Jamasta : du concentré de bonne humeur

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Oh le joli mois de mars : on a mauvaise mine, on n’a pas la pêche, on est déprimés, on est fatigués, on a le moral dans les chaussettes ! Et bien nous vous avons trouvé un remède à tout ça : Jamasta ! Mais qu’est-ce que c’est ?
La première solution anti-déprime hivernale, 100% naturelle et 100% gratuite !
Un concentré de bonne humeur en musique !
Alors courrez-y ! Ils jouent à l’occasion du festival ICI&DEMAIN les 5 et 12 mars.

Première rencontre, dans une cave

Après avoir visionné leur vidéo sur myspace , étant missionnée par etudiantdeparis.fr pour faire un article sur eux, j’ai décidé d’aller les interviewer afin d’en savoir un peu plus sur ce groupe peu banal et haut en couleurs.

C’est donc dans le sous-sol d’un immeuble, au bout d’un long couloir menant à une toute petite cave que je les ai rencontrés.  Bon dit comme ça, c’est peu engageant, on aurait même un peu peur. Et là c’est tout l’inverse. Je rencontre 7 musiciens passionnés et découvre l’univers magique de Jamasta, un pur concentré de bonheur et de bonne humeur en musique.

Alors pour commencer, petite présentation du groupe, il y a :
Martin : 21 ans, trombone, étudiant en musicologie à Paris 8
Arnaud, 19 ans, clavier, étudiant en Histoire à Paris 4
Lucas, 20 ans, DJ, étudiant en cinéma – son à l’école 3IS
Guillaume, 22 ans, saxophone et chant, étudiant en médecine à Paris 5
Erwan (prononcez « V » et non « W », merci pour lui), 20 ans, batterie, étudiant en postproduction à l’école CifacomSami, 19 ans, basse, étudiant en droit à Paris 1,
Léo, 21 ans, guitare et chant,  étudiant à l’école 3IS

Leur histoire est un peu à l’image de leur musique : une base à laquelle ils ajoutent d’autres éléments, d’autres genres, et voyant que ça fonctionne bien, ils continuent. Au début, il y a Erwan, Léo et Sami, qui montent un groupe plutôt orienté rock. Ensuite c’est au fil des rencontres que le groupe va vraiment se former, notamment avec l’intégration du saxo en 2007 qui donne une autre tonalité aux morceaux. « On a vu que ça donnait plus de pêche, plus de mouvement ». Après l’intégration du DJ et du clavier, les derniers à être arrivés sont Martin et son trombone, il y a quelques mois.

Le nom, c’est une trouvaille d’Erwan, une référence aux « Jam sessions », un nom qui leur va comme un gant.

Du reggae / ska en passant par le rock, le hip-hop, le jazz, le rap… à Jamasta

Difficile de présenter Jamasta en une phrase, en un genre. La richesse de leur musique c’est ce melting-pot créé par leurs différentes origines musicales et leurs influences multiples : « on écoute tous de tout, donc si on peut en jouer, on va en jouer ».

Mais ils ont tout de même essayé, pour vous, de se résumer en quelques mots :

« on essaie de suivre une ligne directrice qui tire plutôt vers le ska et le reggae et après on n’hésite pas à rajouter d’autres choses ». En partant du reggae ou du ska plus classique, ils s’inspirent du jazz, du hip-hop, se sentent aussi proches de groupes du style de Caravane Palace ou Hocus pocus, « des groupes assez nouveaux qui nous influencent aussi pas mal » même si au final : ils ont leur style bien à eux. Leur musique est en évolution perpétuelle : ils s’intéressent à plusieurs mouvements, tentent des « expériences musicales », des mix avec de nouveaux genres musicaux, comme le rap dernièrement.

Les morceaux, tous très rythmés, sont des compositions originales, ou parfois des reprises réarrangées, fruit d’un travail collectif : « chacun amène des mélodies qu’il trouve ou des paroles ».

Début de répèt’

Après l’interview, la répétition : au début ça ressemble un peu à un joyeux désordre. Martin ne sait pas où mettre son trombone. Arnaud réussit à s’asseoir dans un coin et case son clavier sur ses genoux. Erwan, lui, a sa place : derrière sa batterie. Ah tiens en voilà un 8ème qui arrive ! C’est Fonky Flav, un rappeur qui se joint à eux pour quelques morceaux. Ils me font une petite place au milieu de tout ça. Bref, après plusieurs minutes d’installation, ils peuvent enfin commencer à jouer. On oublie alors qu’on est serrés dans une cave minuscule, on se retrouve au milieu d’une grande fête, on en prend plein les oreilles. Le plus incroyable, et c’est là leur talent, c’est que ce mix d’instruments et de sonorités fonctionne à merveille, ça coule tout seul.

