuit !

Lilt joue environ deux fois par mois (dates sur MySpace), leurs études leur prenant déjà pas mal de temps.  Autant d’occasions de découvrir ces deux voix aériennes, en pyjama ou pas, tel un Peter Pan emporté au pays des rêves de ces fées chantantes.

Retrouvez Lilt en concert le 6.03 au Point Ephémère >> voir l’événement

et le « Projet Pyjama » le 11.03 au Centre musical Fleury-Goutte d’or >> voir l’événement

Retrouvez également Lilt sur Myspace

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Publié: 6 mars 2010

Les lauréats Paris Jeunes Talents invités du festival

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Pour la première fois depuis sa création, le festival ICI&DEMAIN invite les lauréats du dispositif Paris Jeunes Talents à faire scène commune.

Pour la 7e édition d’ICI&DEMAIN, Didier Guillot, adjoint chargé de la Vie Étudiante, et Bruno Julliard, adjoint chargé de la Jeunesse, ont souhaité favoriser la rencontre entre les artistes étudiants et les jeunes en voie de professionnalisation  du dispositif Paris Jeunes Talents.
Ce sont donc 3 lauréats des Prix Paris Jeunes Talents 2009 qui sont programmés au sein du festival artistique étudiant :

You & You, lauréat musique, ouvrira le festival au son de leur indie pop folk le 3 mars au Théâtre Sylvia Monfort.

This Is The Hello Monster montera sur la scène des Trois Baudets, le 4 mars à partir de 20h30

Le court-métrage E.S.P.R.I.T de Julien Beaunay sera projeté le 10 mars  au Forum des Images dans le cadre de la Soirée Cinéma du festival.

Ne ratez pas cette occasion exceptionnelle de venir découvrir les futurs talents de la scène artistique parisienne et réservez vite vos places en ligne. Pour consulter le programme, cliquez ici.

Publié: 2 mars 2010

The Sex Mess : « ça peut faire peur au début, mais en fait c’est sympa »

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Punk is not dead ? Clairement pas pour The Sex Mess, le groupe sombre de la programmation du festival…

Il était une fois, au pays des musiques extrêmes (ou rebelles, comme vous voulez), cinq potes de lycée qui ont un jour décidé de monter un groupe.
L’histoire exacte serait plutôt celle de Super Baggy, lead guitariste (L1 Sciences du Vivant à Paris 7), et Captain Funcky, guitariste (L1 Droit à Paris I), qui se sont mis à répéter, il y a environ deux ans, avec celui qui sera le premier batteur du groupe. A la même période, Saint Teddy, la voix du groupe (prépa MPSI), voulait s’essayer au chant. Ils ont répété tous les quatre, ça a bien fonctionné, le groupe était né.
Par la suite, ils ont changé de batteur et intégré un bassiste à la formation, respectivement nommés Doctor Chucky (Terminale S) et Lord Coocky (école d’informatique).
Dans la grande tradition des groupes punks, le bassiste et le chanteur n’avaient jamais pris de cours de musique avant les débuts du groupe et le lead guitariste est un autodidacte qui prend maintenant des cours, surtout pour améliorer ses solos.

Pas que du punk

Le groupe n’avait pas la volonté de faire du punk à la base. Ils ont commencé par jouer ensemble ce qui plaisait à chacun et ont composé les premiers morceaux comme ça. Le résultat a été un gros son punk-rock mais mâtiné de métal, de grunge, de hardcore… Ils essaient de ne pas se « cantonner à un style qui fait un peu peur aux gens ».
« On veut montrer aux gens que le punk c’est pas que des gros tarés qui boivent de la bière et qui fument des clopes dans le métro. C’est plus un état d’esprit musical qu’autre chose ».
D’ailleurs, ça se sent dans leur musique, dans leur punk « mais pas que ». Ils écoutent tous du punk, du rock, du métal, mais chacun a sa « spécialité » : le punk old-school pour Saint Teddy, le hardcore pour Lord Coocky, le blues (oui oui, le blues) pour Super Baggy et l’indus pour Doctor Chucky. Ces deux dernières influences se ressentent beaucoup dans leurs compos : les solos de guitares sont bluesy et la batterie très rammsteinienne. Et c’est effectivement sur l’indus que tous se retrouvent, avec comme groupe faisant l’unanimité les Toulousains de Punish Yourself.
Rayon voix, le chanteur aime les cordes vocales cassées : the Dead Boys, Kurt Cobain, the Distillers, Joan Jett
« Quand on nous dit « mais vous êtes pas le groupe de punk parfait », on répond qu’on est le mélange de ce qu’on est tous individuellement et c’est tout ». Tellement, que ça en serait presque du « punk expérimental ».

