Le palmarès 2010 du festival ICI&DEMAIN

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Cinq projets artistiques programmés dans le cadre du festival artistique étudiant ICI&DEMAIN 2010 ont été récompensés le 25 mars dernier pour leur qualité et leur originalité. Présentation des cinq lauréats.

Récompenser les coups de coeur du festival

La 7ème édition du festival artistique étudiant ICI&DEMAIN s’est déroulée du 4 au 18 mars 2010. 43 projets artistiques étudiants étaient programmés dans 25 lieux  de Paris. Plus de 10 000 personnes ont assisté aux spectacles, projections, performances et expositions.
À la fin du festival, les organisateurs (la Mairie de Paris et la Maison des Initiatives Etudiantes, ainsi que le Troisième Pôle, producteur délégué) ont souhaité mettre en avant leurs « coups de cœur » en décernant un prix dans chacune des quatre catégories du festival. Ces prix récompensent aussi bien l’originalité et la qualité du projet que le parcours des étudiants et leur rencontre avec le public.

Les prix ont été remis aux lauréats le 25 mars 2010 dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris, par Mila Jeudy, directrice adjointe de la Maison des Initiatives Etudiantes, structure organisatrice du festival, et Didier Guillot, adjoint au Maire de Paris chargé de la vie étudiante .Les lauréats ont reçu un trophée à l’image du visuel du festival ainsi qu’une dotation financière leur permettant d’acquérir du matériel destiné à leurs créations artistiques.

Les lauréats des Prix ICI&DEMAIN 2010

  • CATÉGORIE SPECTACLE VIVANT : Clément le Disquay et Paul Canestraro pour « Lève un peu les bras ! » (danse)

Un duo de danse énergique et langoureux par deux garçons, Paul et Clément, à la fois étudiants en Master STAPS et danseurs pour plusieurs compagnies. Avant de découvrir la danse à la fac, l’un faisait du kung-fu, l’autre était footballeur…
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  • CATÉGORIE MUSIQUE :We Were Evergreen (toy-pop)

Il y a deux ans, Michael a décidé de faire partager ses créations avec le public. Il a invité Fabienne à le rejoindre dans cette aventure, puis William est venu leur apporter sa rythmique. C’est ainsi qu’est né ce groupe de pop qui s’est produit deux fois lors du festival.
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Le festival de We Were Evergreen :
« On a super bien vécu le festival, qui a été une énorme surprise à chaque fois pour nous – l’accueil, le public et les salles. On était assez émerveillés à nos deux concerts de cette ambiance. On est très heureux d’avoir eu ce prix avec le nombre d’artistes en lice! »

Encore plein de projets :
« Nous continuons à faire autant de concerts que possible (nous jouons prochainement à l’Espace B, à l’OPA et à la Java, entres autres). Nous souhaitons aller le plus loin possible avec ce groupe et trouver des partenaires pour nous aider à nous faire mieux connaître (le festival Ici&Demain était déjà une aubaine!) »

  • CATÉGORIE ARTS PLASTIQUES : Cécile Bichon et Sonia Pavageau pour « L’Écume des jours illustrée » (exposition)

L’Écume des jours illustrée ou comment deux jeunes filles traduisent en images, avec brio et originalité,  l’univers fantaisiste de Boris Vian. Une quarantaine d’ »installations photographiées » représentent des passages forts du livre.
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Le festival de Cécile et Sonia :

« Pour nous, le simple fait de participer au festival était en soi une récompense. Il nous a donné l’occasion de montrer notre travail sous toutes ses facettes et dans des conditions idéales. En plus, comme à la galerie Crous Beaux-Arts la règle du jeu est de garder soi-même l’exposition, nous avons eu un vrai contact avec le public. Les gens étaient souvent très enthousiastes, ce qui nous a encore affermies dans notre détermination à aller jusqu’au bout du projet. Et puis, comme si le tableau n’était pas assez idylique, il a fallu que ce soit nous qui recevions le prix ! Avec cet argent, on va pouvoir réaliser les scènes de L’Écume des jours qui nous manquent encore, et puis peut-être même financer une partie de l’édition d’un futur livre illustré. »

Encore plein de projets :
« Bientôt, le projet va continuer sa route dans la vitrine d’un magasin (French Touche dans le 17ème) et puis ensuite on se laisse un peu de temps pour se consacrer entièrement à la fabrication des miniatures manquantes. Quand tout sera terminé, alors on pourra envisager une nouvelle exposition réunissant l’intégralité du projet. »

  • CATÉGORIE COURTS-MÉTRAGES : Pierre Mazingarbe pour » Les Nuits de Blanche » (fiction)

C’est l’histoire d’une fille, Blanche, qui a un amant pour chaque jour. Ses amants, elle les garde précieusement, dans une valise… Un court-métrage comme on aimerait en voir plus souvent : léger, ludique, très bien joué et même avec des effets spéciaux.
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Le festival de Pierre :

« Ce fut l’aboutissement d’un immense doute : est-ce que mes blagues vont faire rire d’autres personnes que moi, est-ce que mon histoire a un intérêt pour des inconnus. D’autant plus que c’était la première fois que le film sortait de la salle de montage, je ne l’avais montré qu’à de petites assemblées. C’est encourageant pour l’envoyer ailleurs.
Je suis allé voir le groupe Lilt. Camille et Aude sont absolument formidables. Elles vont même composer une partie de la musique de mon prochain film ! Donc oui, ce festival permet ce genre de rencontres entre « créateurs », ce qui est très réjouissant.
Avec la dotation du prix, j’ai choisi d’investir dans du matériel de son, pour avoir une vraie indépendance. Pour ce gros coup de pouce, je suis particulièrement reconnaissant au festival. »

Encore pleins de projets :
« J’ai aujourd’hui trois courts-métrages en développement, notamment « Les poissons préfèrent l’eau du bain » dont le tournage est prévu à l’automne. J’ai vraiment hâte d’être sur le plateau. Quelques jours sur un plateau suffisent à me donner assez de joie pour écrire des histoires pendant de longs mois, dans la solitude du fond de ma cave. Et puis notre collectif Babouchka prépare une dizaine de films, pour nos diplômes de fin d’étude. Ça promet d’être inventif et complètement givré ! »

  • MENTION SPÉCIALE : Collectif  In Colors VJ’S pour leur performance de Mapping Vidéo

Houcem et Elyes se sont rencontrés à l’Ecole des Beaux-Arts de Tunis et poursuivent maintenant leurs études à Paris. Le 9 mars, les deux VJs ont repeint la façade de l’Hôtel d’Albret de vidéos mouvantes mixées sur de la techno expérimentale.
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Le festival d’Houcem et Elyes :

« On a été très bien entouré et, malgré les difficultés, le festival a tout mis en œuvre pour nous mettre à disposition un lieu magnifique pour projeter, ainsi que tous les moyens techniques nécessaires au bon déroulement de la performance.
D’ailleurs le spectacle a été complètement réussi et il y a eu une réelle rencontre avec le public. Ce dernier, dont on entendait les réactions pendant la performance, a répondu présent et a été extrêmement sensible au concept ainsi qu’au contenu artistique de ce travail. Le fait qu’on ait eu la « mention spéciale » nous a réellement surpris, c’est une reconnaissance qui ne peut être que bénéfique pour la suite de notre aventure artistique. »

Encore pleins de projets :
« On est en train d’élaborer un projet encore plus important et plus ambitieux pour la Nuit Blanche. On va rester dans le même concept de « vidéo architecturale et musique électro-concrète » mais on va essayer de le faire évoluer encore plus, peut-être en intégrant le spectateur dans la création active de l’œuvre. Donc rendez-vous en octobre, on espère, pour la prochaine édition de Nuit Blanche. »

La 8ème édition du festival Ici & Demain aura lieu en mars 2011. Si vous souhaitez faire partie de la nouvelle sélection d’artistes étudiants, guettez l’appel à projets, il sera lancé en octobre 2010.