Maintenant j’attends la deuxième rencontre, sur scène cette fois. Et la scène, c’est leur truc. Ils se sont déjà produits à plusieurs reprises, entre autres à l’Abracadabar, au Cabaret Sauvage, pour le gala de l’université Paris 5 ou au festival « Paye ton forain » près de Lyon.

Ce qui les intéresse avant tout c’est de toucher le public, un public assez large, et de le rassembler autour de leur musique et leur bonne humeur.

Bon je crois que je vais arrêter là, car le mieux c’est encore de profiter du festival ICI&DEMAIN pour aller les voir :

Le 5 mars au point Ephémère à 20h30

Ou le 12 mars au Centre Fleury Goutte d’Or – Barbara à 20h30 avec en guest star Fonky Flav, le 8ème ! (voir détails ici)

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Publié: 11 mars 2010

Collectif In Colors VJ’S : Video mapping sur l’Hôtel d’Albret

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Mardi 9 mars, l’Hôtel d’Albret va se faire repeindre de vidéos mouvantes mixées sur de la techno expérimentale.
Rencontre avec Houcem et Elyes, les deux VJs qui seront les auteurs de cette performance.

De Tunis à Paris

L’Ecole des Beaux-Arts de Tunis est réputée pour sa formation riche. Ce qu’on sait moins, c’est qu’elle est aussi un lieu de rencontre pour artistes en devenir.
C’est donc là qu’Elyes et Houcem se sont rencontrés il y a quelques années, aux débuts de leurs études en arts graphiques pour le premier et en peinture pour le second. Ils ont toutefois été formés à bon nombre de techniques et se sont toujours intéressés à la photo et à la vidéo. Depuis qu’ils se connaissent, ils ont toujours travaillé en binôme, sous de multiples formes : « on a vécu beaucoup de choses ensemble, au sens création ».

Vers la fin de leurs études, ils ont participé à une soirée à l’école avec quatre autres amis, soirée où ils ont mixé de la vidéo. Ce fût leur première expérience de VJing.
Quelques temps plus tard, ils ont collaboré, via le centre culturel anglais de Tunis, avec des VJs britanniques. Le collectif auquel ils appartiennent, In Colors VJ’s, est né à ce moment-là, alors qu’ils commençaient à travailler en boite de nuit en parallèle.
Depuis, le collectif tourne et fonctionne selon les demandes et les projets. Ces membres ne se retrouvent jamais tous les six en même temps, d’autant plus qu’In Colors existe des deux côtés de la Méditerranée.

Une fois qu’Houcem décroche sa maitrise en arts plastiques spécialité peinture et qu’Elyes a son master d’arts graphiques orienté PAO en poche, tous deux décident de venir en France poursuivre leurs études : Houcem enchaine sur un DEA (l’ancêtre du M2) puis sur une thèse, en cours, sur la vidéo comme pratique artistique et le VJing en particulier à Paris I. Elyes, après un stage dans le domaine de l’édition, lui servant à valider son master tunisien, reprend ses études en cinéma à Paris 8 pour apprendre certains aspects techniques de la vidéo qu’il ne maitrisait pas encore comme, par exemple, tout ce qui a trait à la scénarisation.
Arrivés à Paris, il y a maintenant trois ans, les 2 VJs continuent comme à leur habitude à mixer en boite et c’est là qu’ils rencontrent Alex, aka DJ Soliman, qui est aussi organisateur de soirées. Soliman voulait « habiller visuellement » ses soirées, il a donc fait appel à eux et les a fait performer au Batofar, au Bus Palladium, à la Scène Bastille et à Glaz’Art, entre autres.
Pour Soliman, ce qui va se passer dans le Marais mardi prochain sera une expérience nouvelle car il s’est joint au collectif pour cette expérience en particulier mais aussi car la techno expérimentale qu’il va mixer live ce soir-là n’est pas tout à fait dans son registre habituel.

Produire et recycler

Quand on les interroge sur le VJing, cette pratique artistique datant du début des années 90 (époque préhistorique d’un point de vue technologique, où les VJs utilisaient des piles de magnétoscopes et des mélangeurs vidéos, mais pas encore de numérique), Elyes la définit comme suit : « le VJing c’est une représentation visuelle du son et du rythme. C’est mettre des images sur de la musique et non l’inverse ». Et Houcem d’ajouter, pour la note technique : « c’est du mixage vidéo en temps réel ».

