Le palmarès 2010 du festival ICI&DEMAIN

visuel

Cinq projets artistiques programmés dans le cadre du festival artistique étudiant ICI&DEMAIN 2010 ont été récompensés le 25 mars dernier pour leur qualité et leur originalité. Présentation des cinq lauréats.

Récompenser les coups de coeur du festival

La 7ème édition du festival artistique étudiant ICI&DEMAIN s’est déroulée du 4 au 18 mars 2010. 43 projets artistiques étudiants étaient programmés dans 25 lieux  de Paris. Plus de 10 000 personnes ont assisté aux spectacles, projections, performances et expositions.
À la fin du festival, les organisateurs (la Mairie de Paris et la Maison des Initiatives Etudiantes, ainsi que le Troisième Pôle, producteur délégué) ont souhaité mettre en avant leurs « coups de cœur » en décernant un prix dans chacune des quatre catégories du festival. Ces prix récompensent aussi bien l’originalité et la qualité du projet que le parcours des étudiants et leur rencontre avec le public.

Les prix ont été remis aux lauréats le 25 mars 2010 dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris, par Mila Jeudy, directrice adjointe de la Maison des Initiatives Etudiantes, structure organisatrice du festival, et Didier Guillot, adjoint au Maire de Paris chargé de la vie étudiante .Les lauréats ont reçu un trophée à l’image du visuel du festival ainsi qu’une dotation financière leur permettant d’acquérir du matériel destiné à leurs créations artistiques.

Les lauréats des Prix ICI&DEMAIN 2010

  • CATÉGORIE SPECTACLE VIVANT : Clément le Disquay et Paul Canestraro pour « Lève un peu les bras ! » (danse)

Un duo de danse énergique et langoureux par deux garçons, Paul et Clément, à la fois étudiants en Master STAPS et danseurs pour plusieurs compagnies. Avant de découvrir la danse à la fac, l’un faisait du kung-fu, l’autre était footballeur…
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  • CATÉGORIE MUSIQUE :We Were Evergreen (toy-pop)

Il y a deux ans, Michael a décidé de faire partager ses créations avec le public. Il a invité Fabienne à le rejoindre dans cette aventure, puis William est venu leur apporter sa rythmique. C’est ainsi qu’est né ce groupe de pop qui s’est produit deux fois lors du festival.
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Le festival de We Were Evergreen :
« On a super bien vécu le festival, qui a été une énorme surprise à chaque fois pour nous – l’accueil, le public et les salles. On était assez émerveillés à nos deux concerts de cette ambiance. On est très heureux d’avoir eu ce prix avec le nombre d’artistes en lice! »

Encore plein de projets :
« Nous continuons à faire autant de concerts que possible (nous jouons prochainement à l’Espace B, à l’OPA et à la Java, entres autres). Nous souhaitons aller le plus loin possible avec ce groupe et trouver des partenaires pour nous aider à nous faire mieux connaître (le festival Ici&Demain était déjà une aubaine!) »

  • CATÉGORIE ARTS PLASTIQUES : Cécile Bichon et Sonia Pavageau pour « L’Écume des jours illustrée » (exposition)

L’Écume des jours illustrée ou comment deux jeunes filles traduisent en images, avec brio et originalité,  l’univers fantaisiste de Boris Vian. Une quarantaine d’ »installations photographiées » représentent des passages forts du livre.
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Le festival de Cécile et Sonia :

« Pour nous, le simple fait de participer au festival était en soi une récompense. Il nous a donné l’occasion de montrer notre travail sous toutes ses facettes et dans des conditions idéales. En plus, comme à la galerie Crous Beaux-Arts la règle du jeu est de garder soi-même l’exposition, nous avons eu un vrai contact avec le public. Les gens étaient souvent très enthousiastes, ce qui nous a encore affermies dans notre détermination à aller jusqu’au bout du projet. Et puis, comme si le tableau n’était pas assez idylique, il a fallu que ce soit nous qui recevions le prix ! Avec cet argent, on va pouvoir réaliser les scènes de L’Écume des jours qui nous manquent encore, et puis peut-être même financer une partie de l’édition d’un futur livre illustré. »

Encore plein de projets :
« Bientôt, le projet va continuer sa route dans la vitrine d’un magasin (French Touche dans le 17ème) et puis ensuite on se laisse un peu de temps pour se consacrer entièrement à la fabrication des miniatures manquantes. Quand tout sera terminé, alors on pourra envisager une nouvelle exposition réunissant l’intégralité du projet. »

  • CATÉGORIE COURTS-MÉTRAGES : Pierre Mazingarbe pour » Les Nuits de Blanche » (fiction)

C’est l’histoire d’une fille, Blanche, qui a un amant pour chaque jour. Ses amants, elle les garde précieusement, dans une valise… Un court-métrage comme on aimerait en voir plus souvent : léger, ludique, très bien joué et même avec des effets spéciaux.
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Le festival de Pierre :

« Ce fut l’aboutissement d’un immense doute : est-ce que mes blagues vont faire rire d’autres personnes que moi, est-ce que mon histoire a un intérêt pour des inconnus. D’autant plus que c’était la première fois que le film sortait de la salle de montage, je ne l’avais montré qu’à de petites assemblées. C’est encourageant pour l’envoyer ailleurs.
Je suis allé voir le groupe Lilt. Camille et Aude sont absolument formidables. Elles vont même composer une partie de la musique de mon prochain film ! Donc oui, ce festival permet ce genre de rencontres entre « créateurs », ce qui est très réjouissant.
Avec la dotation du prix, j’ai choisi d’investir dans du matériel de son, pour avoir une vraie indépendance. Pour ce gros coup de pouce, je suis particulièrement reconnaissant au festival. »

Encore pleins de projets :
« J’ai aujourd’hui trois courts-métrages en développement, notamment « Les poissons préfèrent l’eau du bain » dont le tournage est prévu à l’automne. J’ai vraiment hâte d’être sur le plateau. Quelques jours sur un plateau suffisent à me donner assez de joie pour écrire des histoires pendant de longs mois, dans la solitude du fond de ma cave. Et puis notre collectif Babouchka prépare une dizaine de films, pour nos diplômes de fin d’étude. Ça promet d’être inventif et complètement givré ! »

  • MENTION SPÉCIALE : Collectif  In Colors VJ’S pour leur performance de Mapping Vidéo

Houcem et Elyes se sont rencontrés à l’Ecole des Beaux-Arts de Tunis et poursuivent maintenant leurs études à Paris. Le 9 mars, les deux VJs ont repeint la façade de l’Hôtel d’Albret de vidéos mouvantes mixées sur de la techno expérimentale.
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Le festival d’Houcem et Elyes :

