Renaud Lefevre termine tout juste ses études à l’ESRA et en est déjà à son cinquième court-métrage avec Du soufre à l’encens, les sentiments. Il nous dépeint ici les sentiments vifs, violents par lesquels on passe quand on aime, mais qu’on est encore le seul à le savoir. Ce moment avant une histoire d’amour, histoire qui n’aura peut être jamais lieu.…
Les sentiments, entre rêve et réalité
Le décors : une colocation étudiante.
Les personnages principaux : Louis (Simon Frenay) et Juliette (Capucine Delaby).
Le sujet : la rencontre amoureuse.
Jusque-là un classique.
Là où le film prend tout son sens c’est qu’il adopte un point de vue particulièrement intéressant : celui de la personne qui aime et ne sait pas si elle est aimée en retour.
« J’avais envie de raconter une histoire amoureuse, de parler du désir amoureux, de tout ce qui se passe avant et de ce moment où, n’étant pas sûr de la réciprocité des sentiments, on préfère s’évader dans le rêve, l’imagination et se projeter »
Dans ce court-métrage en trois actes, on balance entre les sentiments, entre souffrance et plaisir, entre le « soufre » et « l’encens », entre rêve et réalité, un retour à la réalité souvent brutal.
Au-delà de l’histoire, le réalisateur traduit cette alternance en travaillant sur le traitement des images : plus superficielles quand on est dans le rêve et naturelles, vives quand on est dans la réalité. Une attention particulière a également été accordée au son.
Une page qui se tourne, l’avenir qui s’ouvre
Du Soufre à l’encens, les sentiments est le projet de fin d’études de Renaud Lefevre, qui lui a valu le prix du meilleur film et du meilleur son, prix décernés chaque année par l’école.
« J’avais vraiment envie de faire ce projet de fin d’école. La partie que je préfère c’est vraiment le tournage. Le moment où ça se concrétise, où il faut trouver des nouvelles choses parce que ça ne va pas vraiment avec ce qu’on avait imaginé. »
Pour concrétiser ce projet, il a su s’entourer d’une équipe soudée, tous de l’ESRA composée au fur et à mesure de ses trois années d’études.
Avant cela, il a réalisé et écrit quatre autres court-métrages, dont deux qui sont des projets hors-école avec Kuiv productions. Il vient également de travailler comme 3ème assistant réalisateur sur le prochain film d’Alexandre Arcady. Un beau début de parcours d’autant plus apprécié qu’il n’avait pas du tout commencé ses études par le cinéma mais par le commerce, plutôt pour rassurer ses parents que par vocation.
Aujourd’hui, diplômé de l’ESRA, Renaud Lefevre souhaite, à terme, devenir auteur-réalisateur. Mais il reste lucide sur ce métier : il reconnaît qu’il débute seulement sa carrière et qu’il n’a peut-être pas encore les compétences nécessaires ni la confiance des professionnels du secteur. C’est pourquoi il compte tout d’abord faire ses armes en tant qu’assistant réalisateur. En parallèle il travaille sur son propre projet de long métrage et va bientôt tourner le court-métrage qui en est inspiré afin de chercher des financements. La route est encore longue mais comme il le dit lui-même : « C’est assez excitant d’avoir ce but-là, même passionnant. »
Vous pourrez retrouver tous les court-métrages du festival ICI&DEMAIN au cours de différentes projections entre le 10 et le 14 mars.
PROJECTIONS :
le 10 mars au Forum des images à 19h le 12 mars à La loge à 21h
le 13 mars au cinéma Le Lucernaire à 11h
le 13 mars à la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h
le 14 mars à la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h30
Un duo de danse énergique et langoureux, par deux garçons, Paul et Clément, à la fois étudiants en Master STAPS à l’Université Paris 12 et danseurs pour plusieurs compagnies. Avant qu’ils ne découvrent la danse à la fac, l’un faisait du kung-fu, l’autre était footballeur…
Du kung-fu et du foot à la danse
Une sensualité diffuse émane de ces deux danseurs en parfaite harmonie. Ils rebondissent, glissent et virevoltent, nous offrant une danse contemporaine énergique, palpitante.
Sympathiques et attachants, Paul et Clément ont séduit le comité de sélection du festival ICI&DEMAIN, aussi bien par leur danse que par leur personnalité.
La danse, ils l’ont découverte sur le tard. L’un faisait du foot, l’autre des arts martiaux. Deux ans avant d’entrer à la fac, Clément (21 ans) était dans un centre de formation de football à Créteil, puis il s’est lancé dans les raids multisports (course d’orientation, VTT…). Quant à Paul (25 ans), il pratiquait le kung-fu (mais aussi l’aïkido, la capoeira…).
La danse contemporaine, a priori, ce n’était pas trop leur truc. « J’avais toujours aimé danser mais je ne m’étais jamais vraiment intéressé à la danse contemporaine, explique Clément. J’avais juste touché aux pratiques artistiques par la musique. » « J’étais assez intéressé par tout ce qui est hip-hop, break, poursuit Paul, mais je ne connaissais absolument pas la danse contemporaine. Pour moi c’était soit le classique, soit le sol, le hip-hop. »
C’est à la fac de STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) de l’Université Paris 12 de Créteil que la danse vient à eux et attrape leur talent au vol. « On a découvert la danse dans les cours obligatoires de STAPS. On a tellement accroché qu’on s’est inscrits à l’atelier de danse de notre prof, Bénédicte Raquin. C’est là qu’on s’est connus. Ensuite on est rentrés dans la compagnie de la prof, Sans Dessus Dessous, qui est constituée d’anciens élèves de STAPS. C’est dans la compagnie qu’on est devenus potes. »
Ils sont entrés en STAPS pour devenir profs de sport. Aujourd’hui, ils sont danseurs.
Un duo évolutif
Paul et Clément ont commencé à travailler en duo après avoir intégré la compagnie amateur Sans Dessus Dessous. « Je devais faire un numéro solo pour un gala, raconte Paul, et j’ai eu un problème technique avec le mât chinois sur lequel je devais grimper. Je me suis retrouvé une semaine avant sans rien. Je ne voulais pas faire un solo de danse, c’est très prétentieux, il faut un bon niveau. Alors j’ai proposé à Clément de faire un duo. On l’a monté à l’arrache en une semaine. Et la première version est née… » « Et coup de bol, ajoute Clément, on l’a dansée 10 ou 15 fois. »
Depuis ils n’ont plus arrêté de travailler sur leur duo, le modifiant sans cesse. « C’est notre travail de recherche à deux qui continue. » Aujourd’hui, il a un titre : Lève un peu les bras ! Leur danse s’inspire de « tout ce qui est très physique, tout ce qui vient de chez les Belges », comme les Ballets C. de la B., un collectif belge de différents chorégraphes (Sidi Larbi Cherkaoui, Alain Platel…). Mais aussi Hofesh Shechter, ancien de la Batsheva Dance Company, compagnie israëlienne.
