Triangle de vie, ne vous fiez pas aux apparences…

triangle

Triangle de vie? Cette exposition regroupe trois œuvres originales, conçues avec du papier toilette. La galerie de la Maison des Initiatives Étudiantes accueille jusqu’au 18 mars, Javiera Hiault-Echeverria, une artiste étudiante de 26 ans qui est aussi une chilienne touchante.

Par hasard, Javiera tient l’idée de créer du crochet avec du papier toilette. C’est en détournant son utilisation que ses œuvres trouvent toutes leurs originalités. Détrompez-vous, ce matériau peut servir à autre chose qu’à s’essuyer le derrière. Et quand elle est lancée, l’artiste chilienne ne s’arrête plus. En moyenne, une journée de travail est nécessaire pour réaliser un triangle. Par exemple, pour la plus grande œuvre, 25h de main d’œuvre ont été nécessaires avec 195 rouleaux standards.

Originaire de Santigao (Chili) et après quelques années passées en Italie, Javiera Hiault-Echeverria est aujourd’hui en Master 2 d’Arts Plastiques à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris I).

Recoin et tremblement

Sans le vouloir, l’artiste chilienne a toujours travaillé avec des supports quotidiens, en récupérant des objets dans la rue, ce qui est « plus accessible et plus libre » nous confie-t-elle, « C’est la débrouille ! » . Le concept est d’installer son tissage de papier toilette en forme de triangle, avec un néon caché à l’intérieur.

Une autre création, faite de décombres est accompagnée d’une lumière clignotante. Les décombres construisent un arc-en-ciel. Angoissant. « J’ai un jour entendu l’expression « Aller au petit coin » et je m’en suis inspirée parce que j’ai toujours aimé les coins et recoins d’un domicile, là où les enfants construisent leurs cabanes ».

Outre le fait de surfer sur la tendance de la récup’ et des souvenir d’enfance, ses créations reflètent une réalité plutôt sombre. Chili… Séisme, ces mots vous disent quelque chose ? Vous y êtes. En effet, l’artiste est au cœur de l’actualité malgré elle, le séisme ayant eu lieu le samedi 27 février avec une magnitude de 8.8. Javiera a souhaité créer un lien entre une technique de survie élaborée par les chiliens, lors d’un séisme, et son art. « Un chilien rencontre au moins un séisme au cours de sa vie, statistiquement parlant, même deux pour certains. Moi j’en ai vécu un, quand j’étais petite, mais il était assez faible » témoigne l’étudiante. Ses travaux font référence à l’espace « aménagé » par les décombres. Le but de la technique de survie est de se confiner dans un coin et de s’y fixer. Si les morceaux de pierres viennent à tomber, l’endroit reste protégé par ce fameux triangle. Néanmoins, « libre à chacun d’interpréter comme il le souhaite » nous précise-t-elle.

Le festival ICI&DEMAIN lui a permis d’exposer pour la première fois en France. Javiera Hiault-Echeverria veut « continuer dans sa lancée, tout de suite après le festival pour persévérer dans sa création, avoir des contacts » On ne peut que lui souhaiter de la chance pour la suite.

Article publié par Alice Owieczka sur

contrepoint

Publié: 18 mars 2010

Marco Calderón : L’art de faire rebondir la conversation

pingpong

Dans le cadre du festival Ici et Demain, Marco Calderon nous propose, au Point Ephémère, une installation vidéo et son: « Dans une table de ping-pong ».

.Arrivée difficile au Point Ephémère caché au bord de la Seine. Après avoir traversé la foule discutant en terrasse et une première exposition, au détour d’un rideau noir, une pièce sombre, dépouillée et au milieu, une table de ping-pong.
Marco Calderon, 33 ans est étudiant aux Arts Décoratifs de Paris. Il a découvert ce sport en arrivant en France il y a un an. Après une licence d‘art dans son Mexique natal, il passe quelques temps au Canada puis obtient une bourse pour venir étudier à Paris. Les tables de sa cité universitaire lui donnent l’idée de cette installation..

« Si l’espace est infini nous sommes dans n’importe quel point de l’espace »

Sur la surface immobile est projetée une vidéo qui illumine la pièce. Seules bougent deux mains armées de raquettes, qui se renvoient une balle. Une balle bien bavarde puisqu’au fil de trois montages différents elle inscrit des mots. Seul son rebond raisonne dans le petit espace d’exposition.
Calderon a rencontré son assistante sur ce projet, Natalianna Boucher, 21 ans, aux Arts Décoratifs où elle étudie l’animation.

Dans un premier temps un rebond affiche un mot d’un coté du filet, puis un nouveau de l’autre coté et, à force d’échanges se forment des phrases…« Si l’espace est infini nous sommes dans n’importe quel point de l’espace ».
La seconde proposition est un texte qui s’affiche par fragments, suivant la trajectoire de la petite sphère. Une fois la surface recouverte du discours, c’est le silence… Puis l’échange reprend, inlassable, sans pitié et efface, cette fois, les lettres.
Enfin c’est un dialogue. « Et dis-moi, aimerais-tu vivre dans d’autres couleurs? ». la symbolique de ce renvoi de balle de ping-pong y est la plus forte. « Non, j’aimerais vivre dans d’autres mouvements »

L’art de faire rebondir la conversation

D’un rebond à l’autre, comme un échange d’idées, Marco Calderon interroge sur nos rencontres, à travers notre langage et grâce à des textes théâtraux de Jorge Luis Borges et Rodrigo Garcia.

Pour en savoir plus sur cet artiste: http://marco-calderon.net

Article publié sur Contre Point par Julie Doniol-Valcroze

Publié: 11 mars 2010