« On a été très bien entouré et, malgré les difficultés, le festival a tout mis en œuvre pour nous mettre à disposition un lieu magnifique pour projeter, ainsi que tous les moyens techniques nécessaires au bon déroulement de la performance.
D’ailleurs le spectacle a été complètement réussi et il y a eu une réelle rencontre avec le public. Ce dernier, dont on entendait les réactions pendant la performance, a répondu présent et a été extrêmement sensible au concept ainsi qu’au contenu artistique de ce travail. Le fait qu’on ait eu la « mention spéciale » nous a réellement surpris, c’est une reconnaissance qui ne peut être que bénéfique pour la suite de notre aventure artistique. »

Encore pleins de projets :
« On est en train d’élaborer un projet encore plus important et plus ambitieux pour la Nuit Blanche. On va rester dans le même concept de « vidéo architecturale et musique électro-concrète » mais on va essayer de le faire évoluer encore plus, peut-être en intégrant le spectateur dans la création active de l’œuvre. Donc rendez-vous en octobre, on espère, pour la prochaine édition de Nuit Blanche. »

La 8ème édition du festival Ici & Demain aura lieu en mars 2011. Si vous souhaitez faire partie de la nouvelle sélection d’artistes étudiants, guettez l’appel à projets, il sera lancé en octobre 2010.

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Ici et demain – remise des prix
Réalisé par TELESORBONNE

Publié: 2 avril 2010

Clôture du festival avec la 4e Nuit de la création étudiante à l’Espace Pierre Cardin

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Pour clore le festival en beauté, ICI&DEMAIN vous propose le jeudi 18 mars un évènement « global » : expositions, installations, performances, projections, concert… le tout dans un même lieu : l’Espace Pierre Cardin.

En invité spécial pour cette soirée, le festival donne carte blanche à l’école supérieure des arts appliqués Duperré qui propose d’investir l’Espace Cardin et de le transformer en une fabrique, en une balade (ré)créative… une mise en scène et en espace de la création en mouvement ! (présentation des travaux de : Farah ANEDE, Margot AURIGNAC & Léa GNIDZAZ, Sarah GUICHARD, Jean-Christophe HUC, Jonathan ICHER, Laurence YARED et l’équipe créative de La Fabrique du Troisième, Duperré).

Le public pourra également profiter de la soirée pour s’offrir une petite séance de rattrapage avec les expositions Rita d’Alexandra KAWIAK et Dashane, characters du Collectif Dashane qui réalisera en direct une performance de graff.

Enfin, à 21h, le public pourra découvrir ou redécouvrir la musique « toy-pop » acidulée du groupe We Were Evergreen sur la grande scène de l’Espace Pierre Cardin. Pour réserver des places pour le concert, cliquez ici.

Découvrez en avant première quelques uns des travaux des étudiants qui seront exposés dans le cadre de la « Carte Blanche à l’Ecole Duperré » dans les galeries ci-dessous :

Farah Anede :

Noémie Daval :

« Lichen d’intérieur » de Laurence Yared :

Jonathan Icher :

Découvrez l’univers de « Queen Mimosa 3″ sur son Myspace ou en vidéo sur Youtube.

Jean-Christophe Huc :

Soirée organisée en partenariat avec :

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Publié: 18 mars 2010

Du soufre à l’encens, les sentiments

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Renaud Lefevre termine tout juste ses études à l’ESRA et en est déjà à son cinquième court-métrage avec Du soufre à l’encens, les sentiments. Il nous dépeint ici les sentiments vifs, violents par lesquels on passe quand on aime, mais qu’on est encore le seul à le savoir. Ce moment avant une histoire d’amour, histoire qui n’aura peut être jamais lieu.…

Les sentiments, entre rêve et réalité

Le décors : une colocation étudiante.
Les personnages principaux : Louis (Simon Frenay) et Juliette (Capucine Delaby).
Le sujet : la rencontre amoureuse.
Jusque-là un classique.

Là où le film prend tout son sens c’est qu’il adopte un point de vue particulièrement intéressant : celui de la personne qui aime et ne sait pas si elle est aimée en retour.

« J’avais envie de raconter une histoire amoureuse, de parler du désir amoureux, de tout ce qui se passe avant et de ce moment où, n’étant pas sûr de la réciprocité des sentiments, on préfère s’évader dans le rêve, l’imagination et se projeter »

Dans ce court-métrage en trois actes, on balance entre les sentiments, entre souffrance et plaisir, entre le « soufre » et « l’encens », entre rêve et réalité, un retour à la réalité souvent brutal.

Au-delà de l’histoire, le réalisateur traduit cette alternance en travaillant sur le traitement des images : plus superficielles quand on est dans le rêve et naturelles, vives quand on est dans la réalité. Une attention particulière a également été accordée au son.

Une page qui se tourne, l’avenir qui s’ouvre

Du Soufre à l’encens, les sentiments est le projet de fin d’études de Renaud Lefevre, qui lui a valu le prix du meilleur film et du meilleur son, prix décernés chaque année par l’école.

« J’avais vraiment envie de faire ce projet de fin d’école. La partie que je préfère c’est vraiment le tournage. Le moment où ça se concrétise, où il faut trouver des nouvelles choses parce que ça ne va pas vraiment avec ce qu’on avait imaginé. »

Pour concrétiser ce projet, il a su s’entourer d’une équipe soudée, tous de l’ESRA composée au fur et à mesure de ses trois années d’études.

Avant cela, il a réalisé et écrit quatre autres court-métrages, dont deux qui sont des projets hors-école avec Kuiv productions. Il vient également de travailler comme 3ème assistant réalisateur sur le prochain film d’Alexandre Arcady. Un beau début de parcours d’autant plus apprécié qu’il n’avait pas du tout commencé ses études par le cinéma mais par le commerce, plutôt pour rassurer ses parents que par vocation.

Aujourd’hui, diplômé de l’ESRA, Renaud Lefevre souhaite, à terme,  devenir auteur-réalisateur. Mais il reste lucide sur ce métier : il reconnaît qu’il débute seulement sa carrière et qu’il n’a peut-être pas encore les compétences nécessaires ni la confiance des professionnels du secteur. C’est pourquoi il compte tout d’abord faire ses armes en tant qu’assistant réalisateur. En parallèle il travaille sur son propre projet de long métrage et va bientôt tourner le court-métrage qui en est inspiré afin de chercher des financements. La route est encore longue mais comme il le dit lui-même : « C’est assez excitant d’avoir ce but-là, même passionnant. »

Vous pourrez retrouver tous les court-métrages du festival ICI&DEMAIN au cours de différentes projections entre le 10 et le 14 mars.