Une danse emplie d’énergie et de sensualité, dans laquelle on retrouve des inspirations telles que les déplacements d’animaux ou la capoeira. Des musiques bien choisies, alternant entre le planant et le punchy. Un évident charisme sur scène. En bref, un duo qui fonctionne parfaitement, le temps de la cuisson des pâtes (8 minutes), comme ils l’écrivent eux-mêmes.
Les deux garçons dansent chacun dans d’autres compagnies : Les Passagers (danse aérienne) et Moebius (danse contemporaine) pour Clément, Les Passagers aussi et le projet Scènes de mains du musicien Dylan Corlay (travail sur le rôle des mains dans l’art) pour Paul. « L’objectif, c’est de manger avec ça plus tard », confie Clément, à qui il ne manque plus qu’un cachet pour obtenir le statut d’intermittent du spectacle. Pas question pour autant d’abandonner les études. « Les études, c’est la base. C’est ce qui nous permet de faire des choix dans notre activité, parce qu’elles vont nous permettre d’avoir un boulot derrière. La danse est arrivée après les études, même si maintenant elle a pris tout notre temps. »
Ne ratez pas la dernière représentation de l’un des coups de cœur du festival ICI&DEMAIN, le 17 mars au théâtre de Ménilmontant !
Vous pourrez également les retrouver :
- les 9 et 10 avril à la MJC Club de Créteil 9, rue Charpy – 94000 Créteil – Tél. : 01 48 99 75 40 - les 10 et 14 mai à la Maison des Arts de Créteil Place Salvador Allende – 94000 Créteil – M° Créteil Préfecture – Tél. : 01 45 13 19 19
Article publié sur
> Photos du spectacle au Point Éphémère(crédit : Sonia Musnier) :
« Qu’est-ce que l’amour ? Comment bien faire pour que ça fonctionne ? Pourquoi ça finit ? La fidélité est-elle importante ? » Autant de questions que nous nous posons tous, et encore plus quand on a 25 ans.
La compagnie Sous l’écorce nous amène, avec humour et émotions, au coeur d’une introspection sur ce que représente l’amour quand on a 25 ans, et fait un état des lieux des doutes et questions qui s’y rapportent.
Et pour vous, c’est quoi l’Amour ?
Basée sur une série d’une vingtaine d’interviews réalisées auprès de jeunes de 25 ans environ, A.M.O.R.(T) pourrait être une mise en scène originale et rythmée d’une étude sociologique sur les jeunes et leur représentation de l’amour.
L’amour est une source de questionnements pour tous. On se reconnaîtra donc dans chaque moment et chaque personnage de la pièce qui, si elle ne nous donne pas vraiment de réponse, ce qui serait un peu ambitieux, nous rassure sur le fait que nous ne sommes pas les seuls à nous interroger.
C’est d’ailleurs ce pourquoi Nina Chataignier, metteur en scène de la pièce, a choisi ce thème : « L’amour est un sujet difficile et qui peut vite être banal, c’est pour ça que j’ai choisi une cible précise. J’avais envie de parler de ma génération. Et puis moi je me posais des questions et j’avais envie d’aller voir les autres pour vérifier que je n’étais pas la seule à penser ça.»
Une pièce rythmée, à la fois drôle et sensible
Le souhait du metteur en scène : « Le public doit être en éveil tout au long du spectacle ». C’est pourquoi on assiste à une alternance de monologues reprenant les propos des interviews, de passages en mouvements et de séquences muettes. « Le rythme est enlevé, le jeu exagéré à la manière du cinéma muet. Le corps est sans cesse soumis aux im(pulsions) et énergies contraires : Attirer et repousser, vouloir se remplir, se retenir, donner et recevoir. Ces séquences sont le fil conducteur du spectacle où comique et émotions s’entremêlent. » De temps en temps, Ursula, personnage récurrent et haut en couleurs, nous retrouve pour nous donner des « leçons d’amour ».
D’un projet personnel …
Nina Chataignier,25 ans, en Master 2 Mise en scène et dramaturgie à Paris 10 , étudie le théâtre depuis le lycée. En parallèle de l’université, elle commence à se frotter de plus près à la mise en scène, tout d’abord en tant qu’assistante auprès de Nicolas Liautard, Clément Poirée et David Bobéeau. Elle monte ensuite elle-même deux pièces avec sa compagnie : Compagnie sous l’écorce, créée en 2005 : L’Inattendu ( de Fabrice Melquiot) et Chair Amour (de Victor Haïm).
Après ces deux projets, de mise en scène de textes existants, elle veut se lancer dans quelque chose de plus personnel : « C’est une autre étape pour moi, j’avais envie cette fois-ci de prendre un peu plus de risques, de développer mon univers à moi en créant un spectacle fragmentaire, à partir de paroles collectées, du corps et de la personnalité des acteurs ».
Son univers, on le découvre donc à travers cette pièce, elle aime notamment que le théâtre soit charnel, qu’il y ait du corps. On y retrouve aussi ses influences, que ce soit tg STAN, compagnie belge qui travaille sur la cassure de l’illusion, N.Liautard et et son travail sur la pantomime ou le côté burlesque de Chaplin. L’interview et le mouvement sont des aussi des pistes importantes qu’elle souhaite explorer de plus en plus.
Le choix du sujet est lui aussi très personnel, partant de ses propres interrogations. Elle va donc aller explorer les questionnements et les doutes des autres, voir si elle s’y retrouve. Elle souhaitait mettre en scène toutes ces hésitations qu’on peut avoir vis-à-vis de l’amour quand on a 25 ans . « Pour ma génération, l’amour et le couple, c’est peut-être le dernier pari que l’on fait encore sans revoir nos exigences à la baisse. »
… à une création collective
Tout commence par les interviews auxquelles les comédiens eux-mêmes participent. Après avoir rassemblé toutes ces citations, Nina a travaillé avec les acteurs sur la « mémoire » : « J’ai initié le travail par une sollicitation de la mémoire. Quels souvenirs gardions-nous des témoignages ? Qu’est ce qui faisait échos à nos questionnements personnels ? Qu’est ce qui nous avait touchés, surpris ? » À partir de là, chaque comédien a fait son propre monologue. Les propos recueillis deviennent donc les textes de la pièce, complétés par le travail de Nina Chataignier et d’Aurore Jacob qui a collaboré à l’écriture. Les séquences en mouvements aussi sont le fruit d’un travail collectif, nées d’improvisations. Le groupe travaille donc ensemble sur l’élaboration et le montage des différents fragments de la pièce. C’était un souhait de Nina : faire une œuvre collective, enrichie de contributions extérieures, de contributions des acteurs et même du public. « Je voulais proposer un vrai temps d’expérimentation, de recherche et d’invention, sur le plateau à partir du vivant, des acteurs. »
Au final, A.M.O.R.(T) retrace par la mise en lumière de ces questionnements sur l’amour, les différentes étapes qui le constituent. Par là-même, la pièce nous fait nous interroger, et nous interroge même directement laissant une place aussi à l’interaction avec le public. Mais sur cette partie-là on ne vous dévoilera rien, c’est plus drôle si vous ne savez pas…
We were evergreen, c’est un peu une bonne résolution qui aurait été plus que tenue : il y a deux ans, Michael a décidé de faire partager ses créations avec le public. Il a invité Fabienne à le rejoindre dans cette aventure, puis William est venu leur apporter sa rythmique. C’est ainsi qu’est né le groupe de pop qui se produira deux fois lors du festival.