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Ici et demain – remise des prix
Réalisé par TELESORBONNE

Publié: 2 avril 2010

Du soufre à l’encens, les sentiments

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Renaud Lefevre termine tout juste ses études à l’ESRA et en est déjà à son cinquième court-métrage avec Du soufre à l’encens, les sentiments. Il nous dépeint ici les sentiments vifs, violents par lesquels on passe quand on aime, mais qu’on est encore le seul à le savoir. Ce moment avant une histoire d’amour, histoire qui n’aura peut être jamais lieu.…

Les sentiments, entre rêve et réalité

Le décors : une colocation étudiante.
Les personnages principaux : Louis (Simon Frenay) et Juliette (Capucine Delaby).
Le sujet : la rencontre amoureuse.
Jusque-là un classique.

Là où le film prend tout son sens c’est qu’il adopte un point de vue particulièrement intéressant : celui de la personne qui aime et ne sait pas si elle est aimée en retour.

« J’avais envie de raconter une histoire amoureuse, de parler du désir amoureux, de tout ce qui se passe avant et de ce moment où, n’étant pas sûr de la réciprocité des sentiments, on préfère s’évader dans le rêve, l’imagination et se projeter »

Dans ce court-métrage en trois actes, on balance entre les sentiments, entre souffrance et plaisir, entre le « soufre » et « l’encens », entre rêve et réalité, un retour à la réalité souvent brutal.

Au-delà de l’histoire, le réalisateur traduit cette alternance en travaillant sur le traitement des images : plus superficielles quand on est dans le rêve et naturelles, vives quand on est dans la réalité. Une attention particulière a également été accordée au son.

Une page qui se tourne, l’avenir qui s’ouvre

Du Soufre à l’encens, les sentiments est le projet de fin d’études de Renaud Lefevre, qui lui a valu le prix du meilleur film et du meilleur son, prix décernés chaque année par l’école.

« J’avais vraiment envie de faire ce projet de fin d’école. La partie que je préfère c’est vraiment le tournage. Le moment où ça se concrétise, où il faut trouver des nouvelles choses parce que ça ne va pas vraiment avec ce qu’on avait imaginé. »

Pour concrétiser ce projet, il a su s’entourer d’une équipe soudée, tous de l’ESRA composée au fur et à mesure de ses trois années d’études.

Avant cela, il a réalisé et écrit quatre autres court-métrages, dont deux qui sont des projets hors-école avec Kuiv productions. Il vient également de travailler comme 3ème assistant réalisateur sur le prochain film d’Alexandre Arcady. Un beau début de parcours d’autant plus apprécié qu’il n’avait pas du tout commencé ses études par le cinéma mais par le commerce, plutôt pour rassurer ses parents que par vocation.

Aujourd’hui, diplômé de l’ESRA, Renaud Lefevre souhaite, à terme,  devenir auteur-réalisateur. Mais il reste lucide sur ce métier : il reconnaît qu’il débute seulement sa carrière et qu’il n’a peut-être pas encore les compétences nécessaires ni la confiance des professionnels du secteur. C’est pourquoi il compte tout d’abord faire ses armes en tant qu’assistant réalisateur. En parallèle il travaille sur son propre projet de long métrage et va bientôt tourner le court-métrage qui en est inspiré afin de chercher des financements. La route est encore longue mais comme il le dit lui-même : « C’est assez excitant d’avoir ce but-là, même passionnant. »

Vous pourrez retrouver tous les court-métrages du festival ICI&DEMAIN au cours de différentes projections entre le 10 et le 14 mars.

PROJECTIONS :

le 10 mars au Forum des images à 19h
le 12 mars à La loge à 21h
le 13 mars au cinéma Le Lucernaire à 11h
le 13 mars à
la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h
le 14 mars à
la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h30

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Publié: 18 mars 2010

A.M.O.R.(T) : et vous, vous en pensez quoi de l’Amour ?

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« Qu’est-ce que l’amour ? Comment bien faire pour que ça fonctionne ? Pourquoi ça finit ? La fidélité est-elle importante ? » Autant de questions que nous nous posons tous, et encore plus quand on a 25 ans.

La compagnie Sous l’écorce nous amène, avec humour et émotions, au coeur d’une introspection sur ce que représente l’amour quand on a 25 ans, et fait un état des lieux des doutes et questions qui s’y rapportent.

Et pour vous, c’est quoi l’Amour ?

Basée sur une série d’une vingtaine d’interviews réalisées auprès de jeunes de 25 ans environ, A.M.O.R.(T) pourrait être une mise en scène originale et rythmée d’une étude sociologique sur les jeunes et leur représentation de l’amour.
L’amour est une source de questionnements pour tous. On se reconnaîtra donc dans chaque moment et chaque personnage de la pièce qui, si elle ne nous donne pas vraiment de réponse, ce qui serait un peu ambitieux, nous rassure sur le fait que nous ne sommes pas les seuls à nous interroger.
C’est d’ailleurs ce pourquoi Nina Chataignier, metteur en scène de la pièce, a choisi ce thème : « L’amour est un sujet difficile et qui peut vite être banal, c’est pour ça que j’ai choisi une cible précise. J’avais envie de parler de ma génération. Et puis moi je me posais des questions et  j’avais envie d’aller voir les autres pour vérifier que je n’étais pas la seule à penser ça.»

Une pièce rythmée, à la fois drôle et sensible

Le souhait du metteur en scène : « Le public doit être en éveil tout au long du spectacle ». C’est pourquoi on assiste à une alternance de monologues reprenant les propos des interviews, de passages en mouvements et de séquences muettes. « Le rythme est enlevé, le jeu exagéré à la manière du cinéma muet. Le corps est sans cesse soumis aux im(pulsions) et énergies contraires : Attirer et repousser, vouloir se remplir, se retenir, donner et recevoir. Ces séquences sont le fil conducteur du spectacle où comique et émotions s’entremêlent. » De temps en temps, Ursula, personnage récurrent et haut en couleurs, nous retrouve pour nous donner des « leçons d’amour ».

D’un projet personnel …

Nina Chataignier,25 ans, en Master 2 Mise en scène et dramaturgie à Paris 10 , étudie le théâtre depuis le lycée. En parallèle de l’université, elle commence à se frotter de plus près à la mise en scène, tout d’abord en tant qu’assistante auprès de Nicolas Liautard, Clément Poirée et David Bobéeau. Elle monte ensuite elle-même deux pièces avec sa compagnie : Compagnie sous l’écorce, créée en 2005 : L’Inattendu ( de Fabrice Melquiot) et Chair Amour (de Victor Haïm).
Après ces deux projets, de mise en scène de textes existants, elle veut se lancer dans quelque chose de plus personnel : « C’est une autre étape pour moi, j’avais envie cette fois-ci de prendre un peu plus de risques, de développer mon univers à moi en créant un spectacle fragmentaire, à partir de paroles collectées, du corps et de la personnalité des acteurs ».
Son univers, on le découvre donc à travers cette pièce, elle aime notamment que le théâtre soit charnel, qu’il y ait du corps. On y retrouve aussi ses influences, que ce soit tg STAN, compagnie belge qui travaille sur la cassure de l’illusion, N.Liautard et et son travail sur la pantomime ou le côté burlesque de Chaplin. L’interview et le mouvement sont des aussi des pistes importantes qu’elle souhaite explorer de plus en plus.