PROJECTIONS :

le 10 mars au Forum des images à 19h
le 12 mars à La loge à 21h
le 13 mars au cinéma Le Lucernaire à 11h
le 13 mars à
la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h
le 14 mars à
la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h30

Article publié sur
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Publié: 18 mars 2010

Triangle de vie, ne vous fiez pas aux apparences…

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Triangle de vie? Cette exposition regroupe trois œuvres originales, conçues avec du papier toilette. La galerie de la Maison des Initiatives Étudiantes accueille jusqu’au 18 mars, Javiera Hiault-Echeverria, une artiste étudiante de 26 ans qui est aussi une chilienne touchante.

Par hasard, Javiera tient l’idée de créer du crochet avec du papier toilette. C’est en détournant son utilisation que ses œuvres trouvent toutes leurs originalités. Détrompez-vous, ce matériau peut servir à autre chose qu’à s’essuyer le derrière. Et quand elle est lancée, l’artiste chilienne ne s’arrête plus. En moyenne, une journée de travail est nécessaire pour réaliser un triangle. Par exemple, pour la plus grande œuvre, 25h de main d’œuvre ont été nécessaires avec 195 rouleaux standards.

Originaire de Santigao (Chili) et après quelques années passées en Italie, Javiera Hiault-Echeverria est aujourd’hui en Master 2 d’Arts Plastiques à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris I).

Recoin et tremblement

Sans le vouloir, l’artiste chilienne a toujours travaillé avec des supports quotidiens, en récupérant des objets dans la rue, ce qui est « plus accessible et plus libre » nous confie-t-elle, « C’est la débrouille ! » . Le concept est d’installer son tissage de papier toilette en forme de triangle, avec un néon caché à l’intérieur.

Une autre création, faite de décombres est accompagnée d’une lumière clignotante. Les décombres construisent un arc-en-ciel. Angoissant. « J’ai un jour entendu l’expression « Aller au petit coin » et je m’en suis inspirée parce que j’ai toujours aimé les coins et recoins d’un domicile, là où les enfants construisent leurs cabanes ».

Outre le fait de surfer sur la tendance de la récup’ et des souvenir d’enfance, ses créations reflètent une réalité plutôt sombre. Chili… Séisme, ces mots vous disent quelque chose ? Vous y êtes. En effet, l’artiste est au cœur de l’actualité malgré elle, le séisme ayant eu lieu le samedi 27 février avec une magnitude de 8.8. Javiera a souhaité créer un lien entre une technique de survie élaborée par les chiliens, lors d’un séisme, et son art. « Un chilien rencontre au moins un séisme au cours de sa vie, statistiquement parlant, même deux pour certains. Moi j’en ai vécu un, quand j’étais petite, mais il était assez faible » témoigne l’étudiante. Ses travaux font référence à l’espace « aménagé » par les décombres. Le but de la technique de survie est de se confiner dans un coin et de s’y fixer. Si les morceaux de pierres viennent à tomber, l’endroit reste protégé par ce fameux triangle. Néanmoins, « libre à chacun d’interpréter comme il le souhaite » nous précise-t-elle.

Le festival ICI&DEMAIN lui a permis d’exposer pour la première fois en France. Javiera Hiault-Echeverria veut « continuer dans sa lancée, tout de suite après le festival pour persévérer dans sa création, avoir des contacts » On ne peut que lui souhaiter de la chance pour la suite.

Article publié par Alice Owieczka sur

contrepoint

Publié: 18 mars 2010

Lève un peu les bras !

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Un duo de danse énergique et langoureux, par deux garçons, Paul et Clément, à la fois étudiants en Master STAPS à l’Université Paris 12 et danseurs pour plusieurs compagnies. Avant qu’ils ne découvrent la danse à la fac, l’un faisait du kung-fu, l’autre était footballeur…

Du kung-fu et du foot à la danse

Une sensualité diffuse émane de ces deux danseurs en parfaite harmonie. Ils rebondissent, glissent et virevoltent, nous offrant une danse contemporaine énergique, palpitante.

Sympathiques et attachants, Paul et Clément ont séduit le comité de sélection du festival ICI&DEMAIN, aussi bien par leur danse que par leur personnalité.

La danse, ils l’ont découverte sur le tard. L’un faisait du foot, l’autre des arts martiaux. Deux ans avant d’entrer à la fac, Clément (21 ans) était dans un centre de formation de football à Créteil, puis il s’est lancé dans les raids multisports (course d’orientation, VTT…). Quant à Paul (25 ans), il pratiquait le kung-fu (mais aussi l’aïkido, la capoeira…).

La danse contemporaine, a priori, ce n’était pas trop leur truc. « J’avais toujours aimé danser mais je ne m’étais jamais vraiment intéressé à la danse contemporaine, explique Clément. J’avais juste touché aux pratiques artistiques par la musique. » « J’étais assez intéressé par tout ce qui est hip-hop, break, poursuit Paul, mais je ne connaissais absolument pas la danse contemporaine. Pour moi c’était soit le classique, soit le sol, le hip-hop. »

C’est à la fac de STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) de l’Université Paris 12 de Créteil que la danse vient à eux et attrape leur talent au vol. « On a découvert la danse dans les cours obligatoires de STAPS. On a tellement accroché qu’on s’est inscrits à l’atelier de danse de notre prof, Bénédicte Raquin. C’est là qu’on s’est connus. Ensuite on est rentrés dans la compagnie de la prof, Sans Dessus Dessous, qui est constituée d’anciens élèves de STAPS. C’est dans la compagnie qu’on est devenus potes. »

Ils sont entrés en STAPS pour devenir profs de sport. Aujourd’hui, ils sont danseurs.

Un duo évolutif

Paul et Clément ont commencé à travailler en duo après avoir intégré la compagnie amateur Sans Dessus Dessous. « Je devais faire un numéro solo pour un gala, raconte Paul, et j’ai eu un problème technique avec le mât chinois sur lequel je devais grimper. Je me suis retrouvé une semaine avant sans rien. Je ne voulais pas faire un solo de danse, c’est très prétentieux, il faut un bon niveau. Alors j’ai proposé à Clément de faire un duo. On l’a monté à l’arrache en une semaine. Et la première version est née… » « Et coup de bol, ajoute Clément, on l’a dansée 10 ou 15 fois. »

Depuis ils n’ont plus arrêté de travailler sur leur duo, le modifiant sans cesse. « C’est notre travail de recherche à deux qui continue. » Aujourd’hui, il a un titre : Lève un peu les bras ! Leur danse s’inspire de « tout ce qui est très physique, tout ce qui vient de chez les Belges », comme les Ballets C. de la B., un collectif belge de différents chorégraphes (Sidi Larbi Cherkaoui, Alain Platel…). Mais aussi Hofesh Shechter, ancien de la Batsheva Dance Company, compagnie israëlienne.