Tenir ses résolutions
Nous sommes le 1e janvier 2008 et Michael, étudiant en musicologie à Paris IV (actuellement en M1 Administration et gestion de la musique), écrit et compose des chansons depuis quelques temps déjà.
En cette journée de bonnes résolutions, il décide que ça serait bien de les faire découvrir au public. Il se crée une page sur MySpace et y charge ses chansons. Fabienne, avec qui il était en prépa et prenait des cours de théâtre à ce moment-là, a écouté les morceaux et s’est joint à lui au piano pendant que le jeune homme était à la guitare et, de temps à autres, à la batterie. Très vite, tous les deux ont joué dans des bars et la nécessité d’un batteur percussionniste s’est fait sentir. William, qui prenait des cours de percus avec Fabienne, les a rejoint sur certaines dates puis à temps plein. Il passe d’ailleurs cette année son prix au Conservatoire de Paris, en percussions. C’est aussi lui qui est à l’origine des samples utilisés dans les compos du groupe et, en plus, il est multi-instrumentiste (percussions donc, batterie, guitare, basse, piano). Fabienne quant à elle a eu son master de lettres l’an dernier et vient de passer les épreuves du CAPES. Elle fait de la musique (piano) depuis son plus jeune âge et a étudié les percussions pendant 10 ans.
« Evergreen », en anglais, se sont les arbres à feuilles persistantes. Michael aimait ce qu’évoque ce mot, c’est donc tout naturellement que le groupe s’appelle comme ça. Finalement, « we were » a été ajouté au nom d’origine. Pour y amener de la poésie, en faire une phrase, y adjoindre un petit air de nostalgie, avoir trois mots et donc parler de trio dès le nom du groupe. Michael reconnait toutefois que c’est joli mais un peu compliqué à prononcer !
De la pop née dans les bars
Muni de ses premières compositions, le groupe joue donc dès 2008 dans les bars. Michael continue a écrire et composer et les deux autres participent aux arrangements finaux des morceaux, chacun ajoutant sa touche à la musique de We were evergreen. Pour Fabienne, cette touche est souvent l’ajout de sa voix en support de celle du compositeur-guitariste.
Une des particularités musicales du groupe est de retravailler leurs morceaux en fonction des lieux dans lesquels ils jouent, entre autres pour des raisons techniques – faire rentrer un piano dans un bar, ça peut parfois être dur ! Les chansons ne sont donc jamais définitivement posées et évoluent continuellement.
Ces évolutions sont aussi influencées par leurs goûts personnels en tant qu’auditeurs : les Beattles restent leur point de convergence, tout comme la pop des années 1960 avec les Beach Boys ou Simon & Garfunkel. Michael écoute beaucoup de pop-rock « classique » mais aussi Beirout ou The Shins, William est très branché électro et pop-rock français, Fabienne écoute du jazz instrumental, de la world, les Clash et les Doors. Ce sont ces artistes réunis qui donnent la pop dansante du groupe.
D’ailleurs, le contraste est étonnant entre le côté entrainant de leur musique et les textes. Ceux-ci ne sont jamais très sérieux mais sont souvent mélancoliques. Inspirés de leurs vies de jeunes adultes, ils parlent de départs, de l’oubli, du souvenir. Mais WWE a aussi des textes plus fantaisistes voire absurdes comme Penguins & Moonboots qui n’est qu’une liste de choses que Michael aime. En fait, le groupe compare ses textes à des contes…
EP et toy-pop
Le groupe ayant commencé à jouer live dès sa création, les premières maquettes se sont faites tout aussi vite. Dès juillet 2008, avant l’intégration définitive de William, Fabienne et Michael enregistrent quelques titres, à grands renforts de multiples instruments et bruitages. Mais, problème, en live il leur est impossible de reproduire les même sons – c’est vrai que l’éponge grattée sur un évier, c’est un peu complexe à mettre en œuvre dans une salle de concert !
Mais le groupe apprend et ne reproduit pas la chose quand il enregistre en studio, en décembre dernier, un EP subventionné par une bourse Paris Jeunes Talents obtenue en juillet et par le FSDIE de Paris IV.
Cet EP de 6 titres a été enregistré en deux semaines, la pochette a été créée par un studio aux idées aussi colorées que le groupe et il est en vente à tous leurs concerts. Il sera aussi prochainement distribué sur les plateformes de téléchargement et autres Deezer (via Because).
Musicalement, le groupe fait très attention à ne pas répéter toujours le même shéma, même si celui-ci fonctionne. C’est surtout William qui veille là-dessus, de par son oreille professionnelle et ses nombreuses connaissances, tant classiques que contemporaines.
C’est aussi pourquoi le groupe relativise son attachement au courant « toy-pop ».
La toy-pop, c’est faire de la musique avec des instruments qui sont à l’origine des jouets : des petites percus, un toy-piano, un très petit clavier, un ukulélé,… dans le cas des We were evergreen. En fait, ce mouvement cherche juste à rendre la musique plus ludique. Et c’est là que les membres du groupe se rattachent au courant. Quand ils décrivent leur musique, ce sont les mots « ludique, mélancolique, plaisir, joie, petit, coloré, vert espoir, rythmé » qui viennent. Un joli résumé du mouvement…
Du carton et des pingouins
L’an dernier, Fabienne et William avaient créé des musiques d’ambiance pour la Nuit de la création étudiante à la Maison des Initiatives Etudiantes (MIE), avec une association dont ils font partie. Ils ont donc voulu que le groupe tente sa chance cette année car l’aspect pluridisciplinaire du festival leur a plu. C’est d’ailleurs un esprit qu’ils aiment et qu’ils vont mettre en scène lors de leur concert du 18 mars à Cardin, pour la Nuit de la création étudiante de cette année.
Le festival, c’est pour eux l’occasion d’avoir accès à des salles différentes de leurs lieux de production habituels :
- le 16 mars ils jouent au grand foyer du Théâtre du Châtelet pour un concert acoustique façon « concert dans un lieu atypique » et ambiance intimiste ;
- le 18 mars, ça se passera à Cardin pour un concert mis en scène et en lumières, devant 600 personnes et dans l’esprit de leur clip. C’est d’ailleurs l’équipe qui a réalisé la déco du clip, Nathaniel H’limi et Doriane Ayxandri, qui a créé la scéno de cette date (scéno financée par le FSDIE de Paris IV et une bourse CROUS Culture-ActionS).