La vidéo qu’ils mixent a diverses sources : VHS, Super 8, photo, 3D, dessins, diapos, animations,…
Ils produisent eux-mêmes beaucoup de ce matériel, par exemple, ils partent en trip photos et voient, en fonction du résultat, ce qu’ils peuvent utiliser.
Ils recyclent aussi certains matériaux, surtout vidéos, quand des passages les intéressent pour le mouvement et en tire une boucle vidéo. Le plus intéressant pour eux dans le VJing étant la notion de rythme. Certains éléments recyclés le sont aussi pour une couleur ou un graffiti. En bref, tout ce qui attire leurs yeux et qui peut être intéressant, diffusé en boucle. « Ce qui est génial avec la boucle, c’est que ça révèle ce que tu ne vois pas en visionnant la vidéo normalement. La boucle donne un autre sens. Elle décontextualise et déconstruit, elle donne une autre vie au matériel, elle l’emmène dans un autre univers. »
Par ailleurs, quand les deux VJs recyclent du matériel, ils y ajoutent des éléments, numériquement ou à la main, afin de se l’approprier encore plus.

Et le mapping vidéo dans tout ça ? Le mapping vidéo, c’est du VJing projeté sur un bâtiment. La différence fondamentale entre les deux pratiques est que le VJing est créé live alors que le mapping est scénarisé à l’avance. Par contre, des éléments sont ajoutés en live à ceux déjà prêts. Pour Elyes et Houcem, le mapping c’est l’évolution logique de leur travail via l’ajout d’un nouvel élément : l’architecture. « Quand on projette sur un mur, c’est juste un écran pour refléter l’image alors que pour le mapping vidéo, le bâtiment n’est plus simplement un écran, il devient lui-même un calque, une extension de la vidéo. Il interagit avec le produit final lui-même. Ca donne une autre lecture à l’architecture ».
ICI&DEMAIN leur donne l’occasion de réaliser une performance qui devrait nous faire voir un des grands et beaux hôtels particuliers du Marais d’un autre œil.

Le festival, et demain

Houcem et Elyes ont connu le festival par leur amie Kahena Sanaa, metteuse en scène du spectacle pluridisciplinaire « Je ne sais plus où j’en suis » programmé durant l’édition 2009. Houcem décide alors qu’il veut tenter de participer au festival suivant, « ICI&DEMAIN » devient même une des tâches inamovibles de sa to-do-list, stockée sur son téléphone portable.
Une semaine avant la date limite d’envoi des candidatures, le festival leur étant légèrement sorti de la tête jusqu’alors, ils remplissent finalement le dossier d’inscription après s’être enfermés quelques jours à travailler sur une démo, l’urgence éveillant leur créativité. Le dossier de candidature est finalement envoyé à la date limite mais il y a un souci avec La Poste… le DVD a toutefois été visionné de justesse… !

Les VJs ont ensuite commencé à discuter de la direction qu’ils souhaitaient prendre pour la performance du festival, entre autres quelles techniques ils allaient utiliser. Ils ont construit leur scénario et produit les éléments qu’ils vont utiliser. Pour ICI&DEMAIN, ils vont d’ailleurs utiliser des « gribouillages », afin de garder un côté plastique (dans le sens « arts plastiques ») à leur performance, afin de garder un rapport direct à la matière, même s’ils doivent scanner leurs travaux, l’intégralité de leurs rendus étant numérique.
Ils vont aussi prendre des photos, tenter des modifications et dessins en live, à la tablette graphique, enfin s’ils arrivent à en intégrer une à leur installation. Car techniquement, le projet est lourd pour eux, ils n’auraient d’ailleurs pas eu les moyens de réaliser une telle performance sans le festival. Ils vont projeter sur une surface de 15×16 mètres (Houcem est allé faire des relevés et a redessiné le plan de la façade pour l’occasion), avec une machinerie spécifique (3 PCs, 1 Mac et la console du DJ assemblés en réseau). Deux de leurs ordinateurs ne servent qu’à la projection : l’un diffuse les calques et l’autre fait la même chose et envoie son signal au premier. Du coup, ils peuvent travailler simultanément sur les deux et ainsi choisir sur le moment de projeter les rendus de l’une ou l’autre des machines.