Une danse emplie d’énergie et de sensualité, dans laquelle on retrouve des inspirations telles que les déplacements d’animaux ou la capoeira. Des musiques bien choisies, alternant entre le planant et le punchy. Un évident charisme sur scène. En bref, un duo qui fonctionne parfaitement, le temps de la cuisson des pâtes (8 minutes), comme ils l’écrivent eux-mêmes.

Les deux garçons dansent chacun dans d’autres compagnies : Les Passagers (danse aérienne) et Moebius (danse contemporaine) pour Clément, Les Passagers aussi et le projet Scènes de mains du musicien Dylan Corlay (travail sur le rôle des mains dans l’art) pour Paul. « L’objectif, c’est de manger avec ça plus tard », confie Clément, à qui il ne manque plus qu’un cachet pour obtenir le statut d’intermittent du spectacle. Pas question pour autant d’abandonner les études. « Les études, c’est la base. C’est ce qui nous permet de faire des choix dans notre activité, parce qu’elles vont nous permettre d’avoir un boulot derrière. La danse est arrivée après les études, même si maintenant elle a pris tout notre temps. »

Ne ratez pas la dernière représentation de l’un des coups de cœur du festival ICI&DEMAIN, le 17 mars au théâtre de Ménilmontant !

Vous pourrez également les retrouver :

- les 9 et 10 avril à la MJC Club de Créteil
9, rue Charpy – 94000 Créteil – Tél. : 01 48 99 75 40
- les 10 et 14 mai à la Maison des Arts de Créteil
Place Salvador Allende – 94000 Créteil – M° Créteil Préfecture – Tél. : 01 45 13 19 19

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> Photos du spectacle au Point Éphémère(crédit : Sonia Musnier) :

> Lève un peu les bras ! sur Facebook.

> Lève un peu les bras ! sur Myspace.

> Lève un peu les bras ! en vidéo :

Publié: 17 mars 2010

We were evergreen : mélancolie colorée

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We were evergreen, c’est un peu une bonne résolution qui aurait été plus que tenue : il y a deux ans, Michael a décidé de faire partager ses créations avec le public. Il a invité Fabienne à le rejoindre dans cette aventure, puis William est venu leur apporter sa rythmique. C’est ainsi qu’est né le groupe de pop qui se produira deux fois lors du festival.

Tenir ses résolutions

Nous sommes le 1e janvier 2008 et Michael, étudiant en musicologie à Paris IV (actuellement en M1 Administration et gestion de la musique), écrit et compose des chansons depuis quelques temps déjà.
En cette journée de bonnes résolutions, il décide que ça serait bien de les faire découvrir au public. Il se crée une page sur MySpace et y charge ses chansons. Fabienne, avec qui il était en prépa et prenait des cours de théâtre à ce moment-là, a écouté les morceaux et s’est joint à lui au piano pendant que le jeune homme était à la guitare et, de temps à autres, à la batterie. Très vite, tous les deux ont joué dans des bars et la nécessité d’un batteur percussionniste s’est fait sentir. William, qui prenait des cours de percus avec Fabienne, les a rejoint sur certaines dates puis à temps plein. Il passe d’ailleurs cette année son prix au Conservatoire de Paris, en percussions. C’est aussi lui qui est à l’origine des samples utilisés dans les compos du groupe et, en plus, il est multi-instrumentiste (percussions donc, batterie, guitare, basse, piano). Fabienne quant à elle a eu son master de lettres l’an dernier et vient de passer les épreuves du CAPES. Elle fait de la musique (piano) depuis son plus jeune âge et a étudié les percussions pendant 10 ans.
« Evergreen », en anglais, se sont les arbres à feuilles persistantes. Michael aimait ce qu’évoque ce mot, c’est donc tout naturellement que le groupe s’appelle comme ça. Finalement, « we were » a été ajouté au nom d’origine. Pour y amener de la poésie, en faire une phrase, y adjoindre un petit air de nostalgie, avoir trois mots et donc parler de trio dès le nom du groupe. Michael reconnait toutefois que c’est joli mais un peu compliqué à prononcer !

De la pop née dans les bars

Muni de ses premières compositions, le groupe joue donc dès 2008 dans les bars. Michael continue a écrire et composer et les deux autres participent aux arrangements finaux des morceaux, chacun ajoutant sa touche à la musique de We were evergreen. Pour Fabienne, cette touche est souvent l’ajout de sa voix en support de celle du compositeur-guitariste.
Une des particularités musicales du groupe est de retravailler leurs morceaux en fonction des lieux dans lesquels ils jouent, entre autres pour des raisons techniques – faire rentrer un piano dans un bar, ça peut parfois être dur ! Les chansons ne sont donc jamais définitivement posées et évoluent continuellement.
Ces évolutions sont aussi influencées par leurs goûts personnels en tant qu’auditeurs : les Beattles restent leur point de convergence, tout comme la pop des années 1960 avec les Beach Boys ou Simon & Garfunkel. Michael écoute beaucoup de pop-rock « classique » mais aussi Beirout ou The Shins, William est très branché électro et pop-rock français, Fabienne écoute du jazz instrumental, de la world, les Clash et les Doors. Ce sont ces artistes réunis qui donnent la pop dansante du groupe.
D’ailleurs, le contraste est étonnant entre le côté entrainant de leur musique et les textes. Ceux-ci ne sont jamais très sérieux mais sont souvent mélancoliques. Inspirés de leurs vies de jeunes adultes, ils parlent de départs, de l’oubli, du souvenir. Mais WWE a aussi des textes plus fantaisistes voire absurdes comme Penguins & Moonboots qui n’est qu’une liste de choses que Michael aime. En fait, le groupe compare ses textes à des contes…

EP et toy-pop

Le groupe ayant commencé à jouer live dès sa création, les premières maquettes se sont faites tout aussi vite. Dès juillet 2008, avant l’intégration définitive de William, Fabienne et Michael enregistrent quelques titres, à grands renforts de multiples instruments et bruitages. Mais, problème, en live il leur est impossible de reproduire les même sons – c’est vrai que l’éponge grattée sur un évier, c’est un peu complexe à mettre en œuvre dans une salle de concert !
Mais le groupe apprend et ne reproduit pas la chose quand il enregistre en studio, en décembre dernier, un EP subventionné par une bourse Paris Jeunes Talents obtenue en juillet et par le FSDIE de Paris IV.
Cet EP de 6 titres a été enregistré en deux semaines, la pochette a été créée par un studio aux idées aussi colorées que le groupe et il est en vente à tous leurs concerts. Il sera aussi prochainement distribué sur les plateformes de téléchargement et autres Deezer (via Because).
Musicalement, le groupe fait très attention à ne pas répéter toujours le même shéma, même si celui-ci fonctionne. C’est surtout William qui veille là-dessus, de par son oreille professionnelle et ses nombreuses connaissances, tant classiques que contemporaines.
C’est aussi pourquoi le groupe relativise son attachement au courant « toy-pop ».
La toy-pop, c’est faire de la musique avec des instruments qui sont à l’origine des jouets : des petites percus, un toy-piano, un très petit clavier, un ukulélé,… dans le cas des We were evergreen. En fait, ce mouvement cherche juste à rendre la musique plus ludique. Et c’est là que les membres du groupe se rattachent au courant. Quand ils décrivent leur musique, ce sont les mots « ludique, mélancolique, plaisir, joie, petit, coloré, vert espoir, rythmé » qui viennent. Un joli résumé du mouvement…