Un été au vert
Après le festival, le groupe a diverses dates prévues en bars mais aussi au Théâtre de la Reine Blanche, pour continuer dans la veine de ce qu’ils auront fait durant le festival.
Pour cet été, ils sont en train d’organiser une « tournée des espaces verts de Paris » qu’ils comptent bien exporter dans le Sud d’origine des membres masculins du groupe.
Autre projet à venir : un deuxième clip, peut-être pour Eighteen, « mais ça n’est pas encore arrêté »…
Le collectif Tupercut’, constitué de 9 danseurs-percussionnistes, est spécialisé dans les percussions corporelles. Le spectacle « Tu dérailles » s’inspire de l’univers des gares et des trains, univers qu’ils connaissent bien puisqu’ils répètent tous les mardis dans la gare de Lyon. Entre danse et musique, le spectacle fait bouger le corps des percussionnistes mais aussi celui des spectateurs.
Neuf corps qui percutent
Tupercut’ existe depuis mars 2009. Cécile est à l’origine de ce groupe de percussions corporelles. Animatrice musique pour les enfants, mais aussi musicienne, elle utilise les percussions corporelles dans son travail, pour « apprendre aux enfants à découvrir la musique, la rythmique. » « On faisait ça dans les colos. J’ai appris plusieurs rythmes par le bouche à oreille, et aussi par un intervenant en body percussions dans un centre de loisirs où je travaillais. » Petit à petit, lui vient l’idée de monter un groupe. Elle rassemble ainsi des gens intéressés par le body rythme. « Des collègues de travail, des amis d’amis, des gens croisés dans des squats… se sont greffés à nous. On était une quinzaine au départ, maintenant il y a un noyau dur de 9 personnes. »
La plupart d’entre eux sont étudiants, souvent dans des disciplines artistiques (études corporelle, cinéma, musique…) et tous sont musiciens par ailleurs (Cécile est percussionniste, quatre d’entre eux sont batteurs, il y a aussi une violoncelliste). Certains font aussi de la danse, rien d’étonnant à cela puisque les percussions corporelles nécessitent un travail chorégraphique. « On emmène beaucoup de mouvements dans le spectacle. On joue à la fois sur le son et sur les déplacements, c’est très visuel. »
Le corps comme instrument
Les perscussions corporelles, « c’est l’utilisation de son corps en le faisant sonner, en « se tapant dessus ». On utilise les claps de mains, les pieds… » Le corps se fait alors instrument de musique et donne le rythme. Une displine très accessible et ludique (« tout le monde peut en faire »), représentée par le groupe de danse brésilien Barbatuques. Le grand public connaît mieux la compagnie Stomp, qui utilise le corps mais aussi et surtout les percussions sur objets de la vie quotidienne. « En France, il y n’y en a pas beaucoup ». Cheikh Sall à Paris, la compagnie Onstap à Avignon, Les Rythmopathes à Bordeaux…
Les Tupercut’ ont appris des mouvements en s’échangeant ceux qu’ils connaissaient. « Il y en a aussi pas mal qu’on crée nous-mêmes. » Des mouvements que le public peut expérimenter : « pendant le spectacle, on fait une initiation de 10 à 15 minutes. » Généralement très réceptifs, les spectateurs participent volontiers à ce mini-atelier : « ça se déclenche tout de suite parce qu’ils ont envie d’essayer. »
Quand on fait des percussions corporelles, le sol importe beaucoup. « Si le terrain est trop dur, c’est un peu difficile pour taper. Le mieux, c’est sur des sols de danse, des parquets ou des scènes de théâtre. » Difficile alors de trouver un lieu de répétition adapté. Le collectif répète pour l’instant deux fois par semaine, à la gare de Lyon et dans une salle du 13e arrondissement. Dans la gare, ils côtoient les groupes de hip hop qui répètent eux aussi, et les voyageurs : « les gens sont curieux, ils regardent, ils ne comprennent pas vraiment ce qu’on fait. »
Tu dérailles : dans le train de Tupercut’
Le spectacle Tu dérailles est né de ce lieu de répétition ferroviaire. Le train en est le fil conducteur : « ça se passe dans une gare, il y a un train qui arrive, Sara loupe son train à chaque fois, c’est comme ça qu’elle rencontre le groupe Tupercut’ dans la gare de Lyon. » La création du spectacle s’est faite en commun : « c’est une conception de travail collectif, tout le monde participe, tout le monde donne son avis. »
Ce week-end (NDR : 13 et 14 mars 2010), ils se produisent en extérieur à la Cité Internationale. Ils craignent leurs deux ennemis : le vent et le froid. « On a un peu peur pour le vent parce que le son s’échappe. Et taper dans le froid ça fait très mal… On fera des tours de stade pour se réchauffer ! » Samedi, le froid n’a pourtant pas entamé leur punch. Énergiques, à l’aise avec le public, ils ne laissent pas passer la moindre goutte d’ennui pendant ces 30 minutes de show qui mêle musique, danse et théâtre.
Tupercut’ participera certainement à la Fête de la musique. En attendant, vous pouvez aller les rencontrer tous les mardis de 20h à 22h, dans la salle Méditerranée (sous les voies) de la gare de Lyon.
Blanche, c’est l’histoire d’une jeune fille qui a un amant pour chaque jour. Ses amants, elle les garde précieusement, dans une valise… Blanche, c’est un court-métrage comme on aimerait en voir plus souvent : léger, ludique, très bien joué et même avec des effets spéciaux.
Nous avons rencontré le réalisateur : Pierre Mazingarbe.
Rencontre avec l’étudiant :
Pierre est étudiant en cinéma d’animation aux Arts Déco. Blanche est son premier court-métrage. Il a déjà travaillé sur d’autres projets auparavant avec le collectif Babouchka auquel il appartient : un collectif créé et composé d’étudiants de l’ENSAD. Il fait aussi beaucoup de dessin et de la pixilation (comme le stop motion mais avec des photos d’êtres humains). En plus de ses études et de ce premier court, Pierre travaille déjà sur des projets à venir :
« Je travaille sur une mini-série avec Damien Houssier, l’acteur qui joue le « lundi » dans le film. Blanche est repris par une boîte de prod, Ferris et Brockman, pour la post-production et l’envoi du film dans les festivals. Dans cette boîte de prod, j’ai aussi mon prochain court sur l’avortement : Les Poissons préfèrent l’eau du bain. Et il y a aussi un autre court à venir : Les Témoins. Ce sont des projets que je fais totalement en dehors des Arts Déco et pour le côté scolaire, j’écris un mémoire sur le cinéma ludique, comment jouer avec le spectateur. »
Rencontre avec le réalisateur :
« Pour la genèse de Blanche, j’étais jury au festival de Clermont-Ferrand en janvier et c’est là que j’ai rencontré Géraldine , je l’avais vue jouer dans un court-métrage. Elle sortait du conservatoire de Paris et c’est elle qui m’a donné les contacts de tous les « amants » du film. Ce sont des gens qui viennent du théâtre, qui sont passés dans les mains de Mesguich ou de grands, qui ont beaucoup de technique. C’est vraiment intéressant, comme j’aime travailler en plan séquence ça ne leur fait pas peur d’enchaîner 3 minutes. »
Comment t’es venue l’idée de ce film ?