Côté musique, le DJ va faire un set de musique électronique répétitive, « d’électro acoustique », qui va être la base rythmique des VJs pour la diffusion des images.
A noter qu’ils ont aussi une piste son dédiée sur la table de mixage du DJ, sur laquelle ils peuvent envoyer les sons de leurs vidéos mais aussi de leur banque sons, certains ayant été pris pour l’occasion, inspirés de la vie quotidienne (métro, rue, commerces,…).
Pour revenir au DJ, le signal numérique produit par sa musique est transféré aux ordinateurs de mixage vidéo. Ils sont équipés d’un programme qui peut caler la diffusion de leurs vidéos sur ce signal et qui peut être activé ou désactivé à loisir !

Dans l’avenir, les VJs voudraient pouvoir aller encore plus loin techniquement et artistiquement en mettant en scène leurs espaces de projection et en incluant d’autres techniques à leurs performances comme le light painting. « Il y a des idées, maintenant il faut trouver comment les réaliser ! »

Pour In Colors VJ’s : Houcem Boukef et Elyes Rebai
DJ : Alex Rubio aka DJ Soliman

Retrouvez leur prestation mardi 9 mars à 20h30 à l’Hôtel d’Albret, siège de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de  Paris – 31 rue des Francs-Bourgeois dans le 4e – Métro Saint-Paul-le-Marais.

Pour plus de détails, cliquez ici.

Photos de la performance (photos Sonia Musnier) :

Photos de la performance (photos Elodie Weber, etudiantdeparis.fr) :

Extrait vidéo sur Youtube :

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Publié: 9 mars 2010

Quand théâtre et université se mêlent, on n’apprend pas de ceux que l’on croit…

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Prologue narratif

Ils sont 8. Ils se sont rencontrés au conservatoire d’art dramatique du 19e arrondissement. Ils ont entre 21 et 28ans et sont, ou étaient il y a peu, étudiants à l’ université.
De leur études universitaires et théâtrales, ils ont gardé anecdotes, verbe et questions mais aussi un certains recul et une bonne dose de dérision. C’est pourquoi ils ont créé « L’Université du BazArt », pièce de théâtre drolatique, destinée à être jouée en amphi.

Hortense, comédienne mais aussi auteur de la pièce, a donc rencontré il y a quelques années maintenant Christophe, Camille, Sarah, Mickaël, Adèle, Gabriel, Rares et Charlotte au conservatoire du 19e. Puis, le Théâtre du Rond-Point a eu la bonne idée de lancer un appel à projet à destination des élèves des conservatoires d’arrondissement : une pièce courte était présentée et, si elle était retenue, elle serait jouée lors d’un spectacle au Rond-Point, avec d’autres, tous les soirs durant une semaine. L’Université du BazArt première mouture a été retenue et a obtenu de bons retours suite à ces prestations. Hortense a alors cherché à transformer la pièce en format long mais a peiné sur l’écriture.

Nous sommes début 2009 et les événements universitaires que nous connaissons tous débutent. Le petit monde de la fac se pose beaucoup de questions, se remet en cause et l’auteur de la pièce pense alors que c’est le moment ou jamais d’en terminer la rédaction et, surtout, de la jouer. Elle fait appel aux autres comédiens, chacun l’aidant à écrire le rôle lui étant destiné et la troupe monte enfin sur les estrades en mai 2009, pour 7 représentations en fac, à la Bellevilloise (à l’occasion du festival Libre comme l’art) et à la Cité U.
Entre ces représentations, le spectacle est sans cesse retravaillé. Pourquoi ? Pour encourager le public à intervenir, à interagir, à se poser des questions… La pièce joue sur les codes narratifs, c’est une comédie, mais pas que. « On joue sur une confrontation entre les images, le discours et l’action. Les 3 ayant leur logique propre ».

La légitimité de la parole

Dans l’Université du BazArt, les comédiens deviennent profs, élèves, secrétaires d’UFR, appariteurs et les spectateurs sont transformés en étudiants attentifs, assistant à un cours d’histoire de l’art turbulent.
L’histoire de l’art sert de prétexte à la troupe pour montrer images et film, rendant le cours vivant, y introduisant du latin, de l’esthétique, de la philo. Et puis Hortense étudie l’histoire de l’art et, comme elle le dit, « on est bon que dans ce qu’on connaît ».