Sans compromis

C’est cette vision large de la musique et de leurs univers réunis qui a donné son nom au groupe. Ils ont cherché ce nom en notant sur papier tous les mots qui leur plaisaient. Et comme Saint Teddy aime les doubles sens, il voulait que les initiales du groupe signifient quelque chose… The Sex Mess était né. Avec un « the » pour donner l’idée de groupe, de toutes ces individualités réunies. « Ca avait un sens un peu drôle et provoquant » dit le chanteur-auteur, « et puis ça sonnait bien » ajoute le lead guitariste.
Les initiales du groupe ont aussi servi à créer l’imagerie de celui-ci, à base de masques noirs, dans l’esprit libertin, voire, disons-le, SM. C’est aussi l’idée d’une posture artistique sans compromis. « On n’est pas là pour faire du rock pour qu’il passe à la radio. C’est ce qui sort directement de nous, sans essayer de le faire correspondre aux gouts du public ».
Et puis les deux réunis, nom et imagerie, permettent aussi « de faire fuir les gens qu’on n’a peut-être pas envie de voir en concert ». C’est dit.

Textes et mélodies

The Sex Mess a aussi une façon particulière de créer ses morceaux : le chanteur pose les bases mélodiques des chansons, à la guitare et/ou à la basse et ces compos sont finalisées collégialement. Une fois les mélodies posées, les textes sont écrits (principalement par Saint Teddy), en collant au maximum au son, à l’ambiance musicale de la compo. « C’est vraiment la musique qui impose le sujet ». Dans leurs premiers morceaux, il y en a deux qui ont des mélodies plutôt légères, les textes sont donc eux aussi légers voire comiques.
Un grand thème d’écriture se dégage toutefois, quel que soit le mode sur lequel il est rédigé : la critique des comportements humains. Ou, en gros, tout ce qui peut énerver tout chanteur punk de 19 ans de nos jours.

Passer l’épreuve du live

Pour confronter leurs créations au public, les membres du groupe ont choisi de postuler au festival ICI&DEMAIN. Super Baggy a vu l’affiche de l’appel à projet sur les murs de sa fac et s’est dit que ça serait une bonne première occasion de live sur des scènes et dans des conditions professionnelles. Surtout que « pour nous » dit Lord Coock « le plus important c’est l’énergie ». Avoir la bonne énergie et surtout dégager la bonne énergie. Ils rêvent de moments calmes dans la fosse lors des fameux solos façon blues et de pogos lors des gros lâchages sonores.
Pour voir si ce sera effectif, rendez-vous le 7 mars à 18h au Point Ephémère (réservez vos places) ou le 12 mars dès 20h30 au Centre Barbara (réservez vos places), pour deux sets d’une quarantaine de minutes.

The end ? Non, car comme le dit Saint Teddy : « le punk n’est pas mort. Ils sont juste un peu bizarres ».

http://www.myspace.com/thesexmess

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Publié: 25 février 2010

Bastien Lucas, lauréat 2009 de la catégorie « musique »

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Jeune auteur compositeur plein d’humour, Bastien Lucas a reçu le prix Ici & Demain 2009, catégorie Musique. Cet étudiant en musicologie à La Sorbonne,  âgé de 27 ans, a présenté deux concerts lors du festival Ici & Demain 2009, l’un au Théâtre du Châtelet, l’autre aux Trois Baudets.

Un piano et une guitare

Seul sur scène, Bastien accompagne ses compositions, tantôt au piano, tantôt à la guitare. Autant passionné de rock que de classique, il propose un style évoluant entre chanson française, musique classique et songwritting à l’anglaise.

Portrait de Bastien Lucas

« Mon premier album s’appelle essai. Parce que c’est un essai et que si ça va pas on recommence, et un essai au rugby, ça se transforme toujours« . C’est ainsi que Bastien Lucas définit son travail, dans une perpétuelle expérimentation. Bastien a commencé le piano à 7 ans et a ensuite découvert la guitare à l’adolescence. La musique classique est venue plus tard, lorsqu’il intègre le conservatoire et s’inscrit en musicologie à La Sorbonne ( »pour pas faire trop peur à ma mère, qui m’imaginait finir à Pigalle avec ma guitare, ce que je vais faire d’ailleurs puisque je vais jouer au Trois Baudets! », explique-t-il avec humour), avant de se prendre peu à peu au jeu, jusqu’à devenir un passionné de classique. « Ma passion pour le classique est d’autant plus sincère qu’elle est venue tardivement, je n’aurais pas su si j’aimais vraiment si j’avais été baigné dedans tout-petit au sein de ma famille« .

Ses thèmes, Bastien les aime ambigus, contrastés : « j’aime dire je t’aime et je te déteste dans une même chanson, parce que c’est ça la vie ». Le jeune chanteur est dans une perpétuelle recherche musicale : comment fondre musique classique et musique plus actuelle. « Concilier musique actuelle et musique classique c’est pas juste mettre des violons ! ».
Bastien propose au public un concert en toute simplicité, et entre deux chansons il improvise avec humour de petites interventions.

Sa participation à la 6e édition du festival Ici & Demain est partie d’une volonté de « toucher d’autres gens, sortir de la fac et avoir accès à des salles prestigieuses, avec une entrée gratuite, sans pression financière« . Après le festival, place à l’enregistrement d’un deuxième album. Le jeune chanteur va également continuer sa rencontre avec le public, en sillonnant la France pour des concerts, notamment « en appartement ». « Je veux surtout être écouté, il y a tellement de manières de vivre de sa musique dans la jungle de ce qui se fait« .

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Publié: 14 octobre 2009