Le choix du sujet est lui aussi très personnel, partant de ses propres interrogations. Elle va donc aller explorer les questionnements et les doutes des autres, voir si elle s’y retrouve. Elle souhaitait mettre en scène toutes ces hésitations qu’on peut avoir vis-à-vis de l’amour quand on a 25 ans . « Pour ma génération, l’amour et le couple, c’est peut-être le dernier pari que l’on fait encore sans revoir nos exigences à la baisse. »

… à une création collective

Tout commence par les interviews auxquelles les comédiens eux-mêmes participent. Après avoir rassemblé toutes ces citations, Nina a travaillé avec les acteurs sur la « mémoire » : « J’ai initié le travail par une sollicitation de la mémoire. Quels souvenirs gardions-nous des témoignages ? Qu’est ce qui faisait échos à nos questionnements personnels ? Qu’est ce qui nous avait touchés, surpris ? » À partir de là, chaque comédien a fait son propre monologue. Les propos recueillis deviennent donc les textes de la pièce, complétés par le travail de Nina Chataignier et d’Aurore Jacob qui a collaboré à l’écriture. Les séquences en mouvements aussi sont le fruit d’un travail collectif, nées d’improvisations. Le groupe travaille donc ensemble sur l’élaboration et le montage des différents fragments de la pièce. C’était un souhait de Nina : faire une œuvre collective, enrichie de contributions extérieures, de contributions des acteurs et même du public. « Je voulais proposer un vrai temps d’expérimentation, de recherche et d’invention, sur le plateau à partir du vivant, des acteurs. »

Au final, A.M.O.R.(T) retrace par la mise en lumière de ces questionnements sur l’amour, les différentes étapes qui le constituent. Par là-même, la pièce nous fait nous interroger, et nous interroge même directement  laissant une place aussi à l’interaction avec le public. Mais sur cette partie-là on ne vous dévoilera rien, c’est plus drôle si vous ne savez pas…

Les artistes :
Compagnie Sous l’Ecorce.
Metteur en scène et interprète : Nina CHATAIGNIER, 25 ans (M2 Mise en Scène et Dramaturgie à l’Université Paris 10).
Interprètes : Armelle ABIBOU, 23 ans (Etudes à l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique), Christine ARMANGER, 25 ans (L3 Art du Spectacle à l’Université de Caen), Pascaline BAUMARD, 25 ans (L3 Art du Spectacle à l’Université Censier Daubenton), Rémi DEULCEUX, 24 ans (M1 Mise en Scène et Dramaturgie à l’Université Paris 10), Valérie DONTENWILLE, 25 ans (Etudes à l’Université Censier Daubenton), Stine Thilde ELROND, 34 ans, Michael SCAL, 29 ans et Jonathan SEMO, 27 ans.


Prochaines dates : au Théâtre du temps, les 22,23,24,26,29,30 et 31 mai et le 1er juin.

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Publié: 17 mars 2010

We were evergreen : mélancolie colorée

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We were evergreen, c’est un peu une bonne résolution qui aurait été plus que tenue : il y a deux ans, Michael a décidé de faire partager ses créations avec le public. Il a invité Fabienne à le rejoindre dans cette aventure, puis William est venu leur apporter sa rythmique. C’est ainsi qu’est né le groupe de pop qui se produira deux fois lors du festival.

Tenir ses résolutions

Nous sommes le 1e janvier 2008 et Michael, étudiant en musicologie à Paris IV (actuellement en M1 Administration et gestion de la musique), écrit et compose des chansons depuis quelques temps déjà.
En cette journée de bonnes résolutions, il décide que ça serait bien de les faire découvrir au public. Il se crée une page sur MySpace et y charge ses chansons. Fabienne, avec qui il était en prépa et prenait des cours de théâtre à ce moment-là, a écouté les morceaux et s’est joint à lui au piano pendant que le jeune homme était à la guitare et, de temps à autres, à la batterie. Très vite, tous les deux ont joué dans des bars et la nécessité d’un batteur percussionniste s’est fait sentir. William, qui prenait des cours de percus avec Fabienne, les a rejoint sur certaines dates puis à temps plein. Il passe d’ailleurs cette année son prix au Conservatoire de Paris, en percussions. C’est aussi lui qui est à l’origine des samples utilisés dans les compos du groupe et, en plus, il est multi-instrumentiste (percussions donc, batterie, guitare, basse, piano). Fabienne quant à elle a eu son master de lettres l’an dernier et vient de passer les épreuves du CAPES. Elle fait de la musique (piano) depuis son plus jeune âge et a étudié les percussions pendant 10 ans.
« Evergreen », en anglais, se sont les arbres à feuilles persistantes. Michael aimait ce qu’évoque ce mot, c’est donc tout naturellement que le groupe s’appelle comme ça. Finalement, « we were » a été ajouté au nom d’origine. Pour y amener de la poésie, en faire une phrase, y adjoindre un petit air de nostalgie, avoir trois mots et donc parler de trio dès le nom du groupe. Michael reconnait toutefois que c’est joli mais un peu compliqué à prononcer !

De la pop née dans les bars

Muni de ses premières compositions, le groupe joue donc dès 2008 dans les bars. Michael continue a écrire et composer et les deux autres participent aux arrangements finaux des morceaux, chacun ajoutant sa touche à la musique de We were evergreen. Pour Fabienne, cette touche est souvent l’ajout de sa voix en support de celle du compositeur-guitariste.
Une des particularités musicales du groupe est de retravailler leurs morceaux en fonction des lieux dans lesquels ils jouent, entre autres pour des raisons techniques – faire rentrer un piano dans un bar, ça peut parfois être dur ! Les chansons ne sont donc jamais définitivement posées et évoluent continuellement.
Ces évolutions sont aussi influencées par leurs goûts personnels en tant qu’auditeurs : les Beattles restent leur point de convergence, tout comme la pop des années 1960 avec les Beach Boys ou Simon & Garfunkel. Michael écoute beaucoup de pop-rock « classique » mais aussi Beirout ou The Shins, William est très branché électro et pop-rock français, Fabienne écoute du jazz instrumental, de la world, les Clash et les Doors. Ce sont ces artistes réunis qui donnent la pop dansante du groupe.
D’ailleurs, le contraste est étonnant entre le côté entrainant de leur musique et les textes. Ceux-ci ne sont jamais très sérieux mais sont souvent mélancoliques. Inspirés de leurs vies de jeunes adultes, ils parlent de départs, de l’oubli, du souvenir. Mais WWE a aussi des textes plus fantaisistes voire absurdes comme Penguins & Moonboots qui n’est qu’une liste de choses que Michael aime. En fait, le groupe compare ses textes à des contes…