Tous les personnages de la pièce portent des lunettes, à la fois fils conducteurs de celle-ci et « nez de clown » des acteurs. Ils sont leur personnage une fois les lunettes sur le nez.
D’ailleurs, la question de l’acteur est récurrente dans la pièce : le professeur est-il un acteur ? Le comédien enseigne-t-il à son public ? L’étudiant peut-il apprendre quelque chose aux autres ? Qui sait ? Qui écoute ?
« Il y a l’idée qu’on est tous, à un moment, soit élève, soit professeur. » dit Adèle. « Les codes, par rapport à ceux qui enseignent et ceux qui reçoivent l’enseignement, sont bousculés. Il y a des moments où ceux qui ne sont pas prof deviennent à leur tour enseignants. La pièce est vraiment une réflexion sur le rôle de l’enseignant et celui de l’élève, comment ils s’imbriquent, ce qui fait qu’on est attentif, par qui vient l’enseignement. Et c’est pas forcément ceux qu’on croit. »
La pièce remet aussi en cause le rapport comédien/professeur : « sur la question de l’enseignement, on va tenter d’y implanter de l’humain. Sur la question du théâtre, on va tenter d’y implanter du discours ». Se pose donc la question de la légitimité de la parole : je suis prof, je suis comédien : pourquoi on m’écoute moi et pas un autre ? Pourquoi les autres ne parlent pas ? L’Université du BazArt a été écrite pour inciter le public à réagir, que ce ne soit pas seulement l’enseignant-comédien qui lui parle, pour que ça « déborde ». Ca ne marche pas toujours. La troupe a toutefois eu affaire à un spectateur surmotivé qui tentait de répondre à toutes les questions posées par les comédiens sur scène ou au vrai appariteur qui, ayant envie de rentrer chez lui à l’heure dite, a tenté de fermer la salle, stoppé de justesse par le faux appariteur, le comédien.
La pièce a été faite pour être travaillée avec le public, sans trop de répétitions au début, afin de laisser la place au public de réagir et à l’écriture d’évoluer.

Leur prochain challenge ? Changer quelques éléments de la narration pour que le public ose enfin cette interaction…

L’Université du BazArt se produira pendant le festival ICI&DEMAIN le dimanche 14 mars à 18h30 à la Cité Universitaire Internationale de Paris, Maison de la Belgique (cliquez ici pour réserver une place).

Si vous souhaitez les faire jouer, vous pouvez contacter ubazart@yahoo.fr ou vous rendre sur leur site : http://www.universitedubazart.com/

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Publié: 24 février 2010

« Expressions idiomatiques » : quand la photo joue avec la langue

Expressions idiomatiques

Benjamin Hélion et Anne Beaugée, tous deux âgés de 23 ans et étudiants aux Gobelins, ont présenté lors du festival ICI&DEMAIN 2009 une expo très amusante, où l’art et le jeu se mêlent. L’exposition  »Expressions idiomatiques » illustre par la photographie les expressions imagées de la langue française, telles que « poser un lapin », « marcher sur des œufs » ou « casser du sucre sur le dos ».

L’exposition : « Expressions idiomatiques », par Benjamin Hélion et Anne Beaugée

« Se crêper le chignon », « Ne pas avoir la langue dans sa poche », « Avoir un chat dans la gorge »…  Autant d’expressions très connues de la langue française mais qui, quand on les prend « au pied de la lettre » (autre expression imagée), ne veulent plus dire grand-chose.
L’exposition présente 40 photographies qui illustrent ces expressions avec humour et talent.

Portrait : Benjamin Hélion (étudiant aux Gobelins)

Portrait benjamin Hélion« J’ai toujours détesté l’emploi des expressions , c’est pour moi une marque primaire de manque d’imagination ». C’est ainsi que Benjamin a eu l’idée de jouer avec ces expressions de la langue française. Avec Anne, étudiante comme lui aux Gobelins dans la section Photographie (elle en prise de vues, lui en traitement d’image), ils décident de mettre en scène certaines expressions idiomatiques sous une forme ludique grâce à la photographie. Au départ, celles-ci étaient destinées à apparaître dans un livre, mais ils décident dans un premier temps de présenter une exposition lors du festival Ici et Demain, le projet de livre restant toujours d’actualité (avis aux éditeurs…).