Du carton et des pingouins

L’an dernier, Fabienne et William avaient créé des musiques d’ambiance pour la Nuit de la création étudiante à la Maison des Initiatives Etudiantes (MIE), avec une association dont ils font partie. Ils ont donc voulu que le groupe tente sa chance cette année car l’aspect pluridisciplinaire du festival leur a plu. C’est d’ailleurs un esprit qu’ils aiment et qu’ils vont mettre en scène lors de leur concert du 18 mars à Cardin, pour la Nuit de la création étudiante de cette année.
Le festival, c’est pour eux l’occasion d’avoir accès à des salles différentes de leurs lieux de production habituels :
- le 16 mars ils jouent au grand foyer du Théâtre du Châtelet pour un concert acoustique façon « concert dans un lieu atypique » et ambiance intimiste ;

- le 18 mars, ça se passera à Cardin pour un concert mis en scène et en lumières, devant 600 personnes et dans l’esprit de leur clip. C’est d’ailleurs l’équipe qui a réalisé la déco du clip, Nathaniel H’limi et Doriane Ayxandri, qui a créé la scéno de cette date (scéno financée par le FSDIE de Paris IV et une bourse CROUS Culture-ActionS).

Un été au vert

Après le festival, le groupe a diverses dates prévues en bars mais aussi au Théâtre de la Reine Blanche, pour continuer dans la veine de ce qu’ils auront fait durant le festival.
Pour cet été, ils sont en train d’organiser une « tournée des espaces verts de Paris » qu’ils comptent bien exporter dans le Sud d’origine des membres masculins du groupe.
Autre projet à venir : un deuxième clip, peut-être pour Eighteen, « mais ça n’est pas encore arrêté »…

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Publié: 16 mars 2010

Rencontre avec Yann Migoubert, responsable culturel de l’Université Paris-Sorbonne.

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Depuis plusieurs années maintenant, les universités sont partenaires du festival ICI&DEMAIN. De quelle nature est ce partenariat ? Quel sens lui donnez-vous ?

Le Festival ICI&DEMAIN est devenu un rendez-vous incontournable de la culture parisienne étudiante. En tant que représentant culturel de l’université Paris-Sorbonne, je suis fier d’avoir collaboré à ce succès. Au début de cette aventure, l’université accueillait un certain nombre de manifestations artistiques du festival ; cette initiative comportait un avantage : montrer à nos étudiants les productions étudiantes d’autres universités. Mais cela comportait aussi un double inconvénient : d’une part, nous n’avions pas toujours les infrastructures techniques et le personnel appropriés et, d’autre part, le festival n’était pas assez tourné vers le public parisien non étudiant. Aujourd’hui que le festival se produit dans des salles parisiennes prestigieuses, les services culturels expertisent les projets étudiants et incitent les meilleurs à participer au festival ICI&DEMAIN dans l’idée qu’ils pourront jouer dans des lieux de renom et dans l’espoir qu’ils remporteront un prix valorisant à la fois leur talent et leur université de rattachement. C’est aussi pour cette raison que j’aimerais voir davantage mise en valeur sur les supports de communication l’université de rattachement de chaque projet…

Le festival a pour objectif de montrer au grand public la force de la créativité étudiante quand celle-ci a les moyens de l’accomplir. C’est également un des rôles que se donne le service culturel des universités. A votre avis, ce festival représente-t-il un bon moyen « d’exporter » ce qui se fabrique dans les universités ou chez soi ?

Oui, incontestablement, le festival est une chance pour les étudiants qui, bien souvent, n’en reviennent pas d’être pris, pour une fois, au sérieux. Les lieux qui les accueillent ont des exigences professionnelles qui les responsabilisent. De plus c’est l’occasion pour eux d’être évalués par un jury de professionnels et de montrer leur talent à un public parisien parmi lequel se cachent parfois des programmateurs potentiels. Autant que faire se peut nous essayons de fournir à nos étudiants des lieux de répétitions et de performances tout au long de l’année car leur activité rejaillit sur la vie étudiante.

En tant que responsable du service culturel de l’université Paris Sorbonne, comment définiriez-vous l’expression artistique des étudiants ? Est-elle impertinente, enragée, engagée ? Est-elle joyeuse, triste, décalée ? Estimez-vous que la programmation du festival retranscrive cette « insolence » artistique ?

Pour mon service qui programme par année universitaire plus d’une centaine de manifestations culturelles très majoritairement étudiantes, je porte un regard plus distancié sur l’expression artistique étudiante. Ce que nous apprécions avant tout, c’est la qualité de l’engagement, l’énergie mise au service d’un projet. Ensuite, certains projets sont effectivement impertinents mais, plus souvent encore, ils sont simplement « originaux », c’est-à-dire que leur expérience universitaire et le fait de se produire dans un cadre non commercial leur donnent une liberté de création et une saveur que l’on ne rencontre pas ailleurs. C’est aussi ce qui fait qu’au-delà de l’alternative joie/tristesse, je vois d’abord dans la création étudiante une « énergie décalée ». Cela étant, je trouve la programmation de cette année particulièrement « impertinente » avec des artistes comme The sex mex ou l’université du Bazart.

Bastien Lucas est le lauréat de l’édition 2009 du festival ICI&DEMAIN. Et cette année encore, les couleurs de votre université sont largement représentées…
Pensez-vous que ce type de festival constitue un bon tremplin pour les étudiants sélectionnés ?

L’université Paris-Sorbonne a été particulièrement fière de la victoire de Bastien Lucas qui est un étudiant au talent immense. C’est la découverte et le soutien de personnes comme lui qui font toute la noblesse d’un service culturel comme le mien. Se dire qu’à tout moment va frapper à notre porte quelqu’un qui va vous éblouir et que vous allez avoir envie de soutenir de toutes vos forces. Les étudiants sont les talents de demain. Des universités comme la nôtre (plus de 25000 étudiants) ont un potentiel énorme mais encore sous-exploité. Le jour où nous aurons compris que l’université façonne un esprit mais peut aussi contribuer à épanouir une personnalité, on considérera peut-être différemment le monde étudiant et le rôle de l’université. C’est je crois ce « credo » que nous partageons avec la Maison des initiatives étudiantes. Et le festival ICI&DEMAIN est un excellent tremplin pour découvrir ces talents de demain.