« D’une part je voulais vraiment travailler avec des personnages féminins, un film qui ne traite pas de la féminité en tant que premier thème du film. Dès que les femmes ont un rôle principal, ce sont soit des putes, soit c’est des mères, soit c’est des espèces de trucs un peu virils. J’ai pris le contrepoint de la figure du sultan et de son harem. On se retrouve donc avec une fille et plein de gars. Après ça m’a donné des idées visuelles.
En dessin je travaille beaucoup sur les échelles et je voulais travailler avec des gens petits, avec des effets spéciaux. Comme je viens de l’animation, incruster quelque chose à un fond vert, techniquement, c’est le b.a.-ba chez nous. Avec cette maîtrise technique, tu sais qu’au niveau du scénario tu ne vas pas te brider.
Après il faut faire attention à ne pas faire qu’un cinéma d’idées et que ce soit pertinent. Il y a des gens qui vont te dire : le cinéma c’est une question de points de vue. Dans le film quand ça se passe dans la valise on n’a que des plans fixes, ça donne un côté un peu maquette et les couleurs sont assez sombres, ternes. A l’opposé chez Blanche on est toujours caméra à l’épaule, il y a des focales longues, des grands angles, c’est plus doux, c’est duveteux, il y a plein de lumière chez elle. On ne s’en rend pas forcément compte, c’est des trucs qi durent un quart de seconde, mais c’est ce qui fait que l’opposition marche entre les deux.
Et puis pour finir il y a aussi l’idée de domination qui m’intéresse beaucoup. Donc j’ai rassemblé tout ça !
C’était mon premier film et j’étais hyper stressé. Jai pu le faire aussi parce que le chef opérateur Pierre Edelmann m’a vraiment soutenu, il est arrivé avec son équipe, pareil pour Géraldine. Ce sont des vrais professionnels, qui bossent sur des gros projets.
Qu’est-ce que ça fait de travailler directement avec des pro comme ça ?
« C’est à la fois flippant et porteur. Tu as toutes les équipes techniques, les mecs sont à un tournage par semaine. Les deux premiers jours tu te fais vraiment juger. Surtout qu’il y en a qui ont fait une école de cinéma contrairement à moi. Après une semaine de tournage tu es plus à l’aise. Mais tu doutes tout le temps. Tu peux regarder des Audiard et adorer ce qui se fait au cinéma, ça ne veut pas dire que tu seras bon. Tu dois garder la tête froide. »
Ce que tu as particulièrement aimé dans la réalisation du projet ?
« Le travail que je fais avec les acteurs. Je retravaille le texte avec eux. S’il y a des trucs qui ne passent pas, ils me le disent. La direction d’acteurs, c’est compliqué car tu as ce que l’acteur te propose et ce que toi tu veux et il faut passer 10 minutes à réfléchir pour trouver quels mots sont justes pour passer de l’un à l’autre. Ce n’est qu’une histoire de communication et d’écoute et c’est important que l’acteur puisse avoir un maximum de latitude. »
Qu’est-ce qui a été le plus dur pour toi sur un projet comme celui de Blanche ?
« C’est d’y croire sur la longueur. Au total entre l’idée et le montage ça a duré un an et demi, sachant que c’est mon premier court-métrage, une semaine de tournage et 4 jours de montage. Le plus dur c’est donc de tenir ton idée sur la longueur car c’est un travail extrêmement solitaire, tu as au final 5% de tournage.Il y a une volonté de ma part de toujours rester sur un ton léger. Même mon prochain film qui parle d’avortement doit être marrant, aura une légèreté de ton. C’est d’autant plus important quand on traite de choses dures parce que ça va permettre d’interroger les gens.
C’est donc important de ne pas se censurer au niveau du scénario, mais aussi de faire des films divertissants. Il ne faut pas nier que le cinéma est une industrie. Il faut réussir à faire un film qui a plein de niveaux de lecture : qui plaise aussi bien à ton prof de philo qui adore les films hyper chiants qu’à tes cousins qui aiment Bienvenue chez le Ch’tis. »
Rencontre avec le cinéphile :
« J’essaie d’être un peu curieux sur tout mais je suis assez classique, les gros réalisateurs pour moi c’est : Lynch, Almodovar et Haneke. J’adore le cinéma coréen : Park Chan-Wook qui a fait Thirst, ceci est mon sang. En France c’est Audiard. J’aime bien aussi Honoré et tous les trucs musicaux : les Tony Gatlif et Kustirica. J’adore aussi Le Sourire de ma mère de Marco Bellocchio. Après je ne suis pas complètement fan de tel ou tel réalisateur. Il y des trucs que t’admires mais finalement il n’y a pas un truc qui satisfait totalement. C’est pour ça que tu fais des films. »
PROJECTIONS :
le 10 mars au Forum des images à 19h le 12 mars à La loge à 21h
le 13 mars au cinéma Le Lucernaire à 11h
le 13 mars à la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h
le 14 mars à la CIUP (Fondation Biermans-Lapôtre) à 18h30
Oh le joli mois de mars : on a mauvaise mine, on n’a pas la pêche, on est déprimés, on est fatigués, on a le moral dans les chaussettes ! Et bien nous vous avons trouvé un remède à tout ça : Jamasta ! Mais qu’est-ce que c’est ?
La première solution anti-déprime hivernale, 100% naturelle et 100% gratuite !
Un concentré de bonne humeur en musique !
Alors courrez-y ! Ils jouent à l’occasion du festival ICI&DEMAIN les 5 et 12 mars.
Première rencontre, dans une cave
Après avoir visionné leur vidéo sur myspace , étant missionnée par etudiantdeparis.fr pour faire un article sur eux, j’ai décidé d’aller les interviewer afin d’en savoir un peu plus sur ce groupe peu banal et haut en couleurs.
C’est donc dans le sous-sol d’un immeuble, au bout d’un long couloir menant à une toute petite cave que je les ai rencontrés. Bon dit comme ça, c’est peu engageant, on aurait même un peu peur. Et là c’est tout l’inverse. Je rencontre 7 musiciens passionnés et découvre l’univers magique de Jamasta, un pur concentré de bonheur et de bonne humeur en musique.
