« Expressions idiomatiques » : quand la photo joue avec la langue

Benjamin Hélion et Anne Beaugée, tous deux âgés de 23 ans et étudiants aux Gobelins, ont présenté lors du festival ICI&DEMAIN 2009 une expo très amusante, où l’art et le jeu se mêlent. L’exposition »Expressions idiomatiques » illustre par la photographie les expressions imagées de la langue française, telles que « poser un lapin », « marcher sur des œufs » ou « casser du sucre sur le dos ».
L’exposition : « Expressions idiomatiques », par Benjamin Hélion et Anne Beaugée
« Se crêper le chignon », « Ne pas avoir la langue dans sa poche », « Avoir un chat dans la gorge »… Autant d’expressions très connues de la langue française mais qui, quand on les prend « au pied de la lettre » (autre expression imagée), ne veulent plus dire grand-chose.
L’exposition présente 40 photographies qui illustrent ces expressions avec humour et talent.
Portrait : Benjamin Hélion (étudiant aux Gobelins)
« J’ai toujours détesté l’emploi des expressions , c’est pour moi une marque primaire de manque d’imagination ». C’est ainsi que Benjamin a eu l’idée de jouer avec ces expressions de la langue française. Avec Anne, étudiante comme lui aux Gobelins dans la section Photographie (elle en prise de vues, lui en traitement d’image), ils décident de mettre en scène certaines expressions idiomatiques sous une forme ludique grâce à la photographie. Au départ, celles-ci étaient destinées à apparaître dans un livre, mais ils décident dans un premier temps de présenter une exposition lors du festival Ici et Demain, le projet de livre restant toujours d’actualité (avis aux éditeurs…).
Tous les shootings photos ont étés réalisés dans l’appartement de Benjamin, que celui-ci partage avec 3 colocataires : « le studio à la maison, c’est sympa comme façon de bosser, ça crée une ambiance ou tout le monde fait un peu partie du projet ». Chaque samedi, pendant 6 mois, le grand salon a été coupé en deux : un studio photo dans la moitié du salon et dans l’autre moitié, un coin « apéro ». « On faisait ce qu’on appelait des « apéros shootings » : on invitait une vingtaine d’amis et on écoutait leurs propositions ». Dans la moitié studio photo, un fond blanc et pour lumières, deux flashs que Benjamin possède. Dans cette ambiance conviviale mais non moins studieuse, les amis se transforment en modèles. Le salon de Benjamin devient ainsi un « vivier de modèles permanents ». En effet, Anne et Benjamin ont décidé de ne faire appel qu’à des amis plutôt qu’à des mannequins, jugeant « plus intéressant de montrer de vrais gens ».
Après les shoots photos, place au montage et aux retouches, la plupart des photos ayant été montées sur Photoshop. « On a parfois utilisé 7 à 8 clichés différents pour monter une photo. »
Anne et Benjamin ont présenté une quarantaine de leurs photographies lors de l’exposition. Pour donner un sens ludique à celle-ci ils ont choisi de ne pas donner d’indications sur les expressions représentées, afin de « créer la conversation ». Au spectateur donc de deviner et de s’amuser avec les autres visiteurs à proposer une interprétation !
« Avec cette exposition, on espère créer le gros buzz. Ce projet on le porte à deux mais on est beaucoup à y tenir ».
Publié: 10 novembre 2009