Tous les shootings photos ont étés réalisés dans l’appartement de Benjamin, que celui-ci partage avec 3 colocataires : « le studio à la maison, c’est sympa comme façon de bosser, ça crée une ambiance ou tout le monde fait un peu partie du projet ». Chaque samedi, pendant 6 mois, le grand salon a été coupé en deux : un studio photo dans la moitié du salon et dans l’autre moitié, un coin « apéro ». « On faisait ce qu’on appelait des « apéros shootings » : on invitait une vingtaine d’amis et on écoutait leurs propositions ». Dans la moitié studio photo, un fond blanc et pour lumières, deux flashs que Benjamin possède. Dans cette ambiance conviviale mais non moins studieuse, les amis se transforment en modèles. Le salon de Benjamin devient ainsi un « vivier de modèles permanents ». En effet, Anne et Benjamin ont décidé de ne faire appel qu’à des amis plutôt qu’à des mannequins, jugeant « plus intéressant de montrer de vrais gens ».
Après les shoots photos, place au montage et aux retouches, la plupart des photos ayant été montées sur Photoshop. « On a parfois utilisé 7 à 8 clichés différents pour monter une photo. »

Anne et Benjamin ont présenté une quarantaine de leurs photographies lors de l’exposition. Pour donner un sens ludique à celle-ci ils ont choisi de ne pas donner d’indications sur les expressions représentées, afin de « créer la conversation ». Au spectateur donc de deviner et de s’amuser avec les autres visiteurs à proposer une interprétation !
« Avec cette exposition, on espère créer le gros buzz. Ce projet on le porte à deux mais on est beaucoup à y tenir ».

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Publié: 10 novembre 2009

Si on causait avec Les Productions de la Fabrique

Productions de la fabrique

Créée il y a 10 ans, l’association étudiante Les Productions de La Fabrique rassemble aujourd’hui une quarantaine d’artistes. Fanny Lacaze, volontaire civil au sein de la compagnie, nous en dit un peu plus sur leur dernier spectacle, « Paroles Sans Papiers », joué notamment pour le festival ICI&DEMAIN 2009, et sur la très active association Les Productions de la Fabrique.

Un engagement artistique et social

Depuis sa création, l’association de théâtre étudiante Les Productions de la Fabrique réfléchit à des thèmes de société, tels que la prison ou la question des sans-papiers, en allant à la rencontre de nouveaux publics et en se produisant dans des lieux tels que des écoles, des prisons ou dans l’espace public. En 2007, l’association a créé le spectacle « Est-ce qu’on peut dire la prison ? », pièce regroupant des témoignages de détenus. Ce spectacle a été présenté à de nombreuses reprises, notamment lors d’une tournée dans plusieurs villes de France, en partenariat avec le Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées (GENEPI).

L’association propose également trois ateliers théâtres qui se déroulent sur le campus de Jussieu et donnent naissance chaque année à trois spectacles.

Si on causait des sans-papiers

Un quatrième atelier, « Si on causait », a lieu tous les mercredis de 19h à 22h à la Maison des Initiatives Etudiantes. Gratuit et ouvert à tous, l’atelier propose des rencontres autour d’une thématique et fait intervenir des personnes spécialisées sur les problématiques traitées.

En 2008, à l’issue de cet atelier, la pièce « Paroles Sans Papiers » a été créée. Lors de l’atelier, les participants ont collecté différents témoignages auprès de la Cimade (association d’aide aux sans-papiers). Ils ont également travaillé avec l’association Les amoureux au ban public (mouvement de couples mixtes pour la défense du droit de mener une vie familiale). « C’est un spectacle plutôt ludique avec  un mélange de textes, explique Fanny Lacaze, volontaire civil au sein de la compagnie, des textes de politiciens, le  journal intime d’une petite fille… On est parfois accompagnés par un joueur de djembé ». Pour ce spectacle, comme pour le précédent « Est-ce qu’on peut dire la prison? », créé lui aussi dans le cadre de l’atelier « Si on causait », l’association a choisi la forme des lectures.  « On lit, on n’interprète pas. On n’essaie pas de se mettre à la place des gens, de vivre ce qu’ils ont vécu, on est juste des porteurs de paroles ».

Après le festival Ici & Demain en mars 2009, le spectacle a été présenté en juin 2009 à l’Armée du Salut. « On avait envie de présenter notre spectacle à la rue ».  L’association a également ouvert un atelier d’écriture avec des sdf, qui a très bien fonctionné. « Ils ont été supers enthousiastes ! Ca les intéresse que leur parole soit mise en avant, tout en restant anonymes ».

