L’écume des jours illustrée ou comment deux jeunes filles traduisent avec brio l’univers de Boris Vian…

par Mila le 4 mars 2010 - Actualités, Artistes 2010, Etudiantdeparis.fr Aucun commentaire

ecume

En voilà une drôle d’idée, une bonne idée surtout. Cécile et Sonia se sont lancées dans ce projet durant l’été 2008 et aujourd’hui nous découvrons l’univers de Boris Vian traduit avec brio et originalité, en images.

Comment tout a commencé

Cécile et Sonia sont deux jeunes filles débordantes d’idées, des « touche à tout », mais elles préfèrent se définir comme « pluridisciplinaires ». Elles aiment l’art, la création et tout ce qui s’y rapporte. Elles se sont rencontrées au lycée, lorsqu’elles préparaient un bac STI Arts appliqués à Bordeaux et ont suivi depuis des parcours différents. Cécile commence par la communication visuelle, se tourne ensuite vers le théâtre, le cinéma et aujourd’hui on la retrouve en 1ère année de DSSA Mode et Environnement à Duperré. Pendant ce temps, Sonia, suit un BTS en Design d’espace, puis une licence en langues et est aujourd’hui inscrite en 3ème année de Licence Design et environnement à Paris I.  Leurs références ? Elles sont multiples, comme leurs talents.

Oui mais voilà, malgré tout cela, il leur manque toujours quelque chose, leur appétit de savoir-faire n’est pas encore rassasié.

Vient alors l’idée du projet « L’Ecume des jours illustrée ». Une idée qui naît lorsque Cécile relit le livre pendant les vacances. De là s’ensuivent plusieurs mois de réflexion avant de « mettre la main à la pâte » en janvier 2009.

Le projet :

Il propose une quarantaine d’ « installations photographiées » représentant des passages forts du livre. L’idée de base est de mettre en images l’univers  décalé et la vision de Boris Vian dans un livre illustré. Toutes les installations sont des miniatures (par exemple, le petit tourne-disque surmonté du gâteau ne mesure que 8X6,5 cm) réalisées « artisanalement » avec des matériaux divers : silicone, carton, céramique… Chaque pièce est murement réfléchie et exécutée avec minutie et souci du détail. Aujourd’hui le projet concerne autant les installations miniatures elles-mêmes que les photographies, les deux étant exposées. Même s’il n’est pas encore totalement achevé, leurs œuvres ont déjà été exposées à deux reprises en 2009 et commencent leur périple en 2010 par le festival ICI&DEMAIN.

Portraits d’objets :

Le parti pris esthétique fût d’éliminer tous les personnages et de ne représenter que des objets. Dans l’Ecume des Jours, Boris Vian les décrit de façon atypique et les fait vivre. Le décor, lui aussi, représente l’état d’esprit des personnages. « Il y a toujours une correspondance entre le décor dans lequel les personnages évoluent et leur état d’esprit …on a cet appartement qui réagit physiquement et matériellement à l’état d’esprit de Colin ». Au final les objets sont beaucoup plus humanisés, ont une identité plus forte que les personnages eux-mêmes qui paraissent, finalement, assez insignifiants. Pour elles, l’intérêt de mettre en scène les personnages était donc mince tandis qu’il y avait beaucoup à exploiter du côté des objets.

Ainsi dans la construction de leur œuvre tout est relié à cette même idée. Elles fabriquent les installations artisanalement afin de rendre les objets uniques et de leur donner une vraie identité. Le fait que ce soit des miniatures permet de pouvoir les photographier en gros plan et ainsi de les humaniser d’avantage en réalisant leurs portraits. Tout est fait également pour bien mettre en avant le fait que nous ne sommes pas dans une représentation de la réalité. Ainsi dans le choix du traitement : elles vont à l’essentiel et ne représentent que ce qui est le plus frappant et caractéristique d’une scène, sans forcément reproduire tout le décor : « le fait de ne pas mettre de décors crée une distance par rapport à la notion de réalité ». Le traitement de la couleur n’est, lui non plus, pas laissé au hasard. Le blanc est très présent : ceci accentue encore la distance avec la réalité et rappelle les moments de coupure récurrents entre réel et imaginaire du livre. On observe également que les couleurs se dégradent au fur et à mesure des photos et donc de l’avancement du livre faisant le parallèle avec la détérioration psychologique du personnage principal.

Des filles à suivre …

Après ses études Cécile souhaite créer un collectif pluridisciplinaire qui permettrait de répondre à toute sorte de demande. Sonia voit les choses du côté pratique : pourquoi pas se lancer dans le design numérique pour pouvoir gagner sa vie tout en continuant bien sûr, en parallèle, à développer des projets d’ordre artistique.

Ce qui est sûr c’est qu’elles souhaitent continuer d’apprendre et d’évoluer dans plusieurs disciplines.

Pour le projet L’écume des jours illustrée, l’objectif premier est aujourd’hui de trouver un éditeur, avis aux amateurs…

Pendant le festival ICI&DEMAIN : retrouvez les installations et les photographies exposées du 4 au 12 mars à la Galerie CROUS Beaux-Arts.

Article publié sur mini-logo-etudiantdeparis

Tags: , ,

Ecrire un commentaire