EP et toy-pop

Le groupe ayant commencé à jouer live dès sa création, les premières maquettes se sont faites tout aussi vite. Dès juillet 2008, avant l’intégration définitive de William, Fabienne et Michael enregistrent quelques titres, à grands renforts de multiples instruments et bruitages. Mais, problème, en live il leur est impossible de reproduire les même sons – c’est vrai que l’éponge grattée sur un évier, c’est un peu complexe à mettre en œuvre dans une salle de concert !
Mais le groupe apprend et ne reproduit pas la chose quand il enregistre en studio, en décembre dernier, un EP subventionné par une bourse Paris Jeunes Talents obtenue en juillet et par le FSDIE de Paris IV.
Cet EP de 6 titres a été enregistré en deux semaines, la pochette a été créée par un studio aux idées aussi colorées que le groupe et il est en vente à tous leurs concerts. Il sera aussi prochainement distribué sur les plateformes de téléchargement et autres Deezer (via Because).
Musicalement, le groupe fait très attention à ne pas répéter toujours le même shéma, même si celui-ci fonctionne. C’est surtout William qui veille là-dessus, de par son oreille professionnelle et ses nombreuses connaissances, tant classiques que contemporaines.
C’est aussi pourquoi le groupe relativise son attachement au courant « toy-pop ».
La toy-pop, c’est faire de la musique avec des instruments qui sont à l’origine des jouets : des petites percus, un toy-piano, un très petit clavier, un ukulélé,… dans le cas des We were evergreen. En fait, ce mouvement cherche juste à rendre la musique plus ludique. Et c’est là que les membres du groupe se rattachent au courant. Quand ils décrivent leur musique, ce sont les mots « ludique, mélancolique, plaisir, joie, petit, coloré, vert espoir, rythmé » qui viennent. Un joli résumé du mouvement…

Du carton et des pingouins

L’an dernier, Fabienne et William avaient créé des musiques d’ambiance pour la Nuit de la création étudiante à la Maison des Initiatives Etudiantes (MIE), avec une association dont ils font partie. Ils ont donc voulu que le groupe tente sa chance cette année car l’aspect pluridisciplinaire du festival leur a plu. C’est d’ailleurs un esprit qu’ils aiment et qu’ils vont mettre en scène lors de leur concert du 18 mars à Cardin, pour la Nuit de la création étudiante de cette année.
Le festival, c’est pour eux l’occasion d’avoir accès à des salles différentes de leurs lieux de production habituels :
- le 16 mars ils jouent au grand foyer du Théâtre du Châtelet pour un concert acoustique façon « concert dans un lieu atypique » et ambiance intimiste ;

- le 18 mars, ça se passera à Cardin pour un concert mis en scène et en lumières, devant 600 personnes et dans l’esprit de leur clip. C’est d’ailleurs l’équipe qui a réalisé la déco du clip, Nathaniel H’limi et Doriane Ayxandri, qui a créé la scéno de cette date (scéno financée par le FSDIE de Paris IV et une bourse CROUS Culture-ActionS).

Un été au vert

Après le festival, le groupe a diverses dates prévues en bars mais aussi au Théâtre de la Reine Blanche, pour continuer dans la veine de ce qu’ils auront fait durant le festival.
Pour cet été, ils sont en train d’organiser une « tournée des espaces verts de Paris » qu’ils comptent bien exporter dans le Sud d’origine des membres masculins du groupe.
Autre projet à venir : un deuxième clip, peut-être pour Eighteen, « mais ça n’est pas encore arrêté »…

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Publié: 16 mars 2010

Rencontre avec Yann Migoubert, responsable culturel de l’Université Paris-Sorbonne.

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Depuis plusieurs années maintenant, les universités sont partenaires du festival ICI&DEMAIN. De quelle nature est ce partenariat ? Quel sens lui donnez-vous ?

Le Festival ICI&DEMAIN est devenu un rendez-vous incontournable de la culture parisienne étudiante. En tant que représentant culturel de l’université Paris-Sorbonne, je suis fier d’avoir collaboré à ce succès. Au début de cette aventure, l’université accueillait un certain nombre de manifestations artistiques du festival ; cette initiative comportait un avantage : montrer à nos étudiants les productions étudiantes d’autres universités. Mais cela comportait aussi un double inconvénient : d’une part, nous n’avions pas toujours les infrastructures techniques et le personnel appropriés et, d’autre part, le festival n’était pas assez tourné vers le public parisien non étudiant. Aujourd’hui que le festival se produit dans des salles parisiennes prestigieuses, les services culturels expertisent les projets étudiants et incitent les meilleurs à participer au festival ICI&DEMAIN dans l’idée qu’ils pourront jouer dans des lieux de renom et dans l’espoir qu’ils remporteront un prix valorisant à la fois leur talent et leur université de rattachement. C’est aussi pour cette raison que j’aimerais voir davantage mise en valeur sur les supports de communication l’université de rattachement de chaque projet…

Le festival a pour objectif de montrer au grand public la force de la créativité étudiante quand celle-ci a les moyens de l’accomplir. C’est également un des rôles que se donne le service culturel des universités. A votre avis, ce festival représente-t-il un bon moyen « d’exporter » ce qui se fabrique dans les universités ou chez soi ?

Oui, incontestablement, le festival est une chance pour les étudiants qui, bien souvent, n’en reviennent pas d’être pris, pour une fois, au sérieux. Les lieux qui les accueillent ont des exigences professionnelles qui les responsabilisent. De plus c’est l’occasion pour eux d’être évalués par un jury de professionnels et de montrer leur talent à un public parisien parmi lequel se cachent parfois des programmateurs potentiels. Autant que faire se peut nous essayons de fournir à nos étudiants des lieux de répétitions et de performances tout au long de l’année car leur activité rejaillit sur la vie étudiante.

En tant que responsable du service culturel de l’université Paris Sorbonne, comment définiriez-vous l’expression artistique des étudiants ? Est-elle impertinente, enragée, engagée ? Est-elle joyeuse, triste, décalée ? Estimez-vous que la programmation du festival retranscrive cette « insolence » artistique ?

Pour mon service qui programme par année universitaire plus d’une centaine de manifestations culturelles très majoritairement étudiantes, je porte un regard plus distancié sur l’expression artistique étudiante. Ce que nous apprécions avant tout, c’est la qualité de l’engagement, l’énergie mise au service d’un projet. Ensuite, certains projets sont effectivement impertinents mais, plus souvent encore, ils sont simplement « originaux », c’est-à-dire que leur expérience universitaire et le fait de se produire dans un cadre non commercial leur donnent une liberté de création et une saveur que l’on ne rencontre pas ailleurs. C’est aussi ce qui fait qu’au-delà de l’alternative joie/tristesse, je vois d’abord dans la création étudiante une « énergie décalée ». Cela étant, je trouve la programmation de cette année particulièrement « impertinente » avec des artistes comme The sex mex ou l’université du Bazart.

Bastien Lucas est le lauréat de l’édition 2009 du festival ICI&DEMAIN. Et cette année encore, les couleurs de votre université sont largement représentées…
Pensez-vous que ce type de festival constitue un bon tremplin pour les étudiants sélectionnés ?

L’université Paris-Sorbonne a été particulièrement fière de la victoire de Bastien Lucas qui est un étudiant au talent immense. C’est la découverte et le soutien de personnes comme lui qui font toute la noblesse d’un service culturel comme le mien. Se dire qu’à tout moment va frapper à notre porte quelqu’un qui va vous éblouir et que vous allez avoir envie de soutenir de toutes vos forces. Les étudiants sont les talents de demain. Des universités comme la nôtre (plus de 25000 étudiants) ont un potentiel énorme mais encore sous-exploité. Le jour où nous aurons compris que l’université façonne un esprit mais peut aussi contribuer à épanouir une personnalité, on considérera peut-être différemment le monde étudiant et le rôle de l’université. C’est je crois ce « credo » que nous partageons avec la Maison des initiatives étudiantes. Et le festival ICI&DEMAIN est un excellent tremplin pour découvrir ces talents de demain.

Maintenant, dans l’idée des Dionysies de l’Antiquité, le festival est aussi, ce qui fait son charme, un concours. Il y aura donc des gagnants et des perdants mais tous auront, je pense et je l’espère, vécu une expérience unique. J’en profite pour souhaiter bonne chance au groupe Evergreen qui, à l’instar de Bastien Lucas, a su vraiment nous séduire par son style novateur et, pour le coup, sa joie de vivre ! Bonne chance à tous que les meilleurs gagnent !