Pour Les Productions de la Fabrique, c’est déjà l’heure de préparer la rentrée. L’atelier « Si on causait » reprend en septembre, toujours à la Maison des Initiatives Etudiantes. Les trois autres ateliers théâtre, animés par des comédiennes, reprendront également à la rentrée. Les spectacles créés dans ces ateliers seront présentés au Théâtre des Quartiers d’Ivry. Durant l’année universitaire, l’association sera en tournée en partenariat avec le Crous et Genepi. Les Productions animeront également l’université Paris 7, en se produisant une fois par mois au cœur de l’université. « On a envie d’être encore plus présents sur le campus l’année prochaine !»

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Publié: 9 novembre 2009

Marina Ledrein, lauréate 2009 de la catégorie « arts plastiques »

Marina Ledrein

Marina Ledrein, jeune artiste de 22 ans, étudiante à Paris 7 et  Paris 8, a reçu le prix ICI&DEMAIN 2009, catégorie Arts plastiques. Elle avait présenté dans le cadre du festival son exposition « Re-monter le temps », une installation plastique étonnante et remarquée à l’Espace Pierre Cardin.

L’exposition « Re-monter le temps »

L’installation « Re-monter le temps » s’articule autour des arts plastiques et du cinéma, en mettant en jeu les notions de montage et de temps. L’exposition présente des structures lumineuses recouvertes de photographies, de pellicule de film et d’images scannées, ainsi qu’un diaporama.

Portrait de Marina Ledrein

Marina est passionnée « depuis très longtemps » par les arts plastiques, qu’elle pratique enfant dans les cours municipaux, puis au collège et au lycée. Après une licence de Lettres et Art à Paris 7, elle décide de s’inscrire en Master de cinéma, tout en continuant les arts plastiques en Licence 3, à Paris 8. Ce double cursus s’est imposé tout naturellement. « J’aimais le cinéma mais je ne voulais pas lâcher les arts plastiques !« 

La jeune artiste a commencé à travailler sur l’installation « Re-monter le temps » il y a un an. Le point de départ, un voyage à New-York. « J’ai eu la chance de partir 3 mois à New-York, ville cinématographique et très plastique, j’ai été fascinée par ces images qui défilent sur les buildings« .
Marina s’inspire donc de ces buildings pour son installation, qui crée un pont entre les arts plastiques et le cinéma. Les structures présentent des séries de photos, dont celles prises à New-York, des images scannées d’objets et de parties de corps, ainsi que des pellicules de films, support privilégié de la jeune artiste. « Avec le cinéma, ce qui me plaît c’est de travailler avec la pellicule. Avec le temps, les images se métamorphosent et disparaissent peu à peu, et sans lumière aucune image n’apparait : lorsque mes structures sont éteintes, ce sont « des blocs de nuit » « .

Un diaporama présente également tous les clichés visibles dans l’exposition. « C’est une manière de présenter mon travail, il fait partie de l’œuvre en elle-même ». L’univers sonore du diaporama a été travaillé avec un musicien, Thibault Sauvaget : les sons, (enregistrés à New-York, ainsi que des sons d’instruments de musique) ont été déformés en ré-enregistrant les séquences à l’envers.

A la veille du dernier jour de son exposition dans le cadre du festival Ici & Demain, c’est l’heure d’un premier bilan pour Marina : « Ici et Demain permet beaucoup d’opportunités, j’ai exposé dans un lieu (Espace Pierre Cardin) que je n’aurais jamais pu me payer ! J’ai participé au festival pour me donner une certaine confiance, avoir un avis sur ce que je fais, à travers un public varié. C’était très constructif pour moi, ça m’a permis de rencontrer plein de gens qui veulent continuer l’expérience ! »

>> Blog de Marina Ledrein

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Publié: 16 octobre 2009

Bastien Lucas, lauréat 2009 de la catégorie « musique »

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Jeune auteur compositeur plein d’humour, Bastien Lucas a reçu le prix Ici & Demain 2009, catégorie Musique. Cet étudiant en musicologie à La Sorbonne,  âgé de 27 ans, a présenté deux concerts lors du festival Ici & Demain 2009, l’un au Théâtre du Châtelet, l’autre aux Trois Baudets.

Un piano et une guitare

Seul sur scène, Bastien accompagne ses compositions, tantôt au piano, tantôt à la guitare. Autant passionné de rock que de classique, il propose un style évoluant entre chanson française, musique classique et songwritting à l’anglaise.