Alors pour commencer, petite présentation du groupe, il y a :
Martin : 21 ans, trombone, étudiant en musicologie à Paris 8
Arnaud, 19 ans, clavier, étudiant en Histoire à Paris 4
Lucas, 20 ans, DJ, étudiant en cinéma – son à l’école 3IS
Guillaume, 22 ans, saxophone et chant, étudiant en médecine à Paris 5
Erwan (prononcez « V » et non « W », merci pour lui), 20 ans, batterie, étudiant en postproduction à l’école CifacomSami, 19 ans, basse, étudiant en droit à Paris 1,
Léo, 21 ans, guitare et chant, étudiant à l’école 3IS
Leur histoire est un peu à l’image de leur musique : une base à laquelle ils ajoutent d’autres éléments, d’autres genres, et voyant que ça fonctionne bien, ils continuent. Au début, il y a Erwan, Léo et Sami, qui montent un groupe plutôt orienté rock. Ensuite c’est au fil des rencontres que le groupe va vraiment se former, notamment avec l’intégration du saxo en 2007 qui donne une autre tonalité aux morceaux. « On a vu que ça donnait plus de pêche, plus de mouvement ». Après l’intégration du DJ et du clavier, les derniers à être arrivés sont Martin et son trombone, il y a quelques mois.
Le nom, c’est une trouvaille d’Erwan, une référence aux « Jam sessions », un nom qui leur va comme un gant.
Du reggae / ska en passant par le rock, le hip-hop, le jazz, le rap… à Jamasta
Difficile de présenter Jamasta en une phrase, en un genre. La richesse de leur musique c’est ce melting-pot créé par leurs différentes origines musicales et leurs influences multiples : « on écoute tous de tout, donc si on peut en jouer, on va en jouer ».
Mais ils ont tout de même essayé, pour vous, de se résumer en quelques mots :
« on essaie de suivre une ligne directrice qui tire plutôt vers le ska et le reggae et après on n’hésite pas à rajouter d’autres choses ». En partant du reggae ou du ska plus classique, ils s’inspirent du jazz, du hip-hop, se sentent aussi proches de groupes du style de Caravane Palace ou Hocus pocus, « des groupes assez nouveaux qui nous influencent aussi pas mal » même si au final : ils ont leur style bien à eux. Leur musique est en évolution perpétuelle : ils s’intéressent à plusieurs mouvements, tentent des « expériences musicales », des mix avec de nouveaux genres musicaux, comme le rap dernièrement.
Les morceaux, tous très rythmés, sont des compositions originales, ou parfois des reprises réarrangées, fruit d’un travail collectif : « chacun amène des mélodies qu’il trouve ou des paroles ».
Début de répèt’
Après l’interview, la répétition : au début ça ressemble un peu à un joyeux désordre. Martin ne sait pas où mettre son trombone. Arnaud réussit à s’asseoir dans un coin et case son clavier sur ses genoux. Erwan, lui, a sa place : derrière sa batterie. Ah tiens en voilà un 8ème qui arrive ! C’est Fonky Flav, un rappeur qui se joint à eux pour quelques morceaux. Ils me font une petite place au milieu de tout ça. Bref, après plusieurs minutes d’installation, ils peuvent enfin commencer à jouer. On oublie alors qu’on est serrés dans une cave minuscule, on se retrouve au milieu d’une grande fête, on en prend plein les oreilles. Le plus incroyable, et c’est là leur talent, c’est que ce mix d’instruments et de sonorités fonctionne à merveille, ça coule tout seul.
Maintenant j’attends la deuxième rencontre, sur scène cette fois. Et la scène, c’est leur truc. Ils se sont déjà produits à plusieurs reprises, entre autres à l’Abracadabar, au Cabaret Sauvage, pour le gala de l’université Paris 5 ou au festival « Paye ton forain » près de Lyon.
Ce qui les intéresse avant tout c’est de toucher le public, un public assez large, et de le rassembler autour de leur musique et leur bonne humeur.
Bon je crois que je vais arrêter là, car le mieux c’est encore de profiter du festival ICI&DEMAIN pour aller les voir :
Mardi 9 mars, l’Hôtel d’Albret va se faire repeindre de vidéos mouvantes mixées sur de la techno expérimentale.
Rencontre avec Houcem et Elyes, les deux VJs qui seront les auteurs de cette performance.
De Tunis à Paris
L’Ecole des Beaux-Arts de Tunis est réputée pour sa formation riche. Ce qu’on sait moins, c’est qu’elle est aussi un lieu de rencontre pour artistes en devenir.
C’est donc là qu’Elyes et Houcem se sont rencontrés il y a quelques années, aux débuts de leurs études en arts graphiques pour le premier et en peinture pour le second. Ils ont toutefois été formés à bon nombre de techniques et se sont toujours intéressés à la photo et à la vidéo. Depuis qu’ils se connaissent, ils ont toujours travaillé en binôme, sous de multiples formes : « on a vécu beaucoup de choses ensemble, au sens création ».
Vers la fin de leurs études, ils ont participé à une soirée à l’école avec quatre autres amis, soirée où ils ont mixé de la vidéo. Ce fût leur première expérience de VJing.
Quelques temps plus tard, ils ont collaboré, via le centre culturel anglais de Tunis, avec des VJs britanniques. Le collectif auquel ils appartiennent, In Colors VJ’s, est né à ce moment-là, alors qu’ils commençaient à travailler en boite de nuit en parallèle.
Depuis, le collectif tourne et fonctionne selon les demandes et les projets. Ces membres ne se retrouvent jamais tous les six en même temps, d’autant plus qu’In Colors existe des deux côtés de la Méditerranée.
Une fois qu’Houcem décroche sa maitrise en arts plastiques spécialité peinture et qu’Elyes a son master d’arts graphiques orienté PAO en poche, tous deux décident de venir en France poursuivre leurs études : Houcem enchaine sur un DEA (l’ancêtre du M2) puis sur une thèse, en cours, sur la vidéo comme pratique artistique et le VJing en particulier à Paris I. Elyes, après un stage dans le domaine de l’édition, lui servant à valider son master tunisien, reprend ses études en cinéma à Paris 8 pour apprendre certains aspects techniques de la vidéo qu’il ne maitrisait pas encore comme, par exemple, tout ce qui a trait à la scénarisation.
Arrivés à Paris, il y a maintenant trois ans, les 2 VJs continuent comme à leur habitude à mixer en boite et c’est là qu’ils rencontrent Alex, aka DJ Soliman, qui est aussi organisateur de soirées. Soliman voulait « habiller visuellement » ses soirées, il a donc fait appel à eux et les a fait performer au Batofar, au Bus Palladium, à la Scène Bastille et à Glaz’Art, entre autres.
Pour Soliman, ce qui va se passer dans le Marais mardi prochain sera une expérience nouvelle car il s’est joint au collectif pour cette expérience en particulier mais aussi car la techno expérimentale qu’il va mixer live ce soir-là n’est pas tout à fait dans son registre habituel.
Produire et recycler
Quand on les interroge sur le VJing, cette pratique artistique datant du début des années 90 (époque préhistorique d’un point de vue technologique, où les VJs utilisaient des piles de magnétoscopes et des mélangeurs vidéos, mais pas encore de numérique), Elyes la définit comme suit : « le VJing c’est une représentation visuelle du son et du rythme. C’est mettre des images sur de la musique et non l’inverse ». Et Houcem d’ajouter, pour la note technique : « c’est du mixage vidéo en temps réel ».