Maintenant, dans l’idée des Dionysies de l’Antiquité, le festival est aussi, ce qui fait son charme, un concours. Il y aura donc des gagnants et des perdants mais tous auront, je pense et je l’espère, vécu une expérience unique. J’en profite pour souhaiter bonne chance au groupe Evergreen qui, à l’instar de Bastien Lucas, a su vraiment nous séduire par son style novateur et, pour le coup, sa joie de vivre ! Bonne chance à tous que les meilleurs gagnent !

1. Depuis plusieurs années maintenant, les universités sont partenaires du festival ICI&DEMAIN. De quelle nature est ce partenariat ? Quel sens lui donnez-vous ?

Le Festival ICI&DEMAIN est devenu un rendez-vous incontournable de la culture parisienne étudiante. En tant que représentant culturel de l’université Paris-Sorbonne, je suis fier d’avoir collaboré à ce succès. Au début de cette aventure, l’université accueillait un certain nombre de manifestations artistiques du festival ; cette initiative comportait un avantage : montrer à nos étudiants les productions étudiantes d’autres universités. Mais cela comportait aussi un double inconvénient : d’une part, nous n’avions pas toujours les infrastructures techniques et le personnel appropriés et, d’autre part, le festival n’était pas assez tourné vers le public parisien non étudiant. Aujourd’hui que le festival se produit dans des salles parisiennes prestigieuses, les services culturels expertisent les projets étudiants et incitent les meilleurs à participer au festival ICI&DEMAIN dans l’idée qu’ils pourront jouer dans des lieux de renom et dans l’espoir qu’ils remporteront un prix valorisant à la fois leur talent et leur université de rattachement. C’est aussi pour cette raison que j’aimerais voir davantage mise en valeur sur les supports de communication l’université de rattachement de chaque projet…
2. Le festival a pour objectif de montrer au grand public la force de la créativité étudiante quand celle-ci a les moyens de l'accomplir. C'est également un des rôles que se donne le service culturel des universités.
A votre avis, ce festival représente-t-il un bon moyen "d'exporter" ce qui se fabrique dans les universités ou chez soi ?

Oui, incontestablement, le festival est une chance pour les étudiants qui, bien souvent, n’en reviennent pas d’être pris, pour une fois, au sérieux. Les lieux qui les accueillent ont des exigences professionnelles qui les responsabilisent. De plus c’est l’occasion pour eux d’être évalués par un jury de professionnels et de montrer leur talent à un public parisien parmi lequel se cachent parfois des programmateurs potentiels. Autant que faire se peut nous essayons de fournir à nos étudiants des lieux de répétitions et de performances tout au long de l’année car leur activité rejaillit sur la vie étudiante.
3. En tant que responsable du service culturel de l'université Paris Sorbonne, comment définiriez-vous l'expression artistique des étudiants ? Est-elle impertinente, enragée, engagée ? Est-elle joyeuse, triste, décalée ?
Estimez-vous que la programmation du festival retranscrive cette "insolence" artistique ?

Pour mon service qui programme par année universitaire plus d’une centaine de manifestations culturelles très majoritairement étudiantes, je porte un regard plus distancié sur l’expression artistique étudiante. Ce que nous apprécions avant tout, c’est la qualité de l’engagement, l’énergie mise au service d’un projet. Ensuite, certains projets sont effectivement impertinents mais, plus souvent encore, ils sont simplement « originaux », c’est-à-dire que leur expérience universitaire et le fait de se produire dans un cadre non commercial leur donnent une liberté de création et une saveur que l’on ne rencontre pas ailleurs. C’est aussi ce qui fait qu’au-delà de l’alternative joie/tristesse, je vois d’abord dans la création étudiante une « énergie décalée ». Cela étant, je trouve la programmation de cette année particulièrement « impertinente » avec des artistes comme The sex mex ou l’université du Bazart.
4. Bastien Lucas est le lauréat de l'édition 2009 du festival ICI&DEMAIN. Et cette année encore, les couleurs de votre université sont largement représentées...
Pensez-vous que ce type de festival constitue un bon tremplin pour les étudiants sélectionnés ?
L’université Paris-Sorbonne a été particulièrement fière de la victoire de Bastien Lucas qui est un étudiant au talent immense. C’est la découverte et le soutien de personnes comme lui qui font toute la noblesse d’un service culturel comme le mien. Se dire qu’à tout moment va frapper à notre porte quelqu’un qui va vous éblouir et que vous allez avoir envie de soutenir de toutes vos forces. Les étudiants sont les talents de demain. Des universités comme la nôtre (plus de 25000 étudiants) ont un potentiel énorme mais encore sous-exploité. Le jour où nous aurons compris que l’université façonne un esprit mais peut aussi contribuer à épanouir une personnalité, on considérera peut-être différemment le monde étudiant et le rôle de l’université. C’est je crois ce « credo » que nous partageons avec la Maison des initiatives étudiantes. Et le festival ICI&DEMAIN est un excellent tremplin pour découvrir ces talents de demain.
Maintenant, dans l’idée des Dionysies de l’Antiquité, le festival est aussi, ce qui fait son charme, un concours. Il y aura donc des gagnants et des perdants mais tous auront, je pense et je l’espère, vécu une expérience unique. J’en profite pour souhaiter bonne chance au groupe Evergreen qui, à l’instar de Bastien Lucas, a su vraiment nous séduire par son style novateur et, pour le coup, sa joie de vivre ! Bonne chance à tous que les meilleurs gagnent !

Publié: 14 mars 2010

Tupercut’ : aux rythmes du corps

Le collectif Tupercut’, constitué de 9 danseurs-percussionnistes, est spécialisé dans les percussions corporelles. Le spectacle « Tu dérailles » s’inspire de l’univers des gares et des trains, univers qu’ils connaissent bien puisqu’ils répètent tous les mardis dans la gare de Lyon. Entre danse et musique, le spectacle fait bouger le corps des percussionnistes mais aussi celui des spectateurs.