1. Depuis plusieurs années maintenant, les universités sont partenaires du festival ICI&DEMAIN. De quelle nature est ce partenariat ? Quel sens lui donnez-vous ?

Le Festival ICI&DEMAIN est devenu un rendez-vous incontournable de la culture parisienne étudiante. En tant que représentant culturel de l’université Paris-Sorbonne, je suis fier d’avoir collaboré à ce succès. Au début de cette aventure, l’université accueillait un certain nombre de manifestations artistiques du festival ; cette initiative comportait un avantage : montrer à nos étudiants les productions étudiantes d’autres universités. Mais cela comportait aussi un double inconvénient : d’une part, nous n’avions pas toujours les infrastructures techniques et le personnel appropriés et, d’autre part, le festival n’était pas assez tourné vers le public parisien non étudiant. Aujourd’hui que le festival se produit dans des salles parisiennes prestigieuses, les services culturels expertisent les projets étudiants et incitent les meilleurs à participer au festival ICI&DEMAIN dans l’idée qu’ils pourront jouer dans des lieux de renom et dans l’espoir qu’ils remporteront un prix valorisant à la fois leur talent et leur université de rattachement. C’est aussi pour cette raison que j’aimerais voir davantage mise en valeur sur les supports de communication l’université de rattachement de chaque projet…
2. Le festival a pour objectif de montrer au grand public la force de la créativité étudiante quand celle-ci a les moyens de l'accomplir. C'est également un des rôles que se donne le service culturel des universités.
A votre avis, ce festival représente-t-il un bon moyen "d'exporter" ce qui se fabrique dans les universités ou chez soi ?

Oui, incontestablement, le festival est une chance pour les étudiants qui, bien souvent, n’en reviennent pas d’être pris, pour une fois, au sérieux. Les lieux qui les accueillent ont des exigences professionnelles qui les responsabilisent. De plus c’est l’occasion pour eux d’être évalués par un jury de professionnels et de montrer leur talent à un public parisien parmi lequel se cachent parfois des programmateurs potentiels. Autant que faire se peut nous essayons de fournir à nos étudiants des lieux de répétitions et de performances tout au long de l’année car leur activité rejaillit sur la vie étudiante.
3. En tant que responsable du service culturel de l'université Paris Sorbonne, comment définiriez-vous l'expression artistique des étudiants ? Est-elle impertinente, enragée, engagée ? Est-elle joyeuse, triste, décalée ?
Estimez-vous que la programmation du festival retranscrive cette "insolence" artistique ?

Pour mon service qui programme par année universitaire plus d’une centaine de manifestations culturelles très majoritairement étudiantes, je porte un regard plus distancié sur l’expression artistique étudiante. Ce que nous apprécions avant tout, c’est la qualité de l’engagement, l’énergie mise au service d’un projet. Ensuite, certains projets sont effectivement impertinents mais, plus souvent encore, ils sont simplement « originaux », c’est-à-dire que leur expérience universitaire et le fait de se produire dans un cadre non commercial leur donnent une liberté de création et une saveur que l’on ne rencontre pas ailleurs. C’est aussi ce qui fait qu’au-delà de l’alternative joie/tristesse, je vois d’abord dans la création étudiante une « énergie décalée ». Cela étant, je trouve la programmation de cette année particulièrement « impertinente » avec des artistes comme The sex mex ou l’université du Bazart.
4. Bastien Lucas est le lauréat de l'édition 2009 du festival ICI&DEMAIN. Et cette année encore, les couleurs de votre université sont largement représentées...
Pensez-vous que ce type de festival constitue un bon tremplin pour les étudiants sélectionnés ?
L’université Paris-Sorbonne a été particulièrement fière de la victoire de Bastien Lucas qui est un étudiant au talent immense. C’est la découverte et le soutien de personnes comme lui qui font toute la noblesse d’un service culturel comme le mien. Se dire qu’à tout moment va frapper à notre porte quelqu’un qui va vous éblouir et que vous allez avoir envie de soutenir de toutes vos forces. Les étudiants sont les talents de demain. Des universités comme la nôtre (plus de 25000 étudiants) ont un potentiel énorme mais encore sous-exploité. Le jour où nous aurons compris que l’université façonne un esprit mais peut aussi contribuer à épanouir une personnalité, on considérera peut-être différemment le monde étudiant et le rôle de l’université. C’est je crois ce « credo » que nous partageons avec la Maison des initiatives étudiantes. Et le festival ICI&DEMAIN est un excellent tremplin pour découvrir ces talents de demain.
Maintenant, dans l’idée des Dionysies de l’Antiquité, le festival est aussi, ce qui fait son charme, un concours. Il y aura donc des gagnants et des perdants mais tous auront, je pense et je l’espère, vécu une expérience unique. J’en profite pour souhaiter bonne chance au groupe Evergreen qui, à l’instar de Bastien Lucas, a su vraiment nous séduire par son style novateur et, pour le coup, sa joie de vivre ! Bonne chance à tous que les meilleurs gagnent !

Publié: 14 mars 2010

Court métrage « Les Nuits de Blanche » : rencontre avec le réalisateur

blanche

Blanche, c’est l’histoire d’une jeune fille qui a un amant pour chaque jour. Ses amants, elle les garde précieusement, dans une valise…
Blanche, c’est un court-métrage comme on aimerait en voir plus souvent : léger, ludique, très bien joué et même avec des effets spéciaux.
Nous avons rencontré le réalisateur : Pierre Mazingarbe.

Rencontre avec l’étudiant :

Pierre est étudiant en cinéma d’animation aux Arts Déco. Blanche est son premier court-métrage. Il a déjà travaillé sur d’autres projets auparavant avec le collectif Babouchka auquel il appartient : un collectif créé et composé d’étudiants de l’ENSAD. Il fait aussi beaucoup de dessin et de la pixilation (comme le stop motion mais avec des photos d’êtres humains). En plus de ses études et de ce premier court, Pierre travaille déjà sur des projets à venir :
« Je travaille sur une mini-série avec Damien Houssier, l’acteur qui joue le « lundi » dans le film. Blanche est repris par une boîte de prod, Ferris et Brockman, pour la post-production et l’envoi du film dans les festivals. Dans cette boîte de prod, j’ai aussi mon prochain court sur l’avortement : Les Poissons préfèrent l’eau du bain. Et il y a aussi un autre court à venir : Les Témoins. Ce sont des projets que je fais totalement en dehors des Arts Déco et pour le côté scolaire, j’écris un mémoire sur le cinéma ludique, comment jouer avec le spectateur. »

Rencontre avec le réalisateur :

« Pour la genèse de Blanche, j’étais jury au festival de Clermont-Ferrand en janvier et c’est là que j’ai rencontré Géraldine , je l’avais vue jouer dans un court-métrage. Elle sortait du conservatoire de Paris et c’est elle qui m’a donné les contacts de tous les « amants » du film. Ce sont des gens qui viennent du théâtre, qui sont passés dans les mains de Mesguich ou de grands, qui ont beaucoup de technique. C’est vraiment intéressant, comme j’aime travailler en plan séquence ça ne leur fait pas peur d’enchaîner 3 minutes. »

Comment t’es venue l’idée de ce film ?