La vidéo qu’ils mixent a diverses sources : VHS, Super 8, photo, 3D, dessins, diapos, animations,…
Ils produisent eux-mêmes beaucoup de ce matériel, par exemple, ils partent en trip photos et voient, en fonction du résultat, ce qu’ils peuvent utiliser.
Ils recyclent aussi certains matériaux, surtout vidéos, quand des passages les intéressent pour le mouvement et en tire une boucle vidéo. Le plus intéressant pour eux dans le VJing étant la notion de rythme. Certains éléments recyclés le sont aussi pour une couleur ou un graffiti. En bref, tout ce qui attire leurs yeux et qui peut être intéressant, diffusé en boucle. « Ce qui est génial avec la boucle, c’est que ça révèle ce que tu ne vois pas en visionnant la vidéo normalement. La boucle donne un autre sens. Elle décontextualise et déconstruit, elle donne une autre vie au matériel, elle l’emmène dans un autre univers. »
Par ailleurs, quand les deux VJs recyclent du matériel, ils y ajoutent des éléments, numériquement ou à la main, afin de se l’approprier encore plus.
Et le mapping vidéo dans tout ça ? Le mapping vidéo, c’est du VJing projeté sur un bâtiment. La différence fondamentale entre les deux pratiques est que le VJing est créé live alors que le mapping est scénarisé à l’avance. Par contre, des éléments sont ajoutés en live à ceux déjà prêts. Pour Elyes et Houcem, le mapping c’est l’évolution logique de leur travail via l’ajout d’un nouvel élément : l’architecture. « Quand on projette sur un mur, c’est juste un écran pour refléter l’image alors que pour le mapping vidéo, le bâtiment n’est plus simplement un écran, il devient lui-même un calque, une extension de la vidéo. Il interagit avec le produit final lui-même. Ca donne une autre lecture à l’architecture ».
ICI&DEMAIN leur donne l’occasion de réaliser une performance qui devrait nous faire voir un des grands et beaux hôtels particuliers du Marais d’un autre œil.
Le festival, et demain
Houcem et Elyes ont connu le festival par leur amie Kahena Sanaa, metteuse en scène du spectacle pluridisciplinaire « Je ne sais plus où j’en suis » programmé durant l’édition 2009. Houcem décide alors qu’il veut tenter de participer au festival suivant, « ICI&DEMAIN » devient même une des tâches inamovibles de sa to-do-list, stockée sur son téléphone portable.
Une semaine avant la date limite d’envoi des candidatures, le festival leur étant légèrement sorti de la tête jusqu’alors, ils remplissent finalement le dossier d’inscription après s’être enfermés quelques jours à travailler sur une démo, l’urgence éveillant leur créativité. Le dossier de candidature est finalement envoyé à la date limite mais il y a un souci avec La Poste… le DVD a toutefois été visionné de justesse… !
Les VJs ont ensuite commencé à discuter de la direction qu’ils souhaitaient prendre pour la performance du festival, entre autres quelles techniques ils allaient utiliser. Ils ont construit leur scénario et produit les éléments qu’ils vont utiliser. Pour ICI&DEMAIN, ils vont d’ailleurs utiliser des « gribouillages », afin de garder un côté plastique (dans le sens « arts plastiques ») à leur performance, afin de garder un rapport direct à la matière, même s’ils doivent scanner leurs travaux, l’intégralité de leurs rendus étant numérique.
Ils vont aussi prendre des photos, tenter des modifications et dessins en live, à la tablette graphique, enfin s’ils arrivent à en intégrer une à leur installation. Car techniquement, le projet est lourd pour eux, ils n’auraient d’ailleurs pas eu les moyens de réaliser une telle performance sans le festival. Ils vont projeter sur une surface de 15×16 mètres (Houcem est allé faire des relevés et a redessiné le plan de la façade pour l’occasion), avec une machinerie spécifique (3 PCs, 1 Mac et la console du DJ assemblés en réseau). Deux de leurs ordinateurs ne servent qu’à la projection : l’un diffuse les calques et l’autre fait la même chose et envoie son signal au premier. Du coup, ils peuvent travailler simultanément sur les deux et ainsi choisir sur le moment de projeter les rendus de l’une ou l’autre des machines.
Côté musique, le DJ va faire un set de musique électronique répétitive, « d’électro acoustique », qui va être la base rythmique des VJs pour la diffusion des images.
A noter qu’ils ont aussi une piste son dédiée sur la table de mixage du DJ, sur laquelle ils peuvent envoyer les sons de leurs vidéos mais aussi de leur banque sons, certains ayant été pris pour l’occasion, inspirés de la vie quotidienne (métro, rue, commerces,…).
Pour revenir au DJ, le signal numérique produit par sa musique est transféré aux ordinateurs de mixage vidéo. Ils sont équipés d’un programme qui peut caler la diffusion de leurs vidéos sur ce signal et qui peut être activé ou désactivé à loisir !
Dans l’avenir, les VJs voudraient pouvoir aller encore plus loin techniquement et artistiquement en mettant en scène leurs espaces de projection et en incluant d’autres techniques à leurs performances comme le light painting. « Il y a des idées, maintenant il faut trouver comment les réaliser ! »
Pour In Colors VJ’s : Houcem Boukef et Elyes Rebai
DJ : Alex Rubio aka DJ Soliman
Retrouvez leur prestation mardi 9 mars à 20h30 à l’Hôtel d’Albret, siège de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris – 31 rue des Francs-Bourgeois dans le 4e – Métro Saint-Paul-le-Marais.
Ils sont 8. Ils se sont rencontrés au conservatoire d’art dramatique du 19e arrondissement. Ils ont entre 21 et 28ans et sont, ou étaient il y a peu, étudiants à l’ université.
De leur études universitaires et théâtrales, ils ont gardé anecdotes, verbe et questions mais aussi un certains recul et une bonne dose de dérision. C’est pourquoi ils ont créé « L’Université du BazArt », pièce de théâtre drolatique, destinée à être jouée en amphi.
Hortense, comédienne mais aussi auteur de la pièce, a donc rencontré il y a quelques années maintenant Christophe, Camille, Sarah, Mickaël, Adèle, Gabriel, Rares et Charlotte au conservatoire du 19e. Puis, le Théâtre du Rond-Point a eu la bonne idée de lancer un appel à projet à destination des élèves des conservatoires d’arrondissement : une pièce courte était présentée et, si elle était retenue, elle serait jouée lors d’un spectacle au Rond-Point, avec d’autres, tous les soirs durant une semaine. L’Université du BazArt première mouture a été retenue et a obtenu de bons retours suite à ces prestations. Hortense a alors cherché à transformer la pièce en format long mais a peiné sur l’écriture.
