A.M.O.R.(T) : et vous, vous en pensez quoi de l’Amour ?
par Etudiantdeparis.fr le 17 mars 2010 - Actualités, Actus, Artistes 2010 Aucun commentaire

« Qu’est-ce que l’amour ? Comment bien faire pour que ça fonctionne ? Pourquoi ça finit ? La fidélité est-elle importante ? » Autant de questions que nous nous posons tous, et encore plus quand on a 25 ans.
La compagnie Sous l’écorce nous amène, avec humour et émotions, au coeur d’une introspection sur ce que représente l’amour quand on a 25 ans, et fait un état des lieux des doutes et questions qui s’y rapportent.
Et pour vous, c’est quoi l’Amour ?
Basée sur une série d’une vingtaine d’interviews réalisées auprès de jeunes de 25 ans environ, A.M.O.R.(T) pourrait être une mise en scène originale et rythmée d’une étude sociologique sur les jeunes et leur représentation de l’amour.
L’amour est une source de questionnements pour tous. On se reconnaîtra donc dans chaque moment et chaque personnage de la pièce qui, si elle ne nous donne pas vraiment de réponse, ce qui serait un peu ambitieux, nous rassure sur le fait que nous ne sommes pas les seuls à nous interroger.
C’est d’ailleurs ce pourquoi Nina Chataignier, metteur en scène de la pièce, a choisi ce thème : « L’amour est un sujet difficile et qui peut vite être banal, c’est pour ça que j’ai choisi une cible précise. J’avais envie de parler de ma génération. Et puis moi je me posais des questions et j’avais envie d’aller voir les autres pour vérifier que je n’étais pas la seule à penser ça.»
Une pièce rythmée, à la fois drôle et sensible
Le souhait du metteur en scène : « Le public doit être en éveil tout au long du spectacle ». C’est pourquoi on assiste à une alternance de monologues reprenant les propos des interviews, de passages en mouvements et de séquences muettes. « Le rythme est enlevé, le jeu exagéré à la manière du cinéma muet. Le corps est sans cesse soumis aux im(pulsions) et énergies contraires : Attirer et repousser, vouloir se remplir, se retenir, donner et recevoir. Ces séquences sont le fil conducteur du spectacle où comique et émotions s’entremêlent. » De temps en temps, Ursula, personnage récurrent et haut en couleurs, nous retrouve pour nous donner des « leçons d’amour ».
D’un projet personnel …
Nina Chataignier,25 ans, en Master 2 Mise en scène et dramaturgie à Paris 10 , étudie le théâtre depuis le lycée. En parallèle de l’université, elle commence à se frotter de plus près à la mise en scène, tout d’abord en tant qu’assistante auprès de Nicolas Liautard, Clément Poirée et David Bobéeau. Elle monte ensuite elle-même deux pièces avec sa compagnie : Compagnie sous l’écorce, créée en 2005 : L’Inattendu ( de Fabrice Melquiot) et Chair Amour (de Victor Haïm).
Après ces deux projets, de mise en scène de textes existants, elle veut se lancer dans quelque chose de plus personnel : « C’est une autre étape pour moi, j’avais envie cette fois-ci de prendre un peu plus de risques, de développer mon univers à moi en créant un spectacle fragmentaire, à partir de paroles collectées, du corps et de la personnalité des acteurs ».
Son univers, on le découvre donc à travers cette pièce, elle aime notamment que le théâtre soit charnel, qu’il y ait du corps. On y retrouve aussi ses influences, que ce soit tg STAN, compagnie belge qui travaille sur la cassure de l’illusion, N.Liautard et et son travail sur la pantomime ou le côté burlesque de Chaplin. L’interview et le mouvement sont des aussi des pistes importantes qu’elle souhaite explorer de plus en plus.
Le choix du sujet est lui aussi très personnel, partant de ses propres interrogations. Elle va donc aller explorer les questionnements et les doutes des autres, voir si elle s’y retrouve. Elle souhaitait mettre en scène toutes ces hésitations qu’on peut avoir vis-à-vis de l’amour quand on a 25 ans . « Pour ma génération, l’amour et le couple, c’est peut-être le dernier pari que l’on fait encore sans revoir nos exigences à la baisse. »
… à une création collective
Tout commence par les interviews auxquelles les comédiens eux-mêmes participent. Après avoir rassemblé toutes ces citations, Nina a travaillé avec les acteurs sur la « mémoire » : « J’ai initié le travail par une sollicitation de la mémoire. Quels souvenirs gardions-nous des témoignages ? Qu’est ce qui faisait échos à nos questionnements personnels ? Qu’est ce qui nous avait touchés, surpris ? » À partir de là, chaque comédien a fait son propre monologue. Les propos recueillis deviennent donc les textes de la pièce, complétés par le travail de Nina Chataignier et d’Aurore Jacob qui a collaboré à l’écriture. Les séquences en mouvements aussi sont le fruit d’un travail collectif, nées d’improvisations. Le groupe travaille donc ensemble sur l’élaboration et le montage des différents fragments de la pièce. C’était un souhait de Nina : faire une œuvre collective, enrichie de contributions extérieures, de contributions des acteurs et même du public. « Je voulais proposer un vrai temps d’expérimentation, de recherche et d’invention, sur le plateau à partir du vivant, des acteurs. »
Au final, A.M.O.R.(T) retrace par la mise en lumière de ces questionnements sur l’amour, les différentes étapes qui le constituent. Par là-même, la pièce nous fait nous interroger, et nous interroge même directement laissant une place aussi à l’interaction avec le public. Mais sur cette partie-là on ne vous dévoilera rien, c’est plus drôle si vous ne savez pas…
Les artistes :
Compagnie Sous l’Ecorce.
Metteur en scène et interprète : Nina CHATAIGNIER, 25 ans (M2 Mise en Scène et Dramaturgie à l’Université Paris 10).
Interprètes : Armelle ABIBOU, 23 ans (Etudes à l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique), Christine ARMANGER, 25 ans (L3 Art du Spectacle à l’Université de Caen), Pascaline BAUMARD, 25 ans (L3 Art du Spectacle à l’Université Censier Daubenton), Rémi DEULCEUX, 24 ans (M1 Mise en Scène et Dramaturgie à l’Université Paris 10), Valérie DONTENWILLE, 25 ans (Etudes à l’Université Censier Daubenton), Stine Thilde ELROND, 34 ans, Michael SCAL, 29 ans et Jonathan SEMO, 27 ans.
Prochaines dates : au Théâtre du temps, les 22,23,24,26,29,30 et 31 mai et le 1er juin.