«  D’une part je voulais vraiment travailler avec des personnages féminins, un film qui ne traite pas de la féminité en tant que premier thème du film. Dès que les femmes ont un rôle principal, ce sont soit des putes, soit c’est des mères, soit c’est des espèces de trucs un peu virils. J’ai pris le contrepoint de la figure du sultan et de son harem. On se retrouve donc avec une fille et plein de gars. Après ça m’a donné des idées visuelles.
En dessin je travaille beaucoup sur les échelles et je voulais travailler avec des gens petits, avec des effets spéciaux. Comme je viens de l’animation, incruster quelque chose à un fond vert, techniquement, c’est le b.a.-ba chez nous. Avec cette maîtrise technique, tu sais qu’au niveau du scénario tu ne vas pas te brider.

Après il faut faire attention à ne pas faire qu’un cinéma d’idées et que ce soit pertinent. Il y a des gens qui vont te dire : le cinéma c’est une question de points de vue. Dans le film quand ça se passe dans la valise on n’a que des plans fixes, ça donne un côté un peu maquette et les couleurs sont assez sombres, ternes. A l’opposé chez Blanche on est toujours caméra à l’épaule, il y a des focales longues, des grands angles, c’est plus doux, c’est duveteux, il y a plein de lumière chez elle. On ne s’en rend pas forcément compte, c’est des trucs qi durent un quart de seconde, mais c’est ce qui fait que l’opposition marche entre les deux.

Et puis pour finir il y a aussi l’idée de domination qui m’intéresse beaucoup. Donc j’ai rassemblé tout ça !

C’était mon premier film et j’étais hyper stressé. Jai pu le faire aussi parce que le chef opérateur Pierre Edelmann  m’a vraiment soutenu, il est arrivé avec son équipe, pareil pour Géraldine. Ce sont des vrais professionnels, qui bossent sur des gros projets.

Qu’est-ce que ça fait de travailler directement avec des pro comme ça ?

« C’est à la fois flippant et porteur. Tu as toutes les équipes techniques, les mecs sont à un tournage par semaine. Les deux premiers jours tu te fais vraiment juger. Surtout qu’il y en a qui ont fait une école de cinéma contrairement à moi. Après une semaine de tournage tu es plus à l’aise. Mais tu doutes tout le temps. Tu peux regarder des Audiard et adorer ce qui se fait au cinéma, ça ne veut pas dire que tu seras bon. Tu dois garder la tête froide. »

Ce que tu as particulièrement aimé dans la réalisation du projet ?

«  Le travail que je fais avec les acteurs. Je retravaille le texte avec eux. S’il y a des trucs qui ne passent pas, ils me le disent. La direction d’acteurs, c’est compliqué car tu as ce que l’acteur te propose et ce que toi tu veux et il faut passer 10 minutes à réfléchir pour trouver quels mots sont justes pour passer de l’un à l’autre. Ce n’est qu’une histoire de communication et d’écoute et c’est important que l’acteur puisse avoir un maximum de latitude. »

Qu’est-ce qui a été le plus dur pour toi sur un projet comme celui de Blanche ?

« C’est d’y croire sur la longueur. Au total entre l’idée et le montage ça a duré un an et demi, sachant que c’est mon premier court-métrage, une semaine de tournage et 4 jours de montage. Le plus dur c’est donc de tenir ton idée sur la longueur car c’est un travail extrêmement solitaire, tu as au final 5% de tournage.Il y a une volonté de ma part de toujours rester sur un ton léger. Même mon prochain film qui parle d’avortement doit être marrant, aura une légèreté de ton. C’est d’autant plus important quand on traite de choses dures parce que ça va permettre d’interroger les gens.

C’est donc important de ne pas se censurer au niveau du scénario, mais aussi de faire des films divertissants. Il ne faut pas nier que le cinéma est une industrie. Il faut réussir à faire un film qui a plein de niveaux de lecture : qui plaise aussi bien à ton prof de philo qui adore les films hyper chiants qu’à tes cousins qui aiment Bienvenue chez le Ch’tis. »

Rencontre avec le cinéphile :

« J’essaie d’être un peu curieux sur tout mais je suis assez classique, les gros réalisateurs pour moi c’est : Lynch, Almodovar et Haneke. J’adore le cinéma coréen : Park Chan-Wook qui a fait Thirst, ceci est mon sang. En France c’est Audiard. J’aime bien aussi Honoré et tous les trucs musicaux : les Tony Gatlif et Kustirica. J’adore aussi Le Sourire de ma mère de Marco Bellocchio. Après je ne suis pas complètement fan de tel ou tel réalisateur. Il y des trucs que t’admires mais finalement il n’y a pas un truc qui satisfait totalement. C’est pour ça que tu fais des films. »

PROJECTIONS :

le 10 mars au Forum des images à 19h
le 12 mars à La loge à 21h
le 13 mars au cinéma Le Lucernaire à 11h
le 13 mars à la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h
le 14 mars à la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h30

Article publié par mini-logo-etudiantdeparis

Publié: 12 mars 2010

Jamasta : du concentré de bonne humeur

jamasta2

Oh le joli mois de mars : on a mauvaise mine, on n’a pas la pêche, on est déprimés, on est fatigués, on a le moral dans les chaussettes ! Et bien nous vous avons trouvé un remède à tout ça : Jamasta ! Mais qu’est-ce que c’est ?
La première solution anti-déprime hivernale, 100% naturelle et 100% gratuite !
Un concentré de bonne humeur en musique !
Alors courrez-y ! Ils jouent à l’occasion du festival ICI&DEMAIN les 5 et 12 mars.

Première rencontre, dans une cave

Après avoir visionné leur vidéo sur myspace , étant missionnée par etudiantdeparis.fr pour faire un article sur eux, j’ai décidé d’aller les interviewer afin d’en savoir un peu plus sur ce groupe peu banal et haut en couleurs.

C’est donc dans le sous-sol d’un immeuble, au bout d’un long couloir menant à une toute petite cave que je les ai rencontrés.  Bon dit comme ça, c’est peu engageant, on aurait même un peu peur. Et là c’est tout l’inverse. Je rencontre 7 musiciens passionnés et découvre l’univers magique de Jamasta, un pur concentré de bonheur et de bonne humeur en musique.

Alors pour commencer, petite présentation du groupe, il y a :
Martin : 21 ans, trombone, étudiant en musicologie à Paris 8
Arnaud, 19 ans, clavier, étudiant en Histoire à Paris 4
Lucas, 20 ans, DJ, étudiant en cinéma – son à l’école 3IS
Guillaume, 22 ans, saxophone et chant, étudiant en médecine à Paris 5
Erwan (prononcez « V » et non « W », merci pour lui), 20 ans, batterie, étudiant en postproduction à l’école CifacomSami, 19 ans, basse, étudiant en droit à Paris 1,
Léo, 21 ans, guitare et chant,  étudiant à l’école 3IS

Leur histoire est un peu à l’image de leur musique : une base à laquelle ils ajoutent d’autres éléments, d’autres genres, et voyant que ça fonctionne bien, ils continuent. Au début, il y a Erwan, Léo et Sami, qui montent un groupe plutôt orienté rock. Ensuite c’est au fil des rencontres que le groupe va vraiment se former, notamment avec l’intégration du saxo en 2007 qui donne une autre tonalité aux morceaux. « On a vu que ça donnait plus de pêche, plus de mouvement ». Après l’intégration du DJ et du clavier, les derniers à être arrivés sont Martin et son trombone, il y a quelques mois.

Le nom, c’est une trouvaille d’Erwan, une référence aux « Jam sessions », un nom qui leur va comme un gant.