Neuf corps qui percutent

Tupercut’ existe depuis mars 2009. Cécile est à l’origine de ce groupe de percussions corporelles. Animatrice musique pour les enfants, mais aussi musicienne, elle utilise les percussions corporelles dans son travail, pour « apprendre aux enfants à découvrir la musique, la rythmique. » « On faisait ça dans les colos. J’ai appris plusieurs rythmes par le bouche à oreille, et aussi par un intervenant en body percussions dans un centre de loisirs où je travaillais. » Petit à petit, lui vient l’idée de monter un groupe. Elle rassemble ainsi des gens intéressés par le body rythme. « Des collègues de travail, des amis d’amis, des gens croisés dans des squats… se sont greffés à nous. On était une quinzaine au départ, maintenant il y a un noyau dur de 9 personnes. »

La plupart d’entre eux sont étudiants, souvent dans des disciplines artistiques (études corporelle, cinéma, musique…) et tous sont musiciens par ailleurs (Cécile est percussionniste, quatre d’entre eux sont batteurs, il y a aussi une violoncelliste). Certains font aussi de la danse, rien d’étonnant à cela puisque les percussions corporelles nécessitent un travail chorégraphique. « On emmène beaucoup de mouvements dans le spectacle. On joue à la fois sur le son et sur les déplacements, c’est très visuel. »

Le corps comme instrument

Les perscussions corporelles, « c’est l’utilisation de son corps en le faisant sonner, en « se tapant dessus ». On utilise les claps de mains, les pieds… » Le corps se fait alors instrument de musique et donne le rythme. Une displine très accessible et ludique (« tout le monde peut en faire »), représentée par le groupe de danse brésilien Barbatuques. Le grand public connaît mieux la compagnie Stomp, qui utilise le corps mais aussi et surtout les percussions sur objets de la vie quotidienne. « En France, il y n’y en a pas beaucoup ». Cheikh Sall à Paris, la compagnie Onstap à Avignon, Les Rythmopathes à Bordeaux…

Les Tupercut’ ont appris des mouvements en s’échangeant ceux qu’ils connaissaient. « Il y en a aussi pas mal qu’on crée nous-mêmes. » Des mouvements que le public peut expérimenter : « pendant le spectacle, on fait une initiation de 10 à 15 minutes. » Généralement très réceptifs, les spectateurs participent volontiers à ce mini-atelier : « ça se déclenche tout de suite parce qu’ils ont envie d’essayer. »

Quand on fait des percussions corporelles, le sol importe beaucoup. « Si le terrain est trop dur, c’est un peu difficile pour taper. Le mieux, c’est sur des sols de danse, des parquets ou des scènes de théâtre. » Difficile alors de trouver un lieu de répétition adapté. Le collectif répète pour l’instant deux fois par semaine, à la gare de Lyon et dans une salle du 13e arrondissement. Dans la gare, ils côtoient les groupes de hip hop qui répètent eux aussi, et les voyageurs : « les gens sont curieux, ils regardent, ils ne comprennent pas vraiment ce qu’on fait. »

Tu dérailles : dans le train de Tupercut’

Le spectacle Tu dérailles est né de ce lieu de répétition ferroviaire. Le train en est le fil conducteur : « ça se passe dans une gare, il y a un train qui arrive, Sara loupe son train à chaque fois, c’est comme ça qu’elle rencontre le groupe Tupercut’ dans la gare de Lyon. » La création du spectacle s’est faite en commun : « c’est une conception de travail collectif, tout le monde participe, tout le monde donne son avis. »

Ce week-end (NDR : 13 et 14 mars 2010), ils se produisent en extérieur à la Cité Internationale. Ils craignent leurs deux ennemis : le vent et le froid. « On a un peu peur pour le vent parce que le son s’échappe. Et taper dans le froid ça fait très mal… On fera des tours de stade pour se réchauffer ! » Samedi, le froid n’a pourtant pas entamé leur punch. Énergiques, à l’aise avec le public, ils ne laissent pas passer la moindre goutte d’ennui pendant ces 30 minutes de show qui mêle musique, danse et théâtre.

Tupercut’ participera certainement à la Fête de la musique. En attendant, vous pouvez aller les rencontrer tous les mardis de 20h à 22h, dans la salle Méditerranée (sous les voies) de la gare de Lyon.

Article publié sur mini-logo-etudiantdeparis

Publié: 14 mars 2010

Ce week-end, le festival investit la Cité Internationale Universitaire de Paris !

ciup

Pour son dernier week-end, ICI&DEMAIN investit un haut lieu de la vie étudiante : la Cité Internationale Universitaire de Paris. Au programme : performances, concerts et spectacles viendront animer ce site unique dédié à l’accueil et aux rencontres d’étudiants, de chercheurs et d’artistes représentant plus de 140 nationalités !

Une promenade artistique dans un site au décor unique

Samedi 13 mars, à 15h, l’artiste Asami vous accueillera dans la cour centrale de la Cité Internationale Universitaire avec sa performance  « gonflée », la Cerise sur le Gâteau.

Tout de suite après, à 15h30, vous aurez le choix entre les murs remplis d’histoire de la Maison de l’Espagne avec un théâtre musical proposé par L’Ensemble YI ou la Maison de l’Argentine dont l’architecture rappelle les estancias de la pampa argentine pour un spectacle désarmant, Bruits de Trottoir, interprété par la troupe des Productions de la Fabrique.

Retour en extérieur à 17h30 avec une animation percutante du Collectif Tupercut qui vous invite à vous déhancher au son de leurs percussions corporelles.

Enfin, pour terminer en beauté la journée, vous pourrez vous laisser emporter par un concert symphonique donné par les cinquante instrumentistes de l’Orchestre Mélo’dix ou assister à la projection des 11 courts métrages étudiants dans l’imposante Fondation Biermans-Lapôtre.

La promenade artistique se poursuit également dimanche 14 mars avec des séances de rattrapage pour ceux qui n’auraient pas pu assister au théâtre musical de L’Ensemble Yi ou encore aux lectures sans concession des Productions de la Fabrique. Mais c’est autour d’une pièce théâtrale pleine d’humour et de fantaisie que le festival clôturera ce week-end artistique en vous proposant de vous mettre dans la peau d’un étudiant grâce à l’Université du Bazart, pièce loufoque et déjantée emmenée par le dynamique collectif Bazart.

Ne ratez pas cette occasion unique de venir passer un week-end en famille ou entre amis autour des promenades artistiques du festival ICI&DEMAIN dans ce lieu qui contribue, tout au long de l’année, à favoriser les amitiés entre les étudiants, chercheurs et artistes du monde entier.

La programmation complète de ce week-end peut être consultée ici.

(crédit photo : CIUP)

Publié: 12 mars 2010

Court métrage « Les Nuits de Blanche » : rencontre avec le réalisateur

blanche

Blanche, c’est l’histoire d’une jeune fille qui a un amant pour chaque jour. Ses amants, elle les garde précieusement, dans une valise…
Blanche, c’est un court-métrage comme on aimerait en voir plus souvent : léger, ludique, très bien joué et même avec des effets spéciaux.
Nous avons rencontré le réalisateur : Pierre Mazingarbe.