Nous sommes début 2009 et les événements universitaires que nous connaissons tous débutent. Le petit monde de la fac se pose beaucoup de questions, se remet en cause et l’auteur de la pièce pense alors que c’est le moment ou jamais d’en terminer la rédaction et, surtout, de la jouer. Elle fait appel aux autres comédiens, chacun l’aidant à écrire le rôle lui étant destiné et la troupe monte enfin sur les estrades en mai 2009, pour 7 représentations en fac, à la Bellevilloise (à l’occasion du festival Libre comme l’art) et à la Cité U.
Entre ces représentations, le spectacle est sans cesse retravaillé. Pourquoi ? Pour encourager le public à intervenir, à interagir, à se poser des questions… La pièce joue sur les codes narratifs, c’est une comédie, mais pas que. « On joue sur une confrontation entre les images, le discours et l’action. Les 3 ayant leur logique propre ».
La légitimité de la parole
Dans l’Université du BazArt, les comédiens deviennent profs, élèves, secrétaires d’UFR, appariteurs et les spectateurs sont transformés en étudiants attentifs, assistant à un cours d’histoire de l’art turbulent.
L’histoire de l’art sert de prétexte à la troupe pour montrer images et film, rendant le cours vivant, y introduisant du latin, de l’esthétique, de la philo. Et puis Hortense étudie l’histoire de l’art et, comme elle le dit, « on est bon que dans ce qu’on connaît ».
Tous les personnages de la pièce portent des lunettes, à la fois fils conducteurs de celle-ci et « nez de clown » des acteurs. Ils sont leur personnage une fois les lunettes sur le nez.
D’ailleurs, la question de l’acteur est récurrente dans la pièce : le professeur est-il un acteur ? Le comédien enseigne-t-il à son public ? L’étudiant peut-il apprendre quelque chose aux autres ? Qui sait ? Qui écoute ?
« Il y a l’idée qu’on est tous, à un moment, soit élève, soit professeur. » dit Adèle. « Les codes, par rapport à ceux qui enseignent et ceux qui reçoivent l’enseignement, sont bousculés. Il y a des moments où ceux qui ne sont pas prof deviennent à leur tour enseignants. La pièce est vraiment une réflexion sur le rôle de l’enseignant et celui de l’élève, comment ils s’imbriquent, ce qui fait qu’on est attentif, par qui vient l’enseignement. Et c’est pas forcément ceux qu’on croit. »
La pièce remet aussi en cause le rapport comédien/professeur : « sur la question de l’enseignement, on va tenter d’y implanter de l’humain. Sur la question du théâtre, on va tenter d’y implanter du discours ». Se pose donc la question de la légitimité de la parole : je suis prof, je suis comédien : pourquoi on m’écoute moi et pas un autre ? Pourquoi les autres ne parlent pas ? L’Université du BazArt a été écrite pour inciter le public à réagir, que ce ne soit pas seulement l’enseignant-comédien qui lui parle, pour que ça « déborde ». Ca ne marche pas toujours. La troupe a toutefois eu affaire à un spectateur surmotivé qui tentait de répondre à toutes les questions posées par les comédiens sur scène ou au vrai appariteur qui, ayant envie de rentrer chez lui à l’heure dite, a tenté de fermer la salle, stoppé de justesse par le faux appariteur, le comédien.
La pièce a été faite pour être travaillée avec le public, sans trop de répétitions au début, afin de laisser la place au public de réagir et à l’écriture d’évoluer.
Leur prochain challenge ? Changer quelques éléments de la narration pour que le public ose enfin cette interaction…
L’Université du BazArt se produira pendant le festival ICI&DEMAIN le dimanche 14 mars à 18h30 à la Cité Universitaire Internationale de Paris, Maison de la Belgique (cliquez ici pour réserver une place).
Benjamin Hélion et Anne Beaugée, tous deux âgés de 23 ans et étudiants aux Gobelins, ont présenté lors du festival ICI&DEMAIN 2009 une expo très amusante, où l’art et le jeu se mêlent. L’exposition »Expressions idiomatiques » illustre par la photographie les expressions imagées de la langue française, telles que « poser un lapin », « marcher sur des œufs » ou « casser du sucre sur le dos ».
L’exposition : « Expressions idiomatiques », par Benjamin Hélion et Anne Beaugée
« Se crêper le chignon », « Ne pas avoir la langue dans sa poche », « Avoir un chat dans la gorge »… Autant d’expressions très connues de la langue française mais qui, quand on les prend « au pied de la lettre » (autre expression imagée), ne veulent plus dire grand-chose.
L’exposition présente 40 photographies qui illustrent ces expressions avec humour et talent.
Portrait : Benjamin Hélion (étudiant aux Gobelins)
« J’ai toujours détesté l’emploi des expressions , c’est pour moi une marque primaire de manque d’imagination ». C’est ainsi que Benjamin a eu l’idée de jouer avec ces expressions de la langue française. Avec Anne, étudiante comme lui aux Gobelins dans la section Photographie (elle en prise de vues, lui en traitement d’image), ils décident de mettre en scène certaines expressions idiomatiques sous une forme ludique grâce à la photographie. Au départ, celles-ci étaient destinées à apparaître dans un livre, mais ils décident dans un premier temps de présenter une exposition lors du festival Ici et Demain, le projet de livre restant toujours d’actualité (avis aux éditeurs…).
Tous les shootings photos ont étés réalisés dans l’appartement de Benjamin, que celui-ci partage avec 3 colocataires : « le studio à la maison, c’est sympa comme façon de bosser, ça crée une ambiance ou tout le monde fait un peu partie du projet ». Chaque samedi, pendant 6 mois, le grand salon a été coupé en deux : un studio photo dans la moitié du salon et dans l’autre moitié, un coin « apéro ». « On faisait ce qu’on appelait des « apéros shootings » : on invitait une vingtaine d’amis et on écoutait leurs propositions ». Dans la moitié studio photo, un fond blanc et pour lumières, deux flashs que Benjamin possède. Dans cette ambiance conviviale mais non moins studieuse, les amis se transforment en modèles. Le salon de Benjamin devient ainsi un « vivier de modèles permanents ». En effet, Anne et Benjamin ont décidé de ne faire appel qu’à des amis plutôt qu’à des mannequins, jugeant « plus intéressant de montrer de vrais gens ».
Après les shoots photos, place au montage et aux retouches, la plupart des photos ayant été montées sur Photoshop. « On a parfois utilisé 7 à 8 clichés différents pour monter une photo. »
Anne et Benjamin ont présenté une quarantaine de leurs photographies lors de l’exposition. Pour donner un sens ludique à celle-ci ils ont choisi de ne pas donner d’indications sur les expressions représentées, afin de « créer la conversation ». Au spectateur donc de deviner et de s’amuser avec les autres visiteurs à proposer une interprétation !
« Avec cette exposition, on espère créer le gros buzz. Ce projet on le porte à deux mais on est beaucoup à y tenir ».