Du reggae / ska en passant par le rock, le hip-hop, le jazz, le rap… à Jamasta

Difficile de présenter Jamasta en une phrase, en un genre. La richesse de leur musique c’est ce melting-pot créé par leurs différentes origines musicales et leurs influences multiples : « on écoute tous de tout, donc si on peut en jouer, on va en jouer ».

Mais ils ont tout de même essayé, pour vous, de se résumer en quelques mots :

« on essaie de suivre une ligne directrice qui tire plutôt vers le ska et le reggae et après on n’hésite pas à rajouter d’autres choses ». En partant du reggae ou du ska plus classique, ils s’inspirent du jazz, du hip-hop, se sentent aussi proches de groupes du style de Caravane Palace ou Hocus pocus, « des groupes assez nouveaux qui nous influencent aussi pas mal » même si au final : ils ont leur style bien à eux. Leur musique est en évolution perpétuelle : ils s’intéressent à plusieurs mouvements, tentent des « expériences musicales », des mix avec de nouveaux genres musicaux, comme le rap dernièrement.

Les morceaux, tous très rythmés, sont des compositions originales, ou parfois des reprises réarrangées, fruit d’un travail collectif : « chacun amène des mélodies qu’il trouve ou des paroles ».

Début de répèt’

Après l’interview, la répétition : au début ça ressemble un peu à un joyeux désordre. Martin ne sait pas où mettre son trombone. Arnaud réussit à s’asseoir dans un coin et case son clavier sur ses genoux. Erwan, lui, a sa place : derrière sa batterie. Ah tiens en voilà un 8ème qui arrive ! C’est Fonky Flav, un rappeur qui se joint à eux pour quelques morceaux. Ils me font une petite place au milieu de tout ça. Bref, après plusieurs minutes d’installation, ils peuvent enfin commencer à jouer. On oublie alors qu’on est serrés dans une cave minuscule, on se retrouve au milieu d’une grande fête, on en prend plein les oreilles. Le plus incroyable, et c’est là leur talent, c’est que ce mix d’instruments et de sonorités fonctionne à merveille, ça coule tout seul.

Maintenant j’attends la deuxième rencontre, sur scène cette fois. Et la scène, c’est leur truc. Ils se sont déjà produits à plusieurs reprises, entre autres à l’Abracadabar, au Cabaret Sauvage, pour le gala de l’université Paris 5 ou au festival « Paye ton forain » près de Lyon.

Ce qui les intéresse avant tout c’est de toucher le public, un public assez large, et de le rassembler autour de leur musique et leur bonne humeur.

Bon je crois que je vais arrêter là, car le mieux c’est encore de profiter du festival ICI&DEMAIN pour aller les voir :

Le 5 mars au point Ephémère à 20h30

Ou le 12 mars au Centre Fleury Goutte d’Or – Barbara à 20h30 avec en guest star Fonky Flav, le 8ème ! (voir détails ici)

Article publié par mini-logo-etudiantdeparis

Publié: 12 mars 2010

Le festival ICI&DEMAIN invité de l’émission ART’N'GO de Télésorbonne

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Pour sa quatrième édition, ART’N'GO squatte le Point Ephémère dans le cadre du festival ICI&DEMAIN.

Dans un des temples de la culture alternative parisienne, notre équipe s’est penchée sur le cas de Clément Le Disquay et Paul Canestraro, tous deux créateurs et chorégraphes du spectacle « Lève un peu les bras ». Loin de toute gymnastique méditative, ils revisitent l’espace scénique à coup de barre à mine, et montrent que la danse contemporaine peut se révéler tant survoltée que fascinante.

Se situant entre chanson traditionnelle mélodramatique et pop coréenne, les fées de « Lilt » poussent la chansonnette à notre berceau. Du coup, on a envie d’en savoir plus sur ces guerrières nordiques dont l’humour et la fraîcheur n’ont d’égal que la volupté de leurs titres inspirés.

On reviendra également sur la soirée d’ouverture au Théâtre Silvia Monfort, lancement de départ et bien sûr vous retrouverez des extraits lives des spectacles et des invités.

On se retrouve pour la prochaine enjoy !

Victor Pirlot de l’association Télésorbonne


ART’N'GO #4 SPECIAL ICI ET DEMAIN
envoyé par telesorbonne. – Regardez la dernière sélection musicale.

Publié: 12 mars 2010

Le festival ICI&DEMAIN invité de l’AMPHI de France Info

franceinfo

Chaque  mardi   Olivier Emond, journaliste à France Info se déplace dans une université ou une grande école afin de débattre avec des étudiants sur l’actualité de la semaine à partir de sujets qu’ils ont choisis.

« L’amphi de France Info » a lieu ce mardi  9 mars, à la Maison des initiatives étudiantes à Paris.

Des artistes produits dans le cadre du festival artistique étudiant ICI&DEMAIN étaient invités de l’émission : Javiera Hiault-Echeverria, qui expose à la galerie de la Maison des initiatives étudiantes jusqu’au 18 mars, et Michael Liot du groupe We Were Evergreen qui se produira au Théâtre du Châtelet le 16 mars et à l’Espace Pierre Cardin le 18 mars à l’occasion de la 4e Nuit de la création étudiante.

Organisée sous forme d’un débat de 30 minutes enregistré et filmé sur place, cette revue d’actualité de la semaine par les étudiants est mise en ligne sur le site www.france-info.com le jour même à 18h00.

Une sélection de  4  minutes est diffusée à l’antenne chaque mardi soir  soir à  22h26  (0h15) dans la session d’information animée par Olivier Emond.

« L’amphi de France Info »

Tous les  mardis  sur www.france-info.com

et sur France Info (22 h26  et 0h15)

L’Amphi de France Info à la Maison des Initiatives Etudiante
envoyé par FranceInfo. – L’info internationale vidéo.

Publié: 10 mars 2010

Collectif In Colors VJ’S : Video mapping sur l’Hôtel d’Albret

mapping

Mardi 9 mars, l’Hôtel d’Albret va se faire repeindre de vidéos mouvantes mixées sur de la techno expérimentale.
Rencontre avec Houcem et Elyes, les deux VJs qui seront les auteurs de cette performance.

De Tunis à Paris

L’Ecole des Beaux-Arts de Tunis est réputée pour sa formation riche. Ce qu’on sait moins, c’est qu’elle est aussi un lieu de rencontre pour artistes en devenir.
C’est donc là qu’Elyes et Houcem se sont rencontrés il y a quelques années, aux débuts de leurs études en arts graphiques pour le premier et en peinture pour le second. Ils ont toutefois été formés à bon nombre de techniques et se sont toujours intéressés à la photo et à la vidéo. Depuis qu’ils se connaissent, ils ont toujours travaillé en binôme, sous de multiples formes : « on a vécu beaucoup de choses ensemble, au sens création ».

Vers la fin de leurs études, ils ont participé à une soirée à l’école avec quatre autres amis, soirée où ils ont mixé de la vidéo. Ce fût leur première expérience de VJing.
Quelques temps plus tard, ils ont collaboré, via le centre culturel anglais de Tunis, avec des VJs britanniques. Le collectif auquel ils appartiennent, In Colors VJ’s, est né à ce moment-là, alors qu’ils commençaient à travailler en boite de nuit en parallèle.
Depuis, le collectif tourne et fonctionne selon les demandes et les projets. Ces membres ne se retrouvent jamais tous les six en même temps, d’autant plus qu’In Colors existe des deux côtés de la Méditerranée.