Rencontre avec l’étudiant :

Pierre est étudiant en cinéma d’animation aux Arts Déco. Blanche est son premier court-métrage. Il a déjà travaillé sur d’autres projets auparavant avec le collectif Babouchka auquel il appartient : un collectif créé et composé d’étudiants de l’ENSAD. Il fait aussi beaucoup de dessin et de la pixilation (comme le stop motion mais avec des photos d’êtres humains). En plus de ses études et de ce premier court, Pierre travaille déjà sur des projets à venir :
« Je travaille sur une mini-série avec Damien Houssier, l’acteur qui joue le « lundi » dans le film. Blanche est repris par une boîte de prod, Ferris et Brockman, pour la post-production et l’envoi du film dans les festivals. Dans cette boîte de prod, j’ai aussi mon prochain court sur l’avortement : Les Poissons préfèrent l’eau du bain. Et il y a aussi un autre court à venir : Les Témoins. Ce sont des projets que je fais totalement en dehors des Arts Déco et pour le côté scolaire, j’écris un mémoire sur le cinéma ludique, comment jouer avec le spectateur. »

Rencontre avec le réalisateur :

« Pour la genèse de Blanche, j’étais jury au festival de Clermont-Ferrand en janvier et c’est là que j’ai rencontré Géraldine , je l’avais vue jouer dans un court-métrage. Elle sortait du conservatoire de Paris et c’est elle qui m’a donné les contacts de tous les « amants » du film. Ce sont des gens qui viennent du théâtre, qui sont passés dans les mains de Mesguich ou de grands, qui ont beaucoup de technique. C’est vraiment intéressant, comme j’aime travailler en plan séquence ça ne leur fait pas peur d’enchaîner 3 minutes. »

Comment t’es venue l’idée de ce film ?

«  D’une part je voulais vraiment travailler avec des personnages féminins, un film qui ne traite pas de la féminité en tant que premier thème du film. Dès que les femmes ont un rôle principal, ce sont soit des putes, soit c’est des mères, soit c’est des espèces de trucs un peu virils. J’ai pris le contrepoint de la figure du sultan et de son harem. On se retrouve donc avec une fille et plein de gars. Après ça m’a donné des idées visuelles.
En dessin je travaille beaucoup sur les échelles et je voulais travailler avec des gens petits, avec des effets spéciaux. Comme je viens de l’animation, incruster quelque chose à un fond vert, techniquement, c’est le b.a.-ba chez nous. Avec cette maîtrise technique, tu sais qu’au niveau du scénario tu ne vas pas te brider.

Après il faut faire attention à ne pas faire qu’un cinéma d’idées et que ce soit pertinent. Il y a des gens qui vont te dire : le cinéma c’est une question de points de vue. Dans le film quand ça se passe dans la valise on n’a que des plans fixes, ça donne un côté un peu maquette et les couleurs sont assez sombres, ternes. A l’opposé chez Blanche on est toujours caméra à l’épaule, il y a des focales longues, des grands angles, c’est plus doux, c’est duveteux, il y a plein de lumière chez elle. On ne s’en rend pas forcément compte, c’est des trucs qi durent un quart de seconde, mais c’est ce qui fait que l’opposition marche entre les deux.

Et puis pour finir il y a aussi l’idée de domination qui m’intéresse beaucoup. Donc j’ai rassemblé tout ça !

C’était mon premier film et j’étais hyper stressé. Jai pu le faire aussi parce que le chef opérateur Pierre Edelmann  m’a vraiment soutenu, il est arrivé avec son équipe, pareil pour Géraldine. Ce sont des vrais professionnels, qui bossent sur des gros projets.

Qu’est-ce que ça fait de travailler directement avec des pro comme ça ?

« C’est à la fois flippant et porteur. Tu as toutes les équipes techniques, les mecs sont à un tournage par semaine. Les deux premiers jours tu te fais vraiment juger. Surtout qu’il y en a qui ont fait une école de cinéma contrairement à moi. Après une semaine de tournage tu es plus à l’aise. Mais tu doutes tout le temps. Tu peux regarder des Audiard et adorer ce qui se fait au cinéma, ça ne veut pas dire que tu seras bon. Tu dois garder la tête froide. »

Ce que tu as particulièrement aimé dans la réalisation du projet ?

«  Le travail que je fais avec les acteurs. Je retravaille le texte avec eux. S’il y a des trucs qui ne passent pas, ils me le disent. La direction d’acteurs, c’est compliqué car tu as ce que l’acteur te propose et ce que toi tu veux et il faut passer 10 minutes à réfléchir pour trouver quels mots sont justes pour passer de l’un à l’autre. Ce n’est qu’une histoire de communication et d’écoute et c’est important que l’acteur puisse avoir un maximum de latitude. »

Qu’est-ce qui a été le plus dur pour toi sur un projet comme celui de Blanche ?

« C’est d’y croire sur la longueur. Au total entre l’idée et le montage ça a duré un an et demi, sachant que c’est mon premier court-métrage, une semaine de tournage et 4 jours de montage. Le plus dur c’est donc de tenir ton idée sur la longueur car c’est un travail extrêmement solitaire, tu as au final 5% de tournage.Il y a une volonté de ma part de toujours rester sur un ton léger. Même mon prochain film qui parle d’avortement doit être marrant, aura une légèreté de ton. C’est d’autant plus important quand on traite de choses dures parce que ça va permettre d’interroger les gens.

C’est donc important de ne pas se censurer au niveau du scénario, mais aussi de faire des films divertissants. Il ne faut pas nier que le cinéma est une industrie. Il faut réussir à faire un film qui a plein de niveaux de lecture : qui plaise aussi bien à ton prof de philo qui adore les films hyper chiants qu’à tes cousins qui aiment Bienvenue chez le Ch’tis. »

Rencontre avec le cinéphile :

« J’essaie d’être un peu curieux sur tout mais je suis assez classique, les gros réalisateurs pour moi c’est : Lynch, Almodovar et Haneke. J’adore le cinéma coréen : Park Chan-Wook qui a fait Thirst, ceci est mon sang. En France c’est Audiard. J’aime bien aussi Honoré et tous les trucs musicaux : les Tony Gatlif et Kustirica. J’adore aussi Le Sourire de ma mère de Marco Bellocchio. Après je ne suis pas complètement fan de tel ou tel réalisateur. Il y des trucs que t’admires mais finalement il n’y a pas un truc qui satisfait totalement. C’est pour ça que tu fais des films. »

PROJECTIONS :

le 10 mars au Forum des images à 19h
le 12 mars à La loge à 21h
le 13 mars au cinéma Le Lucernaire à 11h
le 13 mars à la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h
le 14 mars à la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h30

Article publié par mini-logo-etudiantdeparis

Publié: 12 mars 2010