Portrait de Bastien Lucas

« Mon premier album s’appelle essai. Parce que c’est un essai et que si ça va pas on recommence, et un essai au rugby, ça se transforme toujours« . C’est ainsi que Bastien Lucas définit son travail, dans une perpétuelle expérimentation. Bastien a commencé le piano à 7 ans et a ensuite découvert la guitare à l’adolescence. La musique classique est venue plus tard, lorsqu’il intègre le conservatoire et s’inscrit en musicologie à La Sorbonne ( »pour pas faire trop peur à ma mère, qui m’imaginait finir à Pigalle avec ma guitare, ce que je vais faire d’ailleurs puisque je vais jouer au Trois Baudets! », explique-t-il avec humour), avant de se prendre peu à peu au jeu, jusqu’à devenir un passionné de classique. « Ma passion pour le classique est d’autant plus sincère qu’elle est venue tardivement, je n’aurais pas su si j’aimais vraiment si j’avais été baigné dedans tout-petit au sein de ma famille« .

Ses thèmes, Bastien les aime ambigus, contrastés : « j’aime dire je t’aime et je te déteste dans une même chanson, parce que c’est ça la vie ». Le jeune chanteur est dans une perpétuelle recherche musicale : comment fondre musique classique et musique plus actuelle. « Concilier musique actuelle et musique classique c’est pas juste mettre des violons ! ».
Bastien propose au public un concert en toute simplicité, et entre deux chansons il improvise avec humour de petites interventions.

Sa participation à la 6e édition du festival Ici & Demain est partie d’une volonté de « toucher d’autres gens, sortir de la fac et avoir accès à des salles prestigieuses, avec une entrée gratuite, sans pression financière« . Après le festival, place à l’enregistrement d’un deuxième album. Le jeune chanteur va également continuer sa rencontre avec le public, en sillonnant la France pour des concerts, notamment « en appartement ». « Je veux surtout être écouté, il y a tellement de manières de vivre de sa musique dans la jungle de ce qui se fait« .

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Publié: 14 octobre 2009

Camille Feist, lauréate 2009 de la catégorie « courts métrages »

camille feist

Camille Feist, étudiante en Licence professionnelle d’encadrement de pratiques théâtrales à Paris 3, présente lors du festival Ici et Demain le court-métrage « Message(s)… » , un film d’animation ou une drôle de jeune fille en pâte à modeler croit qu’elle est enceinte, mais comment savoir qui est le père ? Son film a valu à Camille le Prix Ici & Demain, catégorie Courts-métrages.

Le film « Message(s)… »

Noémie est enceinte ,ou du moins elle est « en retard », mais elle est une « Marie Couche toi lalalalalalala… ». Qui est le père ? Elle va essayer de joindre par téléphone ses dernières « coucheries » et des flashs vont lui revenir en tête. Trouvera-t-elle la réponse à sa question ?
Ce film a reçu le second prix du concours « Rouge » du Crous de Paris 2008.

Plein d’humour, Message (s) nous fait partager les interrogations de Noémie, qui ne parvient pas à savoir qui, parmi ses nombreuses aventures d’un soir, est le père de ce futur enfant. Un scenario très drôle, une animation simple et originale, Message(s) est un film à voir absolument !

La réalisatrice : Camille Feist, 25 ans

« Faire du cinéma avec ce qu’on a sous la main ». C’est ainsi que Camille définit sa démarche artistique. En effet, cette jeune réalisatrice a débuté l’animation il y a 3 ans, en se formant toute seule.

Pour le film, Camille a créé elle-même, en quelques heures seulement, ses personnages en pâte à modeler. Le film a été tourné chez elle, en une journée, en se faisant assister de son colocataire et d’une amie pour les voix. « Le film a été fait avec les moyens du bord ! ».

Le thème, Camille l’a choisi pour illustrer une chanson qu’elle a elle-même composée : « Marie Couche toi là ». Car cette jeune artiste est une véritable touche à tout, qui a commencé la musique très jeune et qui écrit, compose et interprète ses chansons. Elle pratique également le théâtre : en 2008 elle met en scène ses chansons dans la comédie musicale : « On dirait que » .

Après avoir remporté le second prix « Rouge » du Crous de Paris en 2008, la jeune réalisatrice décide de participer au festival Ici & Demain, avec pour motivation première : « avoir un autre regard sur mon film, voir ce que les gens en pensent et comment ils réagissent ».

Camille travaille maintenant sur un autre film, qu’on a hâte de découvrir !

>> Myspace de Camille Feist

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Publié: 5 octobre 2009