Une fois qu’Houcem décroche sa maitrise en arts plastiques spécialité peinture et qu’Elyes a son master d’arts graphiques orienté PAO en poche, tous deux décident de venir en France poursuivre leurs études : Houcem enchaine sur un DEA (l’ancêtre du M2) puis sur une thèse, en cours, sur la vidéo comme pratique artistique et le VJing en particulier à Paris I. Elyes, après un stage dans le domaine de l’édition, lui servant à valider son master tunisien, reprend ses études en cinéma à Paris 8 pour apprendre certains aspects techniques de la vidéo qu’il ne maitrisait pas encore comme, par exemple, tout ce qui a trait à la scénarisation.
Arrivés à Paris, il y a maintenant trois ans, les 2 VJs continuent comme à leur habitude à mixer en boite et c’est là qu’ils rencontrent Alex, aka DJ Soliman, qui est aussi organisateur de soirées. Soliman voulait « habiller visuellement » ses soirées, il a donc fait appel à eux et les a fait performer au Batofar, au Bus Palladium, à la Scène Bastille et à Glaz’Art, entre autres.
Pour Soliman, ce qui va se passer dans le Marais mardi prochain sera une expérience nouvelle car il s’est joint au collectif pour cette expérience en particulier mais aussi car la techno expérimentale qu’il va mixer live ce soir-là n’est pas tout à fait dans son registre habituel.

Produire et recycler

Quand on les interroge sur le VJing, cette pratique artistique datant du début des années 90 (époque préhistorique d’un point de vue technologique, où les VJs utilisaient des piles de magnétoscopes et des mélangeurs vidéos, mais pas encore de numérique), Elyes la définit comme suit : « le VJing c’est une représentation visuelle du son et du rythme. C’est mettre des images sur de la musique et non l’inverse ». Et Houcem d’ajouter, pour la note technique : « c’est du mixage vidéo en temps réel ».

La vidéo qu’ils mixent a diverses sources : VHS, Super 8, photo, 3D, dessins, diapos, animations,…
Ils produisent eux-mêmes beaucoup de ce matériel, par exemple, ils partent en trip photos et voient, en fonction du résultat, ce qu’ils peuvent utiliser.
Ils recyclent aussi certains matériaux, surtout vidéos, quand des passages les intéressent pour le mouvement et en tire une boucle vidéo. Le plus intéressant pour eux dans le VJing étant la notion de rythme. Certains éléments recyclés le sont aussi pour une couleur ou un graffiti. En bref, tout ce qui attire leurs yeux et qui peut être intéressant, diffusé en boucle. « Ce qui est génial avec la boucle, c’est que ça révèle ce que tu ne vois pas en visionnant la vidéo normalement. La boucle donne un autre sens. Elle décontextualise et déconstruit, elle donne une autre vie au matériel, elle l’emmène dans un autre univers. »
Par ailleurs, quand les deux VJs recyclent du matériel, ils y ajoutent des éléments, numériquement ou à la main, afin de se l’approprier encore plus.

Et le mapping vidéo dans tout ça ? Le mapping vidéo, c’est du VJing projeté sur un bâtiment. La différence fondamentale entre les deux pratiques est que le VJing est créé live alors que le mapping est scénarisé à l’avance. Par contre, des éléments sont ajoutés en live à ceux déjà prêts. Pour Elyes et Houcem, le mapping c’est l’évolution logique de leur travail via l’ajout d’un nouvel élément : l’architecture. « Quand on projette sur un mur, c’est juste un écran pour refléter l’image alors que pour le mapping vidéo, le bâtiment n’est plus simplement un écran, il devient lui-même un calque, une extension de la vidéo. Il interagit avec le produit final lui-même. Ca donne une autre lecture à l’architecture ».
ICI&DEMAIN leur donne l’occasion de réaliser une performance qui devrait nous faire voir un des grands et beaux hôtels particuliers du Marais d’un autre œil.

Le festival, et demain

Houcem et Elyes ont connu le festival par leur amie Kahena Sanaa, metteuse en scène du spectacle pluridisciplinaire « Je ne sais plus où j’en suis » programmé durant l’édition 2009. Houcem décide alors qu’il veut tenter de participer au festival suivant, « ICI&DEMAIN » devient même une des tâches inamovibles de sa to-do-list, stockée sur son téléphone portable.
Une semaine avant la date limite d’envoi des candidatures, le festival leur étant légèrement sorti de la tête jusqu’alors, ils remplissent finalement le dossier d’inscription après s’être enfermés quelques jours à travailler sur une démo, l’urgence éveillant leur créativité. Le dossier de candidature est finalement envoyé à la date limite mais il y a un souci avec La Poste… le DVD a toutefois été visionné de justesse… !

Les VJs ont ensuite commencé à discuter de la direction qu’ils souhaitaient prendre pour la performance du festival, entre autres quelles techniques ils allaient utiliser. Ils ont construit leur scénario et produit les éléments qu’ils vont utiliser. Pour ICI&DEMAIN, ils vont d’ailleurs utiliser des « gribouillages », afin de garder un côté plastique (dans le sens « arts plastiques ») à leur performance, afin de garder un rapport direct à la matière, même s’ils doivent scanner leurs travaux, l’intégralité de leurs rendus étant numérique.
Ils vont aussi prendre des photos, tenter des modifications et dessins en live, à la tablette graphique, enfin s’ils arrivent à en intégrer une à leur installation. Car techniquement, le projet est lourd pour eux, ils n’auraient d’ailleurs pas eu les moyens de réaliser une telle performance sans le festival. Ils vont projeter sur une surface de 15×16 mètres (Houcem est allé faire des relevés et a redessiné le plan de la façade pour l’occasion), avec une machinerie spécifique (3 PCs, 1 Mac et la console du DJ assemblés en réseau). Deux de leurs ordinateurs ne servent qu’à la projection : l’un diffuse les calques et l’autre fait la même chose et envoie son signal au premier. Du coup, ils peuvent travailler simultanément sur les deux et ainsi choisir sur le moment de projeter les rendus de l’une ou l’autre des machines.

Côté musique, le DJ va faire un set de musique électronique répétitive, « d’électro acoustique », qui va être la base rythmique des VJs pour la diffusion des images.
A noter qu’ils ont aussi une piste son dédiée sur la table de mixage du DJ, sur laquelle ils peuvent envoyer les sons de leurs vidéos mais aussi de leur banque sons, certains ayant été pris pour l’occasion, inspirés de la vie quotidienne (métro, rue, commerces,…).
Pour revenir au DJ, le signal numérique produit par sa musique est transféré aux ordinateurs de mixage vidéo. Ils sont équipés d’un programme qui peut caler la diffusion de leurs vidéos sur ce signal et qui peut être activé ou désactivé à loisir !

Dans l’avenir, les VJs voudraient pouvoir aller encore plus loin techniquement et artistiquement en mettant en scène leurs espaces de projection et en incluant d’autres techniques à leurs performances comme le light painting. « Il y a des idées, maintenant il faut trouver comment les réaliser ! »

Pour In Colors VJ’s : Houcem Boukef et Elyes Rebai
DJ : Alex Rubio aka DJ Soliman

Retrouvez leur prestation mardi 9 mars à 20h30 à l’Hôtel d’Albret, siège de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de  Paris – 31 rue des Francs-Bourgeois dans le 4e – Métro Saint-Paul-le-Marais.

Pour plus de détails, cliquez ici.

Photos de la performance (photos Sonia Musnier) :

Photos de la performance (photos Elodie Weber, etudiantdeparis.fr) :

Extrait vidéo de la performance par Télésorbonne :

Festival Ici & demain – 3 – mapping vidéo à l'hôtel d'Albret
envoyé par telesorbonne. – Plus de vie étudiante en vidéo.

Publié: 9